Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/265

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s’assit sur une pierre pour peigner ses cheveux.

De sa chevelure tombèrent à poignées les perles et les grenats ; en même temps, de sa bouche sortait un nuage de fleurs, et, sous ses pieds, les lys et les violettes formaient un tapis d’Orient.

Le prince fit appeler Ciommo et, lui montrant Martiella, il lui demanda s’il connaissait cette belle jeune fille. Ciommo la reconnut, courut l’embrasser et, en présence du roi, lui fit conter toute la perfidie de Troccola, et comment l’envie de cette vilaine peste avait réduit ce beau feu d’amour à habiter l’eau de la mer.

On ne saurait dire le ravissement qu’eut le monarque d’avoir acquis ce magnifique joyau. Il avoua au frère de Martiella qu’il avait eu grandement raison de tant la louer et qu’il trouvait la réalité de deux tiers et plus supérieure à son récit.

C’est pourquoi il estimait la jeune fille plus que digne d’être sa femme, si toutefois elle daignait se contenter du sceptre de son royaume.

— Que le Soleil de juillet le veuille[1], répondit Martiella, et que j’arrive seulement à te servir en qualité de vassale de ta couronne ! Mais ne vois-tu pas cette chaîne d’or que je traîne au pied ? C’est avec elle que la magicienne me tient prisonnière. Quand je prends l’air trop longtemps

  1. i. O che lo volesse lo Sole lione !