Page:Dessaulles - Papineau et Nelson, blanc et noir... et la lumière fut faite, 1848.djvu/22

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tance comme celle-ci, un homme de plus ou de moins ne change rien aux affaires ; allez à St.-Hyacinthe et attendez y les événements ; s’ils ne tournent pas contre nous, c’est alors que votre besogne, à vous, commencera :

M. Papineau parut réfléchir, et le Dr. Nelson, s’adressant à moi, me dit : « Maintenant, mon jeune ami, dépêchez-vous, partez, et dites bien à nos amis tout ce que je vous ai dit ; battus ou battants ici, c’est à St.-Charles que les gens de St.-Hyacinthe doivent aller, car je croîs que le colonel Wetherall sera demain à St.-Charles : qu’on s’y rende en aussi grand nombre que possible ; vous feriez peut-être mieux de vous en aller par le chemin d’en haut, en cas que le commandant des troupes n’ait envoyé quelques hommes faire le tour par la Miotte, et qu’on ne vous arrête en chemin : »

En finissant ces mots, le Dr. Nelson sortit ; je le suivis, et quand je fus au bas de l’escalier j’entendis le docteur dire à une vingtaine d’hommes qui étaient dans la salle d’entrée : « Allons, mes enfants ; voilà les troupes, il s’agit d’être braves et de se conduire comme des hommes, en vrais patriotes ; Allons ! » et je vis ces hommes prendre des fusils et sortir de la maison, après quoi j’allai de suite prendre ma voiture, et partis pour St.-Hyacinthe.

Avant de terminer, je dois à la vérité d’affirmer que le Dr. Nelson me parut agir avec le plus grand calme et le sangfroid le plus complet ; et que rien dans ses actes, sa physionomie ou son at-