Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/287

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un fruit arrondi, composé de deux panneaux appliqués parallèlement sur une cloison mitoyenne qui divise ce fruit en deux loges remplies de semences menues. Tournefort. Il y a plusieurs espèces comprises sous ce genre ; ce terme d’Alysson n’est pas françois ; les Grecs l’avoient attribué à des plantes qu’ils croyoient bonnes contre les morsures des chiens enragés.

L’alysson de Dioscoride, est une espèce d’un autre genre de plante, qu’on appelle bulbonac. Lunaria. Sa racine est dure, blanche, & d’un goût brûlant. Ses feuilles sont au commencement presque rondes ; ensuite elles deviennent plus longues, & finissent en une pointe obtuse. Elles sont blanches, velues, & rudes. Ses fleurs sont en grand nombre, composées de quatre feuilles disposées en croix, & petites. Sa semence, qui est contenue dans des siliques, est de la figure d’un petit rein, élevée en lentille, & dont les bords sont déliés. L’Alysson de dioscoride s’appelle autrement, Leucoïum, Alyssoides, Clypeatum majus. Il y a une plante qu’on appelle Alysson de Galien, & qui est une espèce de Marrube.

ALYTARCHIE. s. f. Alytarchia. Charge, dignité de l’Alytarque, ou Prêtre d’Antioche. Il y avoit à Antioche des jeux qu’on appelait les jeux de l’Alytarchie : c’étoient des jeux Olympiques institués dans cette ville par Afranius, premier Alytarque l’an 260 de l’ère d’Antioche, & abolis par l’Empereur Justin, l’an 568 de la même ère, comme nous l’apprend Jean Malela dans une chronique Ms. Cet Auteur compte en ce temps 77 Alytarques : ce qui montre que l’Alytarchie duroit quatre ans comme l’Olympiade. Voyez Le Card. Noris Epoc. Syr. p. 220.

ALYTARQUE. s. m. Alytarcha. C’étoit le nom du Pontife de la ville d’Antioche, selon le Cardinal Noris, Epoch. Syr. p. 220. Une Loi du Code Théodosien, ou de Théodose, ordonne qu’il soit permis à l’Alytarque de planter plusieurs cyprès, & d’en couper un. L'Alytarque n’étoit Prêtre que de la ville d’Antioche ; celui de toute la province s’appeloit Syriaque. Voyez le Cardinal Noris à l’endroit que j’ai cité. Tout ceci néanmoins ne prouve pas que cet Alytarque fût un Prêtre, mais un Magistrat, ou Officier de la ville d’Antioche. En effet, Alytarque est un nom grec, composé de ἀλύτες, & ἀρχή. Ἀλύτες, selon l’étymologie, signifie la même chose que ραϐδόφορος, μαστυγοφόρος ; un homme qui porte une verge, une baguette, ou comme nous dirions, un Huissier à verge. Desorte que l’Alytarque, comme le témoigne encore l’Etymologiste, & comme on le voit assez, n’étoit autre chose que l’Officier qui commandoit ces Huissiers à verge.

ALZ.

ALZATO, ou ALZIA. Village du Milanez, en Italie. Alsiatum, Alcia. Il est dans le territoire de Come, au midi de la ville de ce nom. Alzato est la patrie du fameux Jurisconsulte Alcita.

ALZETE. s. m. C’est le nom que l’on donne aujourd’hui à l’ancien Azotus. Voyez Azote.

ALZIRE ou ALCIRE. Ville du Royaume de Valence en Espagne. Alzira. Elle est à six lieues au midi de Valence. Bien des Auteurs croient que c’est l’ancienne Setabicula, ou Sætabicula.

☞ ALZON. Petite rivière de France, dans le bas Languedoc. Elle prend sa source au-dessus d’Usez, & à une lieue au-dessous de cette ville, elle se joint au Gardon, avec lequel elle se perd dans le Rhône.

AMA.

☞ AMA, ou AMAN. Ville de Syrie, autrefois très-belle & très-grande, aujourd’hui à moitié ruinée. On la nommoit anciennement Apamée. Voyez ce mot.

AMAAD, ou AMAD. Ancienne ville de la Terre-Sainte. Amaad. C’étoit une ville de la tribu d’Aser. S. Jérôme l’appelle Amath.

AMABILITÉ. s. f. Qualité dans l’humeur ou dans l’esprit, qui rend une personne aimable ; caractère d’une personne aimable. Amabilitas. Ce mot n’est pas fort usité.

AMABLE. s. m. Amabilis. Nom d’homme. Saint Amable. Patron de Riom en Auvergne, vivoit au Ve siècle. Il y a encore un S. Amé, Evêque d’Oléron, Amatus, qu’on nomme quelquefois Amable.

☞ AMABYR, ou AMUABYR. s. m. Ancien mot anglois, qui signifie le prix de la virginité. C’étoit un droit qui se payoit au Seigneur dans quelques provinces d’Angleterre par celui qui épousoit la fille d’un de ses vassaux.

AMACACHE. s. m. & f. Nom de peuple. Amacaxus, a. Les Amacaches habitent au midi du Brésil.

AMACAO. C’est la même chose que MACAO. Ville d’Asie, dans une ile de de la Chine. Amacum.

AMACORE, ou AMACURA. Rivière de l’Amérique méridionale. Amacora, Amacura. Elle arrose la Caribane, & se décharge dans la mer du Nord, un peu à l’orient de l’embouchure de l’Orenoque.

AMACOZTIG. s. m. Grand arbre de la nouvelle Espagne, dont les feuilles semblables à celles du lierre, sont larges, épaisses, de couleur de pourpre, & presque faites en cœur. Le fruit qu’il porte ressemble à une petite figue. Il est aussi de couleur de pourpre, & plein de semences petites & rouges. Il y en a qui nomment cet arbre Texcalamalt, & d’autres Tepeamalt.

AMACUSA. Île du Japon. Amacusa. Elle est du royaume de Fingo, & c’est la plus grande de ce royaume. L’île d’Oyanau aboutit à celle d’Amacusa. Le Seigneur d’Amacusa est vassal du Roi de Fingo. Amacusa, dans la carte de Kœmpffer est au sud-ouest de l’île de Kiusis. Elle a au nord la partie de cette île, nommée Sen, & la ville d’Arima ; à l’orient, celle qu’on nomme Satzuma, l’île d’Amaxa entre deux ; à l’occident, Cabaxima & Cosique ; au sud, Kamiaosiki. Trois golfes qui entrent dans les terres, en forment comme trois péninsules. Kœmpffer la met sous le 159e degré de longitude, & entre le 31e 30, minutes, & le 32e de latitude.

On parle aussi d’une ville d’Amacusa, qui est apparemment la capitale de cette île. Kœmpffer ne la marque point dans sa carte.

☞ AMADABAT. Voyez Armadabat.

AMADAG. Montagne de l’Anatolie, ou Asie mineure. Stella. Elle est près de la ville d’Angouri, autrefois Ancyre.

☞ AMADAN. Pays dépendant du Roi de Perse, avec titre de royaume. Il est situé entre le royaume de Casbin & le Curdistan. La capitale, qui porte le même nom, a été autrefois plus considérable qu’elle n’est aujourd’hui. Texeira donne le nom d’Amedon au royaume & à sa capitale.

AMADÉISTE. s. m. Nom d’un Religieux Franciscain, frere Mineur d’une Congrégation particulière. La Congrégation des Amadéistes a retenu le nom de son fondateur le bienheureux Amédée, qui étoit d’une très-noble & ancienne maison de Portugal. Il commença sa réforme dans l’Etat de Milan. Il y bâtit des monastères, & établit une Custodie, dont néanmoins Paul II supprima le titre. Sixte IV, par un bref du 24 Mars 1471, accorda plusieurs priviléges à sa Congrégation. Cette Congrégation ne subsista pas long-temps. Jules Il & Léon X ordonnèrent aux Religieux de se réunir aux Observans ou aux Conventuels à leur choix. Cela n’eut point encore lieu, & ils se soutinrent jusques sous le pontificat de Pie V, qui les supprima entièrement. P. Hélyot. T. VIl C. 7, 10, 12.

AMADES, ou HAMADES. s. f. pl. Terme de Blason. Lacinia, Fascia brevior. Ce sont trois listes plates, parallèles, chacune de la largeur d’un tiers de la face traversant l’écu en même situation qu’elle, mais qui ne touchent point aux bords d’un côté ni d’autre : c’est en quoi elles différent des jumelles.

☞ AMADIE. Ville d’Asie, qui n’est qu’à deux journées de Geziré, ville de la Mésopotamie.

AMADIS. s. f. Manche d’une veste d’homme, serrée, & boutonnée sur le poignet. On lui donna ce nom, parce qu’à la représentation de l’Opéra d’Amadis, les Acteurs avoient de ces sortes de manches.