Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/72

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qui forment le lien des associations humaines.

En Angleterre, l’église établie possède d’immenses revenus ; les évêques sont de droit membres de la chambre haute, et à peu près le tiers des causes qui se plaident dans les trois royaumes ressortent de leurs tribunaux. Le clergé, en France, reçoit un salaire, mais la religion n’est point dotée. Ce qu’aujourd’hui l’état lui donne, il peut le lui retirer demain ; elle n’occupe aucune place dans le corps politique ; elle est au-dessous d’un électeur à trois cents francs. Sans droits reconnus, et, quand on lui en reconnoîtroit, sans moyens de les défendre, une nullité complète est le partage qu’on lui a fait. Objet de crainte et de jalousie pour le gouvernement qui l’opprime beaucoup plus qu’il ne la protège, on ne lui laisse pas même le libre exercice de son propre gouvernement ; on gêne, comme nous le dirons plus tard, les communications des évêques avec leur chef ; on entrave leur juridiction ; on les isole les uns des autres pour les maîtriser plus facilement ; on ne leur permet pas de s’assembler selon les ordonnances de l’église : abaissement tel que l’on ne conçoit point de servitude plus profonde.

Si de l’ordre politique nous passons à l’ordre civil, nous y retrouvons encore l’athéisme : il préside parmi nous à toute la vie humaine. Un enfant naît, on l’enregistre, comme, à l