Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/289

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dit-elle, mets toi-même les mains dans le coffre et prends-y ce que tu trouveras. » Rigonthe se pencha pour atteindre les objets placés au fond du coffre ; aussitôt Frédégonde baissa le couvercle sur la tête de sa fille et pesa dessus avec tant de force, que bientôt celle-ci eut le cou pressé au point que les yeux lui sortaient presque de la tête. Une des servantes se mit à crier : « Au secours ! ma maîtresse est étranglée par sa mère ! » On accourut et Rigonthe fut délivrée. »

C’est ainsi que les contes s’infiltraient dans les chroniques, de même que, nous l’avons vu, ils pénétraient dans les légendes des saints. Il ne serait d’ailleurs pas impossible que ce fût Frédégonde et non son chroniqueur qui aurait imité la Gatta Cennerentola. Peut-être enfin n’y a-t-il là qu’une simple rencontre.

Le détail de l’institutrice qui, quelques jours après le mariage, sort ses six filles que jusqu’alors elle avait cachées, est plus comique que vraisemblable. Nous rencontrons celui du dattier dans les deux lauriers des Douze princesses dansantes (Contes du roi Cambrinus).

De tous les oiseaux chanteurs d’Aschenputtel, il ne reste que la colombe qui conseille à l’héroïne de recourir au besoin à la fée de l’île de Sardaigne. Us épreuves, le pigeonnier et l’arbre où la fugitive se dérobe aux yeux du prince, ont disparu ainsi que