Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/229

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ALA.

ALABANDINE. Voyez ALMANDINE.

ALABARQUE. s. m. Chef des Juifs. Philon avoit un frere nommé Lysimaque, Alabarque, ou chef des Juifs.

ALABASTRIDE. Alabastris. Le pays d’Alabastra dans S. Epiphane.

ALABASTRITE. s. m. & f. Alabastrites. Habitant d’Alabastre.

Alabastrite, s. f. Alabastrites. Espèce de pierre d’albâtre, pierre gypseuse, dont on faisoit des boîtes pour des parfums. Cette pierre est tendre, prend facilement le poli, mais moins brillant que celui du marbre.

ALACHIR. Vieux mot, qui signifie, défaillir, selon Nicod, rapporté par Borel.

ALADELIAR. s. m. Nom de secte chez les Turcs. Les Schiites ou Schiaïtes se donnent ce nom, qui signifie en leur langue, Secte des Justes. Voyez d’Herbelot.

ALADULI. Contrée de l’Anatolie. Anadulia. Ce pays a au nord & au couchant les montagnes de l’Antitaurus, la Méditerranée au midi, & l’Euphrate & le mont Aman au levant. L’Aladuli a eu autrefois ses Rois particuliers. Sélim, Empereur Turc, s’en empara. Quelques-uns disent Aladule, d’autres Aladulie. Texeira l’appelle Aladolet & Zulkader. Les Turcs le nomment Dulgadir, ou Dulkadir.

ALAFA. s. f. Pension. Nous reçûmes de l’Empereur la pension nommée Alafa, pour la nourriture & le vêtement de huit personnes. Cette Alafa peut valoir par an cent florins d’or, suivant l’estimation des Marchands Génois ; & c’est ce que l’Empereur donne aux envoyés des Grands, à des guerriers, à des ouvriers de divers arts, & à d’autres personnes de diverses conditions. Fleury.

A LA FIN. adv. Enfin, après tout, après bien du temps, Tandem, Denique. Ce mot peut avoir sa place par-tout ; mais il est pourtant plus de la poësie, que de la prose ; principalement quand on l’emploie au milieu du vers. Cet homme m’a bien donné de la peine, mais à la fin j’en suis venu à bout.

On me dit qu’à la fin, toutes choses se changent.

Malh.

Mes flammes à la fin me vont réduire en cendres.

Gomb.

ALAGON. Petite ville d’Espagne. Allabona. Elle est en Arragon, sur la rivière du Xalon, un peu au-dessus de son confluent avec l’Ebre.

☞ ALAGON. Alabona. Petite ville d’Espagne, en Arragon, sur la rivière de Xalon.

ALAIBEGER. s. m. Terme de Relation, & de Milice Turque. Tribunus. Les Turcs appellent de ce nom les Colonels, qui commandent les Zaims & les Timariots, qui sont disposés par régimens. A. D. S. M.

☞ ALAIGNON, L’ALAGNON, ou LAGNON. Rivière d’Auvergne, qui a sa source dans la montagne de Lyouran, passe au pont de Vernet & à Massac, & va se mêler avec l’Allier, entre Brioude & Issoire. Elle est rapide & peu navigable.

☞ ALAINE. Rivière de France dans le Nivernois. Elle vient de Luzi, passe à Taiz, & se mêle avec l’Arron au-dessous de Cerci-la-Tour.

ALAIGRE. Voyez Alégre.

ALAIGREMENT. Voyez Alégrement.

ALAIGRESSE. Voyez Alégresse.

ALAIN. s. m. Alanus. Nom d’homme usité sur-tout en France & en Angleterre, depuis la conquête de Guillaume. Il y a trois Ducs & quatre Comtes de Bretagne qui ont porté le nom d’Alain qui est très-commun dans cette province, dit de Valois dans sa Notice de France, parce que Aëtius y envoya Eocharic leur Roi avec sa Cavalerie, pour retenir dans le devoir les peuples de l’Armorique, auxquels dans la suite les Alains se mêlerent, ne faisant plus qu’un peuple avec eux.

Alain, s. m. Alanus. Nom de peuple de la Sarmatie d’Europe. Josephe, qui parle des Alains dans son VIIe Liv. de la guerre des Juifs, dit qu’ils étoient Scythes ; & Ptolomée les place dans la partie de la Scythie, qui est en-deçà du mont Imaüs, & d’autres dans la partie qui est au-delà de la même montagne. Cependant Lucien, dans son Toxaris, & Lucain , dans sa Pharsale, Liv. X. v. 455, les distinguent des Scythes.

Quam non violasset Alanus,
Non Scytha, non fixo qui ludit in hospite Maurus.

Josephe dit qu’ils habitoient sur le Tanaïs, & sur le Palus Méotide. Claudien le dit aussi, Liv. I. contre Rufin ; & Procope, Liv. IV. de l’Histoire des Goths, dit que les Alains, nation libre & toujours alliée aux Perses contre les Romains & leurs autres ennemis, occupent tout ce qui s’étend depuis le mont Caucase jusqu’aux portes Caspiennes. Sidonius Apollinaris les appelle aussi les habitans du Caucase dans l’Ep. I. du IVe Liv. Caucasigenas Alanos. Josephe confirme ce que vient de rapporter Procope ; car au VIIe Liv. de la guerre des Juifs, il dit que sous Vespasien les Alains ayant obtenu passage du Roi des Hircaniens, ravagerent la Médie. Martial semble les placer dans la Sarmatie , Liv. Vn. Ep. 29, en leur donnant des chevaux Sarmates : Nec te Sarmatico transit Alanus equo. Et Pacat, qui en parle deux fois dans le Panégyrique de Théodose, les joint toujours aux Goths & aux Huns. Ammien-Marcellin prétend que les Alains sont ceux qu’on appeloit auparavant Massagétes. Les Alains qui avoient ravagé la Médie sous Vespasien, ravagerent l’Empire au commencement du Ve siècle ; & s’étant joints aux Vandales, aux Suéves, & aux Goths, ils pénétrerent jusque dans les Gaules, prirent Mayence, Vormes, Amiens, & plusieurs autres lieux, passerent en Espagne & jusque dans l’Afrique. On prétend que ce fut Stilicon qui les appela ; qu’alors ils avoient quitté le Tanaïs, & demeuroient sur le Danube. Ceux qui resterent dans la Gaule, se diviserent en deux bandes. L’une se plaça le long de la Loire, sous la conduite du Roi Eocharic ; & l’autre sur le Rhône, dans le territoire de Valence, sous Sangiban. Ce furent les premiers qu’Aëtius envoya dans l’Armorique. Lucien dit que les Alains parloient la même langue que les Scythes, qu’ils n’en différoient que par les cheveux qu’ils portoient courts. Procope dit que les Alains étoient Goths. Il y a dans le Turquestan une ville nommée Alan, qui donne son nom à une province, où sont les villes de Bilcan & de Caoubari. M. D’Herbelot croit qu’apparemment c’est de-là que sont sortis les Alains. Le P. Lobineau prétend que ce nom d’Alain est un nom propre fort usité en Bretagne dans tous les temps ; qu’il peut venir de l’ancien mot Breton Allan, expliqué par celui d’Extrà, ou dehors, dans le Dictionnaire de Davies ; & que dans ce sens il signifieroit étranger. Mais ce mot n’est en Bretagne que depuis qu’Aëtius y eut envoyé une armée d’Alains pour tenir ce peuple dans le devoir. Ils s’y établirent, & c’est de-là que ce nom y devint commun. Si c’étoit les Bretons ou Armoriques qui eussent donné ce nom aux Alains, comment Josephe, Lucain, Lucien, & tant d’autres, les nommeroient-ils ainsi avant que les Armoriques eussent jamais connu aucun Alain ? Voyez sur les Alains la Notice des Gaules de M. de Valois, & Grotius dans l’Histoire des Suéves, des Goths & des Vandales. Lucain appelle Alanie le pays des Alains.

☞ ALAIRAC, ou ALERAC. Castrum Alaraci. Village de France, dans le bas Languedoc, entre Narbonne & Carcassone.

ALAIS. s. m. C’est un oiseau de proie qui vient d’Orient, qui est propre pour voler les perdrix. Il y en a d’entretenus dans la fauconnerie du Roi. Quelques-uns les appelle Alethes, ou Véritables ; car ils sont en telle réputation, qu’on croit que rien ne leur échappe. Il en vient aussi de bons du Pérou.

Alais, que quelques-uns écrivent Alès, ou Alets. Alesia. Ville de France, dans le bas Languedoc, avec titre de Comté & Evéché. Elle est sur le Gardon, aux pieds des