Page:Desrosiers - Âmes et paysages, 1922.djvu/29

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délicieuses bachelettes en crinoline, — elle n’avait pas su résister à l’appât de tant de charmes physiques unis dans la même personne. La belle prestance de notre héros lui avait recruté plus d’une soupirante admiratrice. Et, cela va sans dire, lorsqu’il déambulait par les rues paisibles, beaucoup de regards charmants l’épiaient derrière les rideaux de dentelle et rayonnaient à lui voir exécuter de si nobles écarts de poitrine.

Or, vivait à cette époque, à Berthier, dame Xavier-Narcisse Gervaise, veuve de feu le docteur Xavier-Narcisse Gervaise. C’était une maîtresse femme, des plus accortes, fraîche et dodue à souhait, portant son deuil et ses trente-cinq ans comme une parure. Elle aimait à rire et suait la bonne humeur et la santé par tous les pores de sa peau. On la disait propriétaire d’un patrimoine considérable et elle occupait l’endroit stratégique de la ville. Un vrai chef-d’œuvre, cette maison enfoncée sous les arbres dans une manière de petit parc ! Les murs étaient peints en bleu-pâle, les portes et les persiennes en rouge-pâle, la corniche et le toit en vert-pâle. Les habitants la contemplaient avec respect, chaque dimanche.

Il advint donc qu’on s’aperçut, un jour, que