Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/58

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Ce sophisme n’étoit pas digne de celui qui se l’est permis. Un enfant répondroit que l’homme ne pouvant condamner justement l’homme à mort, qu’en vertu d’un pouvoir au-dessus du sien, toute sentence de mort, si elle n’est pas un meurtre, est rendue au nom de Dieu ; qu’il ne faudroit donc non plus jamais parler de Dieu à aucun criminel conduit à l’échafaud, à moins qu’on ne pût lui dire : c’est l’homme seul qui vous condamne ; on va vous assassiner, et c’est pourquoi vous pouvez, sans commettre votre raison, vous réconcilier avec Dieu et croire qu’il vous pardonne. Tout cela montre ce que deviennent les lois, et l’esprit des lois, et celui des législateurs, sous les gouvernements athées.

Et remarquez les progrès que ce genre d’athéisme fait parmi nous d’année en année. En 1824, on avoit demandé que, dans la loi sur le sacrilége, on ne parlât que de la religion catholique, apostolique, romaine, sauf à statuer, par une autre loi, sur les vols commis dans les synagogues et les temples protestants. En 1825, aucune voix ne s’est élevée dans la chambre des pairs, qui compte treize évêques dans son sein, pour réclamer cette séparation ; de sorte qu’il a été légalement reconnu, sans la moindre opposition, qu’enlever dans un prêche calviniste une table, un banc, une nappe, ou une bible dans une synagogue,