Page:Dickens - Olivier Twist.djvu/62

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« Je vous présente mon ami Olivier Twist, » dit Jack Dawkins.

Le juif rit en grimaçant. Il fit un profond salut à Olivier, le prit par la main et dit qu’il espérait avoir l’honneur de faire avec lui plus ample connaissance. Alors les petits fumeurs l’entourèrent, lui donnèrent de solides poignées de main, de manière à faire tomber son petit paquet ; l’un d’eux s’empressa de le débarrasser de sa casquette ; un autre eut l’obligeance de fouiller ses poches pour lui épargner, vu son état de fatigue, la peine de les vider avant de se coucher. Les politesses ne se seraient sans doute pas bornées là, sans les coups de fourchette que le juif prodigua généreusement sur la tête et les épaules de ces complaisants petits drôles.

« Nous sommes charmés de te voir, Olivier, dit le juif. Matois, tire du feu les saucisses et approche un baquet pour faire asseoir Olivier. Ah ! tu regardes avec étonnement les mouchoirs ! en voilà une belle collection, hein, mon ami ? Nous venons justement de les préparer pour la lessive. Voilà tout, Olivier, voilà tout ; ah ! ah ! ah ! »

Les derniers mots du juif furent accueillis avec acclamation par ses jeunes élèves, puis on se mit à souper.

Olivier mangea sa part ; ensuite le juif lui versa un verre de grog au genièvre, en lui recommandant de le boire d’un trait, parce qu’un autre convive avait besoin de son verre. Olivier obéit ; bientôt il se sentit porté doucement sur un des sacs et s’endormit d’un profond sommeil.





CHAPITRE IX.
Où l’on trouvera de nouveaux détails sur l’agréable vieillard et sur ses élèves, jeunes gens de haute espérance.


Le lendemain, la matinée était déjà avancée quand Olivier se réveilla après un sommeil profond et prolongé. Il n’y avait dans la chambre que le vieux juif, qui faisait bouillir du café dans une casserole pour le déjeuner, et sifflait tout bas entre ses dents, en agitant le liquide avec une cuiller de fer. De temps à autre il s’arrêtait pour écouter, dès qu’il entendait en