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général des Bâtiments, Jardins, Arts et Manufactures du Roi, écrivait à l’Intendant de Bretagne, M. de Viarmes[1], la lettre que voici :

Paris, le 12 décembre 1740.

Monsieur,

Le nommé Jean François Cailleau, négociant de Rennes, représente qu’il se trouve aux environs de cette ville des terres propres pour faire des ouvrage de fayance, et il demande la permission d’établir à ses frais une manufacture de fayancerie sous le titre de Manufacture royale dans la Haute-Bretagne pour lui, ses héritiers et ayant-cause. Il prétend que cet établissement sera très utile au peuple de Rennes, qui est sans travail faute de manufactures. Si cet établissement étoit praticable et utile à la province, on pourroit lui accorder une permission de le former. Aussi je vous prie de me marquer ce que vous penserez à ce sujet.

Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

Orry[2]

La demande de Jean-François Cailleau ne semble même pas avoir eu les honneurs anodins d’une instruction ou d’un simple renvoi à la Municipalité, car nous n’en trouvons aucune trace aux Archives de la Ville, d’où l’on peut conclure qu’elle n’eut aucune suite.

Notre province était à cette époque fort pauvre en manufactures de faïence ; elle en était même presque complètement dépourvue. Rennes n’en avait pas ; les

  1. Jean-Baptiste-Elie Camus de Pontcarré, seigneur de Viarmes, fut Intendant de Bretagne de 1735 à 1753.
  2. Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, C. 36.