Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/190

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chet. Fibulâ subnectere, astringere, substringere. Agrafer sa jupe. Agrafez ces rubans à cette tapisserie. Selon le P. Labbe, agrafer a été supposé pour agrifer, la lettre a donnant plus d’emphase au mot.

s’Agrafer, v. récip. signifie, se prendre, s’attacher à ce qu’on trouve. Apprehendere, Arripere. Un homme qui se noie, s’agrafe à tout ce qu’il peut. Il est populaire.

Danet écrit Agraffe & Agraphe. Cette dernière façon d’écrire n’est point usitée ; c’est cependant la meilleure, parce que ce mot nous vient de l’hébreu garaph, qui signifie, selon Furetiére, Fortiter comprehendit ; ou selon d’autres, du grec γρῖφος. Suivant ces étymologies, on devroit écrire Agraphe, Agrapher : mais l’usage ne le permet pas. D’où je conclus qu’il vaut mieux écrire agrafe avec un seul f qu’agraffe avec deux, puisque le phi des Grecs n’a le son que d’un seul f en François, & qu’il n’en sonne qu’un en ces mots.

AGRAFÉ, ÉE. part. Subnexus, astrictus, substrictus fibulâ.

☞ AGRAIRE. adj. de t. g. Terme de Jurisprudence & d’Histoire Romaine : du latin ager, champ. C’est le nom général qu’on donnoit aux Loix qui avoient pour objet la distribution ou le partage des terres conquises entre les Citoyens ou les Soldats. Lex agraria, la Loi qui régloit cette répartition ; & agrarii, ceux en faveur de qui elle étoit faite. Agripeta. Celui qui demandoit la portion de terre qui lui étoit due suivant la Loi Agraire.

Cicéron, pendant son Consulat, s’opposa à la loi Agraire, que Rullus, tribun du peuple, vouloir faire passer. Voyez ses harangues, De lege Agraria contra Rullum. Il y a quinze ou vingt loix Agraires, dont les principales sont, la Loi Apuleia, portée l’an de Rome 653 ; la loi Bæbea ; la loi Cassia, de l’an de Rome 267 ; la loi Cornelia de l’an 673 ; la loi Flaminia, de l’an 525 ; la loi Flavia ; la loi Julia, de l’an 691 ; la loi Licinia, de l’an 377 ; la loi Ælia Licinia ; la loi Livia ; la loi Marcia ; la loi Rubria, portée après la prise de Carthage ; deux loix Sempronia, de l’an 620 ; la loi Servilia, de l’an 690, la loi Thoria ; la loi Titia.

☞ AGRAHALID. Plante d’Egypte & d’Ethiopie. Lycio affinis Ægyptiaca. Arbre de la grandeur d’un poirier sauvage, peu branchu, épineux, ressemblant au lycium. Sa feuille est plus large & plus rare que celle du Buis, dont elle ne differe guère d’ailleurs. Les fleurs blanches, petites & rares. Les fruits noirs approchant de ceux de l’hieble, & d’un goût styptique amer. Ses feuilles donnent une décoction qui tue les vers.

☞ AGRAMONT, ou AGRAMUNT. Agramontium. Petite ville située en Espagne, dans la Catalogne, sur une montagne, entre Lorida & Solsone.

AGRANDIR. v. a. rendre plus grand, plus étendu. Augere, amplificare. Le Roi a agrandi Versailles. Ce Partisan a bien fait agrandir sa maison, ses jardins. Claudius agrandit aussi la ville de Rome, suivant la coutume ancienne, qui donne cette permission à ceux qui ont agrandi l’Empire.

Agrandir, se prend aussi pour faire paroître plus grand, sans augmenter véritablement la grandeur, ni donner d’accroissement réel. Comme par le moyen des microscopes, nous multiplions les corps les plus simples, & agrandissons les plus insensibles ; de même par le moyen des lunettes nous approchons de nos yeux les objets les plus éloignés. P. Le Comte.

Agrandir, se dit figurément en Morale ; & signifie, rendre plus grand en honneurs, en crédit, en fortune ; élever dans le monde à un état plus considérable. Les Princes agrandissent qui ils veulent.

Le P. Le Moine a dit :

La grandeur du péril agrandit leur audace.

Mais augmente seroit mieux.

Il se dit aussi avec le pronom personnel ; soit au propre, les héritages s’agrandissent par alluvion ; soit au figuré, dans les occasions de s’agrandir, il n’est presque point de fidélité qui soit à l’épreuve. Patr. On ne se pousse, & on ne s’agrandit dans le monde que pour augmenter l’idée que chacun se forme de soi. Nicol.

Agrandir, signifie aussi exagérer, amplifier. Dicendo amplificare. Vous avez bien agrandi sa faute par vos discours. Exagérer est le vrai mot. Exagérer l’énormité d’un crime.

☞ On se sert d’agrandir, dit M. l’Abbé Girard, lorsqu’il est question d’étendue ; & lorsqu’il s’agit de nombre, d’élevation, ou d’abondance, on se sert d’augmenter. On agrandit une ville, une cour, un jardin. On augmente le nombre des citoyens, la dépense, les revenus. L’on dit qu’on agrandit sa maison quand on lui donne plus d’étendue par la jonction de quelques bâtimens faits sur les côtés : mais on dit qu’on l’augmente d’un étage ou de plusieurs chambres. En agrandissant son terrain, on augmente son bien. Le riche n’agrandit ses domaines, qu’en resserant ceux du pauvre. Le pouvoir n’augmente jamais que par la diminution de la liberté. Les Princes s’agrandissent en reculant les bornes de leurs états, & croient par-là augmenter leur puissance.

AGRANDI, IE. part. Auctus, amplificatus.

AGRANDISSEMENT. s. m. Augmentation, ce qui rend une chose plus grande. Amplificatio, Incrementum. L’agrandissement d’un parc, d’une ville. ☞ On le dit figurément de l’augmentation & de l’accroissement en biens, en fortune. Il doit l’agrandissement de sa famille à la faveur de ce ministre. Cromwel n’avoit de Religion & de fidélité, qu’autant que ses vertus pouvoient servir à son agrandissement. Bouh.

☞ Le désir de l’agrandissement cause dans la politique la circulation des états, dans la police celle des conditions, dans la morale celle des vertus & des vices, & dans la physique celle des corps : c’est le ressort qui fait jouer la machine universelle, & qui nous en représente toutes les parties dans une vicissitude perpétuelle, ou d’augmentation ou de diminution : mais il y a pour chaque chose, de quelque espèce qu’elle soit, un point marqué jusqu’où il lui est permis de s’agrandir : son arrivée à ce point est le signe fatal qui avertit ses adversaires de redoubler leurs efforts, & d’augmenter leurs forces, pour se mettre en état de profiter de ce qu’elle va perdre.

Ces mots viennent du latin, grandis.

AGRANIES. s. f. pl. Fêtes célébrées à Argos en l’honneur d’une des filles de Prœtus, selon Hésychius Agrania. C’étoient probablement les mêmes que cet Ecrivain appelle Agrianies, célébrées avec de grands jeux dans la même ville, & à Thèbes, en l’honneur des défunts. Pottérus, Archæogol. Græc. 2. C. 2.

☞ AGRAULE. Le bois sacré d’Agraule, auprès de la citadelle d’Athènes. Cecrops eut trois filles, Agraule, Erse & Pandrosa. Les Athéniens étant en guerre avec les Eleusiniens consulterent l’oracle d’Apollon, qui leur répondit que cette guerre ne finiroit heureusement pour eux, que si quelqu’un se dévouoit pour la patrie. Dès que cette oracle fut divulgué, Agraule se précipita de la citadelle, & par sa mort procura la victoire à Erechthée son ayeul. Les Athéniens par reconnoissance consacrerent à cette héroïne un bois & un temple à l’entrée de la citadelle, & ordonnerent qu’à l’avenir, avant que d’entreprendre aucune guerre, ils obligeroient la jeunesse à faire dans ce bois un serment dont parle Plutarque, qui est une espèce de dévouement pour la patrie.

AGRAULIES. s. f. pl. Fêtes ainsi nommées parce qu’elles doivent leur institution aux Agraules, peuples de l’Attique de la Tribu Erecthéïde, qui avoient pris leur nom d’Aglaure ou Agraule. Agraulia. Cette fête se célébroit en l’honneur de Minerve.

AGRÉABLE. adj. m. & f. Ce qui est selon notre goût. Ce qui convient à notre goût, à notre esprit. Gratus, acceptus, jucundus. La campagne est agréable aux mélancoliques. Il n’y a rien de plus agréable que la conversation des honnêtes-gens. La condition naturelle des hommes leur fournit peu de choses agréables, & leur raison leur apprend à en goûter encore moins. Fonten.

Agréable. Homme agréable. L’esprit & l’humeur rendent agréable. On recherche la compagnie d’un