Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/201

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beau palais de Cattenbourg. La jeune fille se désole, car tout va se découvrir. Le chat lui promet d’arranger les choses. On part avec une nombreuse escorte et, comme dans le récit de Perrault, il prend les devants. Il rencontre successivement des chevriers, des faneurs et des moissonneurs ; il les force à dire que les troupeaux de chèvres, les prés et les champs appartiennent à la princesse de Cattenbourg.

La nuit vient, on fait halte et le chat continue sa route. Il arrive à un beau château aux piliers d’or. Ce château, ainsi que toute la contrée, a pour maître un terrible Troll[1] qui est absent pour le quart d’heure. Le chat se transforme en un grand pain et se fourre dans le trou de la serrure.

Le Troll revient de bon matin, faisant trembler le sol sous ses pas. Ne pouvant ouvrir la porte, il entre en fureur et crie qu’on lui ouvre. Le chat lui conte alors dans une sorte de litanie toute l’histoire de la fabrication du pain, comment on l’a pétri, roulé dans la farine, troué et cuit, comme si on avait voulu le pétrir, l’enfariner, le trouer et le cuire jusqu’à la mort.

Enfin le chat s’écrie :

— Voyez donc la belle fille qui chevauche dans le ciel !

  1. i. Les Trolls sont des génies monstrueux et malfaisants qui d’ordinaire habitent les lacs et les forêts. On a voulu à tort tirer de leur nom le mot drôle.