Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/367

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pierres impertinentes qui lui barraient le passage, n’aurait pas fait trembler un Rodomont[1].

Ils s’en allèrent donc doucement, doucement par le petit chemin de cendre, et il était déjà minuit lorsque, sans bruit, sans bruit, ils arrivèrent à la maison.

Pascozza, leur belle-mère, ne les reçut pas comme une femme, mais comme une furie infernale, poussant des cris jusqu’aux cieux, tapant des mains et des pieds, se rebiffant comme un cheval ombrageux et disant :

— La belle chose que voici ! D’où sort cette ordure, cette vermine ? Est-ce qu’il n’y a pas du mercure pour en débarrasser cette maison ? Est-il possible qu’on veuille les y garder pour empoisonner mon existence ? Va, ôte-les de mes yeux avant que j’entende la musique des coqs ou le gloussement des poules ; sinon tu as beau faire, je ne dormirai plus avec toi et demain matin je me retire chez mes parents, car tu n’es pas digne de moi. Ai-je donc apporté tant de beaux biens dans cette maison pour voir les excréments des autres ? Ai-je fourni une si grosse dot pour être l’esclave d’enfants qui ne sont pas les miens ?

Voyant sa barque aller à la dérive et l’affaire devenir chaude, l’infortuné Jannuccio prit alors les

  1. Haverria fatto sorreiere no Rodomonte.