Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, XII.djvu/154

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ii6 Vie de Descartes.

en 1640, comme médecin, une petite Wilhem, lorsqu'elle eut à subir une opération chirurgicale. Il s'intéressait aux enfants Huygens, admirablement élevés par leur père, et surtout au second, Christian, jeune mathématicien, qu'il disait être a de » son sang" », et qui devint, en effet, le grand Huygens. Et il alla sans doute plus d'une fois en partie de plaisir à cette maison de campagne, non loin de La Haye, séjour de prédi- lection de la famille Huygens : on y jouait aux quilles, et on se régalait d'une collation de cerises. Pour ses girouettes elle avait des sphères, ce qui faisait dire à Balzac, que la science apparaissait partout en cette maison, chez les habi- tants à l'intérieur, et au dehors jusque dans les ornements.

Lui-même recevait volontiers, à Endegeest ou à Egmond, dans ce qu'il appelait son « hermitage », quelques amis de choix, entre autres Alphonse de PoUot, ou PoUotti ou même Palotti*^. C'était un protestant du Piémont, dont la famille, fuyant la persécution du duc de Savoie, s'était réfugiée d'abord à Genève; puis comme il y avait cinq enfants dont trois fils, deux de ceux-ci vinrent chercher fortune en Hollande, au ser- vice du prince d'Orange : l'un, Jean-Baptiste, mourut tôt, le 14 janvier 1641, mais l'autre fit une belle carrière à l'armée et à la cour, et (tel autrefois Joseph en Egypte) devint le bienfai- teur des siens demeurés en Suisse. C'était Alphonse de PoUot,

a. Tome X, p. 63 1.

b. Ibidem. Voir aussi Balzac, loc. cit. (p. 5oi).

c. Alphonse Pollot, né vers 1604, d'une famille protestante de Dro- niera (marquisat de Saluées), réfugiée à Genève en 1620 pour échapper à la persécution du duc de Savoie. Il partit presque aussitôt pour la Hol- lande avec son frère Jean-Baptiste. Il devint successivement capitaine d'infanterie au service des États généraux; gentilhomme delà chambre du prince d'Orange, 3 mars 1^42; commandant du fort Sainte- Anne dans le polder de Namen, i5 mai 1645; et après la mort de Frédéric-Henri, maréchal de la cour de la princesse douairière, Amalie de Solms, i"' avril 1648. Il revint à Genève vers 1639, et y mourut, le 8 oct. 1668, bienfai- teur de sa famille et de la ville. — Jean-Baptiste Pollot était gentilhomme de la chambre depuis le 24 déc. 16*57, lorsqu'il mourut à La Haye, le 14 janv. 1641. Voir la lettre de Descartes, t. III, p. 278-281. Ces rensei- gnements sont tirés des archives d'Eugène de Budé, à Genève.

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