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☞ ADAOUS, ADOWS, ou QUAQUA. Peuple d’Afrique, dans la Guinée propre, à l’orient de la rivière de Suero de Costa, qui le sépare de la côte d’or.

ADAPTATION. s. f. Action par laquelle on applique une chose à une autre. Accommodatio. L’Adaptation d’un récipient au chapiteau d’une cornue. On ne le dit guère que dans le dogmatique.

ADAPTER. v. a. Appliquer, ajuster, accommoder une chose à une autre. Accommodare. On s’en sert principalement en Chimie. Adapter un récipient au chapiteau. Appliquer & ajuster seroient tout aussi bons.

Adapter, se dit encore pour appliquer un mot, un passage à une personne, à un sujet. Ce vers de Virgile lui a été bien adapté. Cette comparaison est ingénieuse, mais elle est mal adaptée. Ce mot vient du Latin, & est composé de ad & aptare.

Adapter, en Architecture, c’est ajuster une saillie, ou un ornement à quelque corps d’ouvrage de maçonnerie, de menuiserie, &c. On adapte un panier de fleurs à un chapiteau.

ADAPTÉ, ÉE. part. Accommodatus.

ADAR. s. m. Adar. Dernier mois, ou dernière lunaison de l’année hébraïque, ou juive, comme il est dit dans Esther xvi. 20. Ce nom ne se trouve point avant ce temps-là dans les Livres de l’Ecriture ; les Juifs l’avoient pris des Babyloniens. Les Hébreux d’abord ne donnèrent point de noms à leurs mois : ils disoient, le premier, le second, le troisième mois, &c. comme on le voit dans les Livres de Moyse, & dans beaucoup d’autres endroits. Dans la suite, quand ils eurent plus de commerce avec leurs voisins, ils empruntèrent d’eux les noms des mois. C’est dans l’histoire de Salomon, III. Reg. vi. i. 38, que nous trouvons pour la première fois des noms propres de mois. Ce Prince introduisit bien des coutumes étrangères ; il paroît même que l’usage ne s’en établit pas encore trop bien ; car nous n’en trouvons qu’en ce seul endroit, & deux seulement, Zio, & Bul. Mais pendant la captivité de Babylone, les Juifs prirent des Chaldéens les noms des mois, & nous en trouvons plus communément depuis ce temps-là. C’est de là que vint celui d’Adar. Comme les Juifs avoient le cycle de 19 ans, & un mois intercalaire de temps en temps, il y avoit ces années là deux mois Adar. Le premier Adar étoit de 30 jours ; le second n’en avoit que 29. Les années communes, ou non intercalaires, Adar n’avoit encore que 29 jours. Les années du cycle de 19 ans, qui avoient deux Adar, étoient la 3e, la 6e, la 8e, la 11e, la 17e, & la 19e. Voyez le Calendrier hébraïque de Munster, & celui qu’a donné Bartholocci dans la Biblioth. Rabbin. T. II. p. 302 & suiv.

Adar, étoit aussi une ville de la tribu de Juda, dans le midi de cette tribu, en tirant vers l’Idumée. On trouve aussi Addar. C’est la même chose.

ADARCE. s. f. Ecume salée qui s’amasse dans les marais pendant la sécheresse. Adarca & Adarce. Cette drogue est séche, & tellement chaude, qu’elle a une vertu caustique. L’Adarce est âcre : on se sert de adarce pour les dartres ; on mêle l’Adarce avec de la graisse.

ADARE. Ville d’Irlande. Adara. Elle est sur la rivière du Mage, dans le Comté de Limérick, qui fait partie de la Momonie.

ADARGATIS, ou ADERGATIS, ou ATERGATIS. s. f. Divinité des Syriens, dont ils faisoient la femme du Dieu Adad, & que Selden, de Diis Syriis Syntagm. II. C. 2, croit avoir été le même que le Dieu Dagon, dont les Européens, par corruption, ont fait Adirdaga, Atergatis, Adergatis, Dercéto ; & même Argatis, qui se trouve dans Tertullien. adv. Nation. L. II. C. 8. Dans ce sentiment il faut dire que Adargatis s’est formé de Adar, grand, magnifique, & de Dagon.

ADARIGE. Quelques Chimistes donnent ce nom au sel Ammoniac. Harris.

ADARME. s. m. Poids qui est environ la seizième partie de l’once parisienne. Cet Adarme est le même que le demi-gros. C’est un petit poids d’Espagne dont on se sert aussi à Buenos-Aires, & dans toute l’Amérique Espagnole. L’once de Madrid est moins forte que celle de France en cette proportion, que cent onces de Madrid n’en font que 96 de Paris. Enfin, l’once d’Espagne est d’un septième pour cent moins forte que celle de Paris.

ADARSA. Ville ancienne de la Tribu d’Ephraïm, dans la Terre-Sainte. Adarsa. Le premier Livre des Machabées, qui au ch. VII. v. 40, la nomme Adarsa, l’appelle Adazer au v. 41.

☞ ADASTAN. Ville d’Asie, sur les frontières de la Bithynie, suivant Davity & Thevet.

ADATAIS, ou ADATIS. s. m. Toile de coton, ou mousseline, venant des Indes orientales. Les plus beaux Adatis se font à Bengale. Ils sont très-fins & très-clairs ; chaque pièce a dix aunes de longueur, & trois quarts d’aune de large.

ADAZER. Voyez ADARSA.

ADD.

ADDA. Rivière d’Italie. Abduo, Addua. Elle prend sa source au mont Braulio, sur les confins du Tirol, & du pays des Grisons, coule dans la Valteline, traverse le lac de Cumes, baigne Bormio, Lodi, & se jette dans le Pô, au-dessus de Crémone.

ADDAD. s. m. Nom que les Arabes donnent à une racine d’herbe fort amère, qui se trouve en Numidie, & par toute l’Afrique, & qui est si vénéneuse, que 30 ou 40 gouttes d’eau distillées de cette racine, sont capables de faire mourir une personne en une heure. Ablanc. Trad. de Marmol, L. VII, C.i

ADDAR. Voyez Adar.

☞ ADDITION. s. f. Accessio, Adjectio. Ce mot qui vient du latin Addere, ajouter, signifie ce qui est ajouté à une chose. Par l’Addition, on joint des choses différentes, ou si elles sont de la même espèce, on les joint de façon qu’elles ne sont pas confondues ensemble, & qu’on les distingue encore l’une de l’autre après qu’elles sont jointes. ☞ Faire des Additions, de longues Additions à un livre. La plupart des Auteurs qui font réimprimer leurs livres, y font faire des Additions & des Supplémens. Ils font souvent des Additions superflues, au lieu de retrancher l’inutile.

☞ Faire des Additions à un livre, disent les Vocabulistes, c’est augmenter ce livre, c’est y ajouter de nouvelles idées, de nouveaux faits, ou c’est simplement donner plus d’étendue, plus de développement aux choses contenues dans ce livre. Cela n’est ni exact, ni vrai. Augmenter une chose, dit M. l’Abbé Girard, c’est la rendre plus grande & plus abondante, par une Addition faite de façon que ce qu’on y joint, se confonde, & ne fasse plus avec elle qu’une seule & même chose ; ou que du moins le tout ensemble ne soit considéré après la jonction que sous une idée identique. Ainsi augmenter un livre, c’est y fondre de nouvelles idées qui développent ou étendent les premières, ensorte que les unes & les autres se trouvent confondues, & ne fassent plus ensemble qu’une même chose. L’Addition au contraire est composée de parties connues & déterminées, très-souvent différentes des choses auxquelles on les joint, & qu’on peut toujours distinguer après leur jonction, si elles sont de même nature.

☞ Les Imprimeurs appellent aussi Additions, les petites notes, les explications qui se mettent a la marge, ou au bas d’une page imprimée.

Addition, en termes d’Arithmétique & d’Algèbre, est la première des quatre règles fondamentales de ces sciences : elle fait trouver la somme totale que composent plusieurs nombres, ou quantités particulièrement ajoutées ensemble. Additio. On arrange ces nombres les uns sous les autres ; ensorte que les nombres simples soient sous les nombres simples, les dixaines sous les dixaines ; ce qui forme plusieurs colonnes. On commence à compter par la dernière colonne, de haut est bas. Si les nombres de cette colonne étant assemblés n’excèdent point le nombre de 9, il faut marquer sous