Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/110

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


fond le plus simple des trois : âne qui fait de l’or, robes merveilleuses, bijoux, cassette, anneau, il se passe de tous les accessoires ; la métamorphose de l’héroïne en ourse lui suffit. Ce conte a dû être d’ailleurs considérablement retravaillé dans la forme. Les traits de satire à l’adresse des femmes et l’énumération du début, que Perrault a réservée pour la fin, ne sont pas des produits de l’imagination populaire, pas plus que les invocations du prince à la bête qui l’a énamouré. L’auteur n’a guère de commun avec Straparole que le détail des roses que Prétiosa sème sur son lit, et son dénoûment est amené d’une façon plus naturelle que dans les autres contes.

Au moment d’aborder le Pentamerone, nous engageons encore une fois le lecteur à ne pas s’effaroucher des excentricités du style. Le cavalier Basile est, nous le répétons, un homme d’esprit qui s’amuse : il jongle avec les métaphores comme un bateleur qui sur la place publique fait scintiller au soleil des boules de cuivre et quelquefois des boules d’or.