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LA PETITE DORRIT


naissante, M. Pancks (qui se serait jamais attendu à pareille chose de sa part ?) bondit comme un écolier par-dessus la tête et les épaules de M. Rugg de Pentonville, agent d’affaires, teneur de livres, etc., et retombant sur ses pieds, il prit Clennam par la boutonnière, le conduisit derrière la pompe et tira de sa poche un paquet de papiers. M. Rugg tira également de sa poche un autre paquet de papiers.

« Attendez ! dit Clennam à voix basse. Vous avez découvert quelque chose ?

— Un peu ! répondit M. Pancks avec une onction que nous renonçons à rendre.

— Cette découverte compromet-elle quelqu’un ?

— Comment cela, monsieur ?

— Par quelque fraude ou quelque injustice ?

— Pas le moins du monde.

— Dieu soit loué ! se dit Clennam, qui ajouta tout haut : Maintenant, parlez.

— Vous saurez, monsieur… dit Pancks déroulant des papiers d’une main fébrile et lançant chaque petite phrase comme une locomotive à haute pression lâche de petites bouffées de vapeur… Où est la généalogie ? Où est le document numéro quatre, monsieur Rugg ?… Oh ! très-bien… Nous pouvons marcher. Vous saurez qu’aujourd’hui nous sommes virtuellement en règle. Nous ne le serons légalement que dans un jour ou deux. Mettons, au plus, une semaine. Nous y avons travaillé nuit et jour depuis je ne sais plus combien de temps… Monsieur, vous savez combien il y a de temps que nous y travaillons ?… N’importe. Ne dites rien. Vous ne feriez que m’embrouiller. Vous communiquerez la nouvelle à Mlle Dorrit, monsieur Clennam ; mais pas avant que nous vous y ayons autorisé… Où est le total approximatif, monsieur Rugg ? Bon. Lisez, monsieur ! Voilà ce que vous aurez à communiquer tout doucement à Mlle Dorrit… Voilà la somme qui revient à votre père de la Maréchaussée. »




CHAPITRE XXXIII.

Sujet de plainte de Mme Merdle.


Mme Gowan, au lieu de résister plus longtemps aux décrets d’un destin inexorable, se résigna à faire contre fortune bon cœur en acceptant ces Miggles. Elle appela donc à son secours toute la philosophie dont (lors de son entrevue avec Arthur) elle avait prévu qu’elle aurait besoin, et consentit généreusement à ne pas