Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/189

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morte ultimùm colluctari. On dit proverbialement, il se débat comme l’ame d’un Sergent qui agonise.

AGONISTARQUE. s. m. C’étoit un des Officiers qui présidoient aux exercices des anciens Gymnases. Agonistarcha. Il ne se mêloit que des combats des Athlètes. Ce n’étoit point le même que le Gymnasiarque & le Xystarque ; le premier tenoit le rang le plus distingué dans les Gymnases, & le Xystarque occupoit la seconde place.

AGONISTIQUE. adj. & s. m, & f. Agonisticus. C’est le nom que Donat donnoit à ceux de sa secte qu’il envoyoit prêcher sa doctrine dans les lieux voisins & dans les foires, ainsi que le témoigne Optat de Miléve, Liv. III. c. 4.

Pour la même raison on les appela Circuitores, Circelliones, Catropitæ, Coropitæ ; & à Rome sur-tout, Montenses, Montagnards, parce qu’ils tenoient leurs assemblées sur les montagnes. Apparemment que Donat les appeloit Agonistiques, du mot ἀγών, combat, parce que c’étoit comme des troupes qu’il envoyoit combattre, & faire des conquêtes. Ou bien, à ce que prétend M. Du Pin dans ses notes sur Optat, parce qu’ils combattoient contre ceux qui vouloient défendre leurs biens contre leurs violences. Car ils en exercerent beaucoup sous la conduite d’Axide & de Fasir, qu’ils appeloient les Chefs, ou les Capitaines des Saints.

Agonistique. s. f. L’art Athlétique, ou des Athlètes. La science des combats des Athlètes. La Gymnastique. Agonistice, Gymnastice. L’Agonistique avoit des loix bien sévères pour les Athlètes. C’est aussi un livre, un traité, un ouvrage fait sur cet art. L’Agonistique de Pierre Dufaur est un supplément de la Gymnastique de Jérôme Mercurialis, & l’on ne sauroit refuser à cet Auteur les louanges qui lui sont dûes pour la grande érudition qu’il étale dans cet ouvrage. Burette, Acad. des Insc.

Agonistique. adj. Qui concerne les combats : exercices agonistiques, jeux agonistiques, en parlant des spectacles des Anciens, où il y avoit des combats de gladiateurs ou autres. Quelque déférence qu’eussent les Grecs pour le jugement des Hellanodiques, il arrivoit quelquefois dans ces jeux des incidens, qui obligeoient les Athlètes d’en appeler au Sénat d’Olympe, lequel décidoit souverainement de ces sortes d’affaires agonistiques. Id. Acad. des B. L. T. I. Mém. p. 271.

AGONIUS. s. m. Dieu qui présidoit aux affaires, aux entreprises. Les fêtes qui se nommoient Agonales étoient, selon quelques-uns, les fêtes de ce Dieu. On appeloit aussi adjectivement, Agonius, ou Agonalis dies, le jour auquel on sacrifioit une victime Agonale, ou au Dieu Agonius. Ce mot semble venir du verbe ago, j’agis. Voyez Agonales.

AGONOTHÈTE. s. m. Agonotheta. Titre d’un Magistrat qu’on choisissoit chez les Grecs, pour présider aux jeux sacrés : il en faisoit la dépense, il déclaroit aussi vainqueurs ceux qui l’avoient mérité, & il leur distribuoit les prix proposés dans ces jeux. Agonothète vient du grec Ἀγωνοθέτης, composé du grec Ἀγών, combat, jeu sacré, & de θετῆς, celui qui pose, qui ordonne, qui règle. On donne encore dans les colléges le nom d’Agonothète à celui qui fait la dépense des prix qu’on distribue aux écoliers. Agonothète perpétuel est celui qui a fondé les prix. Ex munificentia Regis Christianissimi Agonothetæ perpetui, &c. Ce terme, en cette signification, est un terme de Collége, & peu François : on s’en sert encore parmi les Antiquaires, aussi-bien que de Athlothète. Dans la basse latinité on trouve quelquefois Agomotheta, & Agomitheta, pour Lutteur, celui qui combat ; mais c’est une impropriété manifeste, comme l’a remarqué Bollandus, Févr. T. I p. 200. & p. 891. Voyez Hellanodique, & Athlothète : c’est la même chose.

AGONYCLITE. s. m. & f Agoniclites, Agonoclita. Celui ou celle qui ne fléchit jamais le genouil. Ce mot est formé de l’α privatif, de γόνυ, le genouil, & ϰλίνω, j’incline, je fléchis. On donna ce nom dans le VIIe siècle, à certains hérétiques qui ne se mettoient jamais à genoux, & faisoient toutes leurs prières debout. S. Jean Dam. hérés. 91.

AGORANOME. s. m. Magistrat d’Athènes. Agoranomus. Il étoit préposé pour maintenir l’ordre & la police, afin que tout ce qui se débitoit au marché, fût vendu sans fraude, & avec poids & mesure. Cette Magistrature étoit à peu-près la même chose que celle des Ediles Curules chez les Romains. Ce nom est formé de deux mots grecs, Ἀγωρὰ, marché, & νέμειν, distribuer. Aristote distingue deux sortes de Magistrats ; les Agoranomes, qui avoient l’intendance sur les marchés ; & les Astynomes, Ἀστυνόμοι, qui avoient le soin des édifices.

AGORÉE. adj. m. & f. Agoræus, a. Du grec Ἀγωραῖος formé du mot Agora ἀγωρὰ, qui signifie, marché, place publique. On donnoit cette épithète aux Dieux, dont les statues étoient dans les places publiques. Minerve Agorée étoit en vénération chez les Lacédémoniens.

AGORO. Petite ville d’Italie. Agorum. Elle est dans le Bellunois, province de l’Etat de Venise, sur la rivière de Cordevol, au nord de la ville de Feltry.

☞ AGOSTA, ou AGOUSTE, AUGUSTA. Ville de Sicile, située sur une grande presqu’île, abîmée par le tremblement de terre en 1693.

☞ AGOSTA ou ANGOSTA. Île du Golfe de Cataro, au midi de Cursola. Elle appartient à la République de Raguse.

☞ AGOUGES. Rivière de France, qui coule dans l’Auvergne, & se jette dans la Scioule, avec laquelle elle se rend dans l’Allier, un peu au-dessous de S. Porçain.

☞ AGOUT. Agotus. Rivière de France dans le haut Languedoc qui passe à Fraisse, Brassac, Roquecourbe, Castres, Lavaur, se mêle avec le Tarn au dessous de Rabasteins, puis elle se perd dans le Tescon qui sépare le Querci du Languedoc.

AGOUTY. Voyez Acouti.

AGR.

AGRA. s. m. Espèce de bois de senteur, qui se trouve dans l’île de Hainan, dépendante de la Chine.

☞ AGRA-CARAMBA. Autre bois de senteur qui vient du même endroit, & sur lequel on ne nous instruit pas davantage que sur l’Agra simple.

Agra. Agra. Ville du Mogol. MM. de l’Académie des Sciences lui donnent pour longitude 101°. 0’. & pour latitude 28°. 30’. Elle a, selon le P. Gaubil, 94°. 15’. 33’’. de longitude, & 26°. 43’. 0’’. de latitude septentrionale. ☞ Elle est capitale d’un royaume de même nom, qui est entre les royaumes de Delli, de Sambal, de Gualcor & de Bando, sous la domination de l’Empereur du Mogol. Elle passe pour la plus grande ville des Indes.

AGRAFE. s. f. Petit crochet servant à attacher des habits, ou quelque autre chose, & qu’on fait quelquefois passer dans un anneau qui lui répond, qu’on appelle Porte. Fibula. Cette montre a une agrafe d’argent ; une agrafe de diamans, c’est-à-dire, enrichie de diamans.

Agrafe, en Architecture, est un crampon, ou morceau de fer à crochet, qui sert à retenir les pierres, & les marbres.

☞ On appelle aussi Agrafe, en Architecture, un ornement qui semble unir plusieurs Membres d’Architecture. C’est encore la décoration du parement extérieur de la clef d’une croisée.

Agrafe, en Jardinage, est un ornement qui sert à lier deux figures dans un parterre.

Agrafe, en Serrurerie, est tout morceau de fer qui sert à joindre ou à en accrocher un autre.

Agrafe, est un aussi un terme de Vannier. C’est un osier tortillé qui tient le bord d’une hotte, d’une corbeille, d’un panier, & autres ouvrages de Vannerie.

☞ Quelques-uns dérivent ce mot de l’hébreu garaph, qui signifie, Fortiter deprehendit. D’autres le dérivent de griphium, parce que l’agrafe est crochue comme une griffe. On dit encore en quelques lieux, Agrappe ; & les Italiens disent, Agrapare ; pour dire, Agrafer. Les Anciens l’appeloient Fermail.

AGRAFER. v. a. Attacher avec une agrafe, avec un cro-