Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/215

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du style, dans la fameuse formule qu’il doit sans doute au récit populaire[1] et qui est dans toutes les mémoires : « Bonnes gens qui fauchez… » Remarquons qu’il l’a employée seulement deux fois, juste autant qu’il le fallait pour produire l’effet voulu.

M. Husson croit qu’il a emprunté à l’Histoire des Empereurs, de Lenain de Tillemont, le nom si bien venu de Carabas. C’était, dit-il, celui d’un fou que les Alexandrins, pour se moquer d’Agrippa, roi des Juifs, affublèrent d’une natte en guise de cotte d’armes, d’une couronne de papier et d’un sceptre de roseau.

M. Husson cherche l’origine de ce nom dans l’hébreu Keroub et le syriaque Kerouba, d’où notre Chérubin ; pourquoi pas aussi bien dans le persan Caharaba, succin, littéralement tire-paille ? Cette étymologie, plus ingénieuse encore, ferait allusion à la faculté que possède le marquis de s’attirer les richesses du monarque.

Mon avis est que là comme ailleurs on a tort de chercher la petite bête, et que Perrault a pris Carabas, aussi bien que le reste, au peuple, qui a un génie particulier pour inventer des noms pittoresques et caractéristiques.

M. Ch. Giraud insinue que les questions du roi

  1. i. Nous avons vu, dans l’Orza du Pentamerone, le roi de l’Apre-Roche dire à sa fille : « Obéis, sinon je te coupe en si menus morceaux que le plus grand sera l’oreille. »