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naturelle, il trace au pinceau, et, lui aussi avec des couleurs vitrifiables, le décor qu’il a composé et qui, à la cuisson, fera corps d’une façon indissoluble avec la pièce céramique qu’il a voulu produire.

Si, dans les doux cas, certains détails des procédés d’exécution diffèrent, dans les deux cas aussi le principe est absolument le même.

N’est-on pas, dès lors, fondé tout au moins à supposer que les verriers établis en Bretagne aux xvie et xviie siècles ont pu fabriquer de la faïence comme l’italien Jean Ferro, ce gentilhomme verrier qui, en 1588, obtint un privilège pour exploiter dans la ville de Nantes une manufacture de « verre, vaisselle blanche ou fayance ? » Comme Antoine Ribé, son neveu, qui lui succéda en 1625 ? Comme Damiano Racheté, maître de la verrerie de Saint-Maugan[1] en 1654 ? Comme César Racheté, natif de l’Altare, maître verrier à Riaillé[2] à la même époque ?

Indépendamment des maîtres verriers italiens, nous trouvons plusieurs de leurs compatriotes ayant établi vers le même temps des manufactures de faïence en Bretagne. On cite, entre autres, Jacques Ridolii et Loys Ridolfi, de Chaffagioli, maîtres faïenciers à Machecoul[3] au xvie siècle ; Horatio Borniola, puis Jean Borniola et sa sœur Béatrice, faïenciers au Croisic[4] en 1627 et années suivantes.

Il est bien vrai que les archives locales ne nous fournissent aucun nom de verrier ou de faïencier

  1. Aujourd’hui petite commune du canton de Saint-Méen, arrondissement de Montfort, département d’Ille-et-Vilaine.
  2. Aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Ancenis, département de la Loire-Inférieure.
  3. Aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement de Nantes.
  4. Aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saint-Nazaire.