Page:Deherme - L’Idéologie délétère.djvu/19

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sensations est vite parcouru. Après, il ne reste plus que le dégoût et le désespoir. Parfois, il est vrai, l’illusion peut durer jusqu’au terme d’une aussi brève existence. Souvent aussi, elle est renouvelée par les satisfactions de la vanité, de l’ambition, de l’avarice, toutes les bouffonnes chimères de notre égotisme. Ainsi chacun recommence pour soi-même cette tragique expérience.


XIII. — L’avilissante superstition.


Si le bonheur, qui est un épanouissement du cœur, un essor de l’âme, est gratuit, rien n’est plus onéreux que le plaisir.

Il faut de l’argent, et toujours plus. C’est ainsi que la cupidité, chez tous, s’exacerbe.

Cet unique mais puissant mobile arrache les cultivateurs aux champs féconds pour les diriger, enfants, femmes et hommes vers les usines tristes et insalubres ; il leur fait défier la nécrose, le saturnisme, la tuberculose. S’il stimule le génie d’invention, l’audace d’entreprendre, la spéculation, etc., il provoque aussi la prostitution, le crime, la fraude, le paupérisme, la servitude de l’intelligence, toutes les déchéances morale.

Mais ceci ne compte plus devant cela, l’industrialisme effréné.

Ce n’est pourtant que la caricature de la civilisation. Souhaitons que l’avertissement de l’effroyable guerre ait été compris.

Ce n’est pas le perfectionnement matériel qui