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L’ÉGYPTE EN 1858.



INTRODUCTION.


Depuis quelques années, les pays musulmans préoccupent singulièrement le monde civilisé. La Turquie, l’Inde, l’Égypte attirent l’attention de tous les diplomates. L’intégrité de l’empire ottoman, l’insurrection des Indes, le percement de l’isthme de Suez, sont les questions politiques à l’ordre du jour. Au fond, il ne s’agit pas de savoir si les États musulmans changeront ou non de constitution, mais si l’islamisme vivra ou périra. Partout où il se trouvera en contact avec l’élément européen, il aura nécessairement le dessous ; mais il triomphera de tous ses autres adversaires, soit par le glaive, soit par la parole. Ainsi, on sait positivement que le mahométisme fait des progrès considérables dans le centre de l’Afrique. Les nègres rejettent le papisme, dont la doctrine est trop compliquée pour leur intelligence, et la pratique trop difficile pour leurs habitudes nomades, et ils embrassent volontiers le Coran dont la connaissance exige si peu d’étude et le culte si peu de soins. Voilà autant de contrées fermées au christianisme, puisqu’il est démontré que les conversions de l’islamisme au christianisme sont plus rares encore que celles du christianisme à l’islamisme. La Syrie, l’Égypte, une partie de la Perse ont été chrétiennes et sont aujourd’hui musulmanes. C’est fâcheux ; car l’islamisme est tout à fait incompatible avec la philosophie, qui est la source de tous les progrès humains, et dont le christianisme lui-même est une émanation. Les nations mu-