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LA JEUNE FILLE

joué çà et là (Lille, Rouen…), entrer en 1807 au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, aux appointements de 4 800 francs par an, nous comprenons fort bien que la petite comédienne chargée de famille ait cherché une situation qui augmentait ses ressources en proportion de ses besoins.

Et Marceline avait si peu renoncé au chant, à cette époque, qu’elle interprétait, à la Monnaie, Lisbeth, l’opéra-comique de Grétry, et Une heure de mariage, autre opéra-comique de Dalayrac[1].

Mais, au mois d’avril 1808, les affaires du théâtre périclitèrent et Marceline, un peu désemparée, revint à Paris vivre passionnément une de ces intrigues où elle portait tant de sensibilité naturelle.

La carrière dramatique de Mlle Desbordes n’est pas terminée ; mais du mois d’avril 1808 au mois d’avril 1813, elle reste éloignée du théâtre. Que fait-elle ? De quoi vit-elle pendant cinq ans ?

Il y a, là encore, une solution de continuité. Marceline ne nous fournit plus d’indications qu’en vers, ce qui lui permet de rester dans le vague ou

  1. Un Belge, amateur de théâtre, avait gardé, de son passage à Bruxelles à cette époque, ce souvenir :
    « La gaieté n’était pas moins dans son élément que la tristesse et la mélancolie. Légère et sémillante, elle animait la scène par sa vivacité malicieuse. » (Œuvres choisies de J. B. D. Valier, Bruxelles, 1847).