Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/226

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AJUBATIPITA. s. m. Arbisseau du Brésil, de la hauteur de cinq ou six palmes. Il porte un fruit noir, semblable aux amandes, dont on tire une huile de même couleur. Les sauvages se servent de cette huile, pour frotter les membres de ceux à qui quelque mal a ôté les forces.

AJUBITE. Voyez Jobites.

AJUDANT. s. m. Aide. Qui est sous un autre pour l’aider dans ses fonctions. Adjutor. On écrit aussi Adjudant, mais on ne prononce point le d. Nous ne nous servons de ce mot, qu’en parlant des affaires des pays étrangers. En ce qui regarde la France, nous disons, Aide. Aide de camp. Aide-Major. L’Ajudant général des gardes du corps du Roi d’Espagne. Gaz. 1724, p. 6. Le Pape a des Ajudans de chambre. En Suéde il y a des Ajudans du Roi. Le Baron de Scade, Capitaine dans le régiment du Grand-Maître de l’Ordre Teutonique, a été fait Ajudant général du Comte de Vehlen, Commandant en Chef des troupes de l’Empereur, dans les Pays-Bas. Gaz. 1726, p. 59. Les François disent Ajudant, ou Adjudant, en termes de Marine. Ajudant pilote, est un jeune Pilote qui n’a pas assez d’expérience pour qu’on lui confie toute la conduite du vaisseau, mais qui est avec le maître Pilote, ou Pilote en chef, & achève de s’instruire. On lui donne à faire les choses les plus aisées ; on lui fait faire son estime & son journal : on lui fait rendre compte de ses observations. Sur les vaisseaux du Roi, sur-tout en cas de guerre ou de voyage de long cours, il y a deux Pilotes royaux, & quatre ou cinq Ajudans Pilotes. Dans les pays étrangers. Ajudant ne signifie pas toujours, Aide de camp. M. Harris dit qu’Ajudant en Angleterre est un Officier de guerre, qui est la même chose qu’Aide-Major. Au féminin, on dit, Ajutante. Voyez ce mot. Voyez aussi Adjudant.

AIVIER. Voyez ÉVIER.

AJURATIBIRA. s. m. Arbrisseau du Brésil, qui porte un fruit rouge.

AJUF. s. m. Terme de Mythologie. Nom d’un Dieu chez les Romains Ajus. Parce qu’on entendit autrefois à Rome une voix qui sortoit du bois de Vesta, & que l’on crut que cette voix étoit surnaturelle & divine, les Romains imaginerent Un Dieu qu’ils nommerent Ajus, & lui consacrerent un autel à l’endroit d’où il leur parut que la voix étoit partie.

Ce mot fut formé du verbe aio, je dis, je parle. Voyez Aulu-Gelle, Noct. Attic. L. XVI, C. 10. Tite-Live, L. III, C. 30, 31, 32, & Cicéron, de Divin. L. I. Voyez Locutius : c’est la même Divinité.

AJUSTAGE. s. m. L’action d’ajuster. Il se dit en termes de Monnoyeur. L’alliage, l’ajustage & la marque se font chez les Malabars avec tant de facilité, de promptitude & de précision, que nos Monnoyeurs Européens ne pouvoient se le persuader sur la foi de qui que ce soit. Mercure.

AJUSTAGES ou AJUTAGES. s. m. pl. Terme de Fontainier. Ce sont des tuyaux de fer-blanc, ou de cuivre, qu’on met à l’ouverture d’un jet d’eau, pour faire des jets de différentes sortes, & en déterminer la grosseur en pluie, en nappe, en soleil, en verre, suivant la différente figure qu’ont les têtes de ces ajustages. Il y a des ajustages à tête d’arrosoir ; d’autres forment des fleurs-de-lys. Ce mot vient du primitif juste, justus.

AJUSTE. s. f. Terme de Marine. Nœud de deux cordes attachées l’une au bout de l’autre.

AJUSTEMENT. s. m. Action par laquelle on met une chose en état de perfection, par laquelle on la rend juste. Compositio. L’ajustement d’une balance, est le travail qu’on y fait pour la mettre en équilibre. L’ajustement d’un poids, d’une mesure.

Ajustement, est souvent employé comme synonyme de parure. Ornatus, munditia. Un peu d’ajustement sied bien à certaines femmes. Il y en a d’autres qui sont si belles qu’il ne leur faut point d’ajustement. Vos actions & votre ajustement ont un air de qualité qui enchante. Mol.

☞ On le dit dans le même sens en Peinture, non-seulement des draperies ou vêtemens de mode & de fantaisie, mais encore de la façon d’orner les figures.

☞ Ce mot est quelquefois employé dans le style familier, comme synonyme d’accommodement. Ainsi l’on dit chercher, trouver des ajustemens dans une affaire ; pour dire, des moyens, des tempéramens, des expédiens pour concilier deux personnes, pour accommoder une affaire, pour terminer un procès.

Ajustement, en termes de Monnoies, c’est ce qui se fait pour rendre les flans de monnoies du poids qu’ils doivent être ; l’action de les ajuster, de les limer, quand ils sont trop pesans, pour les réduire au juste poids qu’ils doivent avoir. Æquatio, ad legitimum pondus exactio.

☞ AJUSTER. v. a. Qui vient du latin justum facere, rendre juste. On le dit dans ce sens des poids & des mesures. On ajuste un boisseau, un minot, une balance sur l’étalon. On ajuste les poids. Æquare, ad legitimum pondus exigere.

Ajuster, signifie aussi, accommoder une chose de manière qu’elle convienne à une autre. Aptare, componere. On ajuste une pièce à une porte, une barre de fer à une fenêtre. On ajuste un couvercle à une boîte.

☞ C’est encore rendre une chose propre à servir selon sa destination, la mettre dans un état convenable pour bien faire son effet. On ajuste un ressort. On ajuste une arquebuse pour tirer.

Ajuster. Terme de Maître d’Armes. C’est porter justement son coup où l’on veut donner. Dirigere. Il fait bien ajuster son coup.

On dit en termes de Manége, ajuster un cheval ; pour dire, lui enseigner ses exercices. Ajuster un cheval sur les voltes à toutes sortes d’airs. Instruere, erudire.

On dit aussi en termes de Monnoie, Ajuster les flans ou les carreaux recuits. Rudes nummos ad legitimum pondus exigere. C’est les couper, les limer, pour leur donner le juste poids qu’ils doivent avoir quand ils sont trop pesans, & les rejeter quand ils sont trop légers. Le Prévôt distribue les flans aux ouvriers & aux tailleresses, pour les ajuster aux poids des espèces. Ils se servent de certains poids appelés déneraux, pour les peser ; & de limes en manière de rapes, avec des cannelures par angles entrans & sortans appelés escovennes, pour limer les plus pesans, jusqu’à ce qu’ils soient conformes aux déneraux. Boizard. Cela s’appelle Ajuster la brève, Voyez Brève.

Ajuster. Terme de Chasse. Les Chasseurs disent, il ajuste le gibier ; pour signifier, qu’il se prépare à le tirer juste, à ne point manquer son coup.

Ajuster. Terme de Bijoutier. Remplir les vides d’une pièce, tabatière, ou autre, de morceaux de pierres fines, de cailloux, de coquillages, &c. Et pour ainsi dire, la marqueter.

Ajuster, se dit aussi dans les Manufactures de soie, des lisses qui ne doivent être ni plus élevées, ni plus basses que l’ouvrage ne le comporte.

Ajuster, embellir par des ajustemens. Ornare, decorare. On ajuste une maison, un cabinet, un jardin. Cette maison est bien ajustée.

☞ En parlant de l’embellissement qui consiste dans la parure. On le dit particulièrement des femmes. Cette femme de chambre ne peut ajuster sa maîtresse à son gré. Les femmes sont des années à s’ajuster. Mulieres dum comuntur, annus est.

Ajuster. Terme de Fleuriste. Je viens d’ajuster un œillet. C’est en arranger les feuilles, de manière qu’au défaut de l’ordre naturel, elles se trouvent chacune si bien disposées, que l’œillet en est plus large, à cause de l’extrémité de leur cosse, qui a été un peu courbée. L’on s’applique à ce travail, lorsque cette fleur est toute épanoüie, & que les pétales ne sont pas placés dans un bel ordre. Lig. Floris alicujus folia eleganter disponere.

Ajuster. Ce mot se prend aussi ironiquement, pour maltraiter, mal accommoder. Malè habere, excipere. Moliére a ajusté de toutes pièces Messieurs les Mé-