Page:Dessaulles - Papineau et Nelson, blanc et noir... et la lumière fut faite, 1848.djvu/21

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St.-Denis, qu’elles arriveraient probablement sous un quart d’heure ou vingt minutes et qu’il serait temps que lui, M. Papineau partit : qu’il (le Dr.) le lui avait déjà recommandé le matin, et qu’il (M. Papineau) n’aurait pas du retarder autant :

M. Papineau répondit qu’il aurait peut-être pu s’éloigner la veille, mais que ce jour là, il ne lui était plus loisible de le faire : que son départ pouvait jetter du découragement parmi leurs amis ; que ce n’était pas précisément à l’heure du danger qu’il pouvait s’en aller ; que le faire partir dans un pareil moment, c’était l’exposer plus tard peut-être, à des reproches sévères :

Alors le Dr. Nelson reprit avec quelque vivacité ; « M. Papineau, j’exige que vous vous éloigniez ; vous ne devez pas vous exposer sans nécessité ; ce n’est pas ici que vous serez le plus utile ; nous aurons besoin de vous plus tard ; nous sommes les bras, c’est à nous d’agir ; si nous avons à gagner, nous le ferons sans vous ; si nous avons à perdre, ce n’est pas votre présence qui l’empêchera ; ainsi il vaut mieux de toutes manières que vous partiez : »

M. Papineau répliqua : que s’ils devaient être battus, autant valait en finir de suite et mourir là qu’ailleurs ; et s’adressant au Dr. O’Callaghan, il lui dit : « Qu’en pensez-vous, docteur ? »

Le Dr. O’Callaghan répondit : « Cela m’est indifférent ; si vous restez, je resterai, si vous partez, je partirai avec vous : »

Le Dr. Nelson reprit, mais plutôt avec l’accent de la persuasion cette fois : « Voyons, M. Papineau, rendez-vous à la raison ; dans une circons-