Page:Delâtre - L’Égypte en 1858.djvu/42

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Voici ma réponse :

Tuo carme attinto alla chiora onda ascrea
Mi vien quai stilla di rugiada at fiore
Che illanguidito il capo inclina e muore
Orbo di quell’umor che tutto créa.
Dunque tu pure imprechi all’empia e rea
Età che sprezza il dolce ascreo liquore,
Che follie dice gli impeti del cuore,
Mercurio cole e in bando scaccia Astrea.

Desta dal lungo sonno il sacro carme,
E il secol tristo in laido manto avvolto
Combatti, ovale, chè anche il plettro e un arme.
Combatti il mondo avaro, ingrato e stolto ;
Cessò la Musa, oimè ! di tutelarme ;
Togli la cetra e canta ; io taccio e ascolto.

Telles sont les deux personnes dont Alexandrie me rappelle le souvenir. Malheureusement, Drovetti a entrepris depuis dix ans, le grand pèlerinage des âmes, et à l’heure présente, il repose dans la gloire d’Osiris et jouit de toutes les béatitudes réservées aux sages dans l’Amentis. Le comte Scopoli fait toujours les délices de ses amis. Puisse Osiris nous le conserver longtemps encore !

Vous comprendrez aisément, lecteur, que j’aie eu du plaisir à rencontrer un lettré dans une ville ignorante, où la société ne se compose que de marchands de coton et de joueurs de whist.

La distance d’Alexandrie au Caire se parcourt en chemin de fer dans l’espace de huit heures. Mais très-souvent, on met douze heures, soit par suite de quelque accident, soit parce que le Pacha a eu besoin de wagons pour son usage particulier. Le pays que nous traversons est si plat, que vous pourriez vous croire en Hollande, si de temps à autre une file de chameaux, un bouquet de palmiers, un village en ferre cuite ne vous rappelait que vous êtes en Orient. Pendant que la vapeur nous entraine, je rêve au désert et aux caravanes qui y périssent, et j’ébauche la pièce suivante :