Page:Deschamps - Pour la fête donnée le 5 janvier 1856, 1856.djvu/4

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Aux rocs de la Tauride, où notre aigle s’envole.
A retrouvé, dix fois, son fraternel écho !

En attendant les jours où la Paix triomphante,
Cette adorable Paix que la Victoire enfante,
Doit rendre au sol natal tous ses hardis guerriers,
Il frémit saintement sous le pas d’une élite
Dont le fer, résonnant d’un bruit cosmopolite.
Va se suspendre, une heure, aux tranquilles foyers…
Versaille en a sa part, et son Hôtel-de-Ville,
Qui mêle notre armée à la foule civile,
Lève aujourd’hui son front plus haut que le Palais,
Puisqu’en place du marbre et des toiles savantes.
Où des héros éteints passent les grands reflets,
Nous avons les splendeurs et les gloires vivantes. —
Et ces murs, à bon titre, osent vous recevoir.
Car parmi les élus, chéris de nos comices,
Qui vous font les honneurs du logis… on peut voir
Plus d’un brave, Messieurs, qui donna les prémices
De son sang au pays, et guida nos drapeaux,
Dont l’ombre berce encor son belliqueux repos.

Vous voilà donc ! — Fêtons cette rapide halte,
Comme d’anciens amis que le plaisir exalte.
Avec le punch brûlant… moins brûlant que nos vœux,
Portons quelques santés ; chacun dit : Je le veux :

« D’abord, à l’Empereur ! — Il fait la France grande,
« Tranquille et redoutable, aussitôt qu’il commande ;
        « Il termine, en moins de cinq ans,
« Le Louvre inachevé par plus de trente règnes ;
        « Il lance, au Pont-Euxin, nos camps
« Qui, sur Sébastopol, ont planté leurs enseignes ;
« Et pourtant il évoque, à l’abri des hasards,
« En d’immenses congrès, l’industrie et les arts. »

        « À celle que chacun ne devine,
        « Qui, faisant toujours le ciel bleu,