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Des Princes amoureux d’un indigne repos
Vous pouvez amuser les premières années ;
Mais je dois me hâter de former des Héros,
Dont l’univers attend ses destinées.

Amuser, signifie aussi divertir par des choses agréables, par des choses capables non-seulement de distraire l’esprit, mais encore de lui procurer du plaisir. On amuse un enfant avec une poupée. On amuse le peuple avec les spectacles. Cet homme a l’art d’amuser agréablement tous ceux qui le vont voir. Cette histoire a amusé tout le monde. En attendant le souper on amusa les convives par un concert. Oblectare, exhilarare.

Dans un roman frivole aisément tout s’excuse :
C’est assez qu’en passant la fiction amuse. Boil.

Amuser, signifie aussi, tromper, repaître les gens de vaines espérances. Ludificari. Les nobles sont sujets à amuser les créanciers, en leur promettant de les payer. Ce jeune homme amuse cette fille de l’espérance de l’épouser. Ils prétendoient nous amuser par des contes en l’air. Mol. On n’amuse pas long-temps le monde par les qualités que l’on n’a point. Wicq.

Amuser, se dit aussi au figuré des maux & des passions auxquelles on tâche de faire diversion, en s’efforçant d’occuper son esprit à quelque autre chose. Distractere, Avertere. On doit dans l’état où il est, faire tout ce qu’on peut pour amuser sa douleur, amuser son amour. Ablanc. Un malade amuse son chagrin, & se soulage en parlant de ses maux. Bell.

S’Amuser, v. récip. signifie quelquefois employer inutilement son temps à quelque chose, perdre son temps. Tempus maiè terere. Il ne faut pas s’amuser à discourir quand il faut agir. S’amuser à des bagatelles. Nugari.

☞ Souvent on le dit en bonne part, & il signifie alors s’occuper par simple amusement, & pour éviter l’ennui. Occupari. S’amuser à faire des vers. S’amuser à l’étude de la Physique, de la Géométrie. S’amuser à faire des expériences. S’amuser à analyser des plantes. Oblectare se aliquâ re.

☞ On dit familièrement, à quoi vous amusez-vous de parler à un fou, pour dire, de quoi vous avisez-vous ? Et dans le même sens, ne vous amusez pas à le plaisanter, il n’entend pas raillerie. Acad. Fr.

Amuser, se dit proverbialement en ces phrases. On dit Amuser le tapis ; pour dire, perdre le temps en vaines propositions, & ne rien conclure ; s’arrêter à plusieurs circonstances inutiles, sans venir au fait. On dit aussi, s’amuser à la moutarde ; pour dire, s’arrêter à des choses légères et utiles.

AMUSÉ, ÉE. part.

AMUSETTE. s. f. Petit amusement, bagatelles qui amusent. Nugæ. On ne s’en sert guère qu’en riant, & dans le comique. Il s’applique à mille bagatelles ; c’est pour lui une petite amusette. Les poupées sont des amusettes d’enfans. Crepundia.

AMUSEUR. s. m. Qui amuse, qui trompe par ses délais, ou par ses fausses promesses. Frustrator. Défiez-vous de cet homme là, c’est un amuseur, qui ne donne que des paroles. Il se dit peu, & jamais hors du style familier.

AMUSOIR. s. m. ou AMUSOIRE. s. f. Ils ne sont que dans le style bas. Ils signifient des choses qui amusent.

AMUY. Ville de l’Inde, au-delà du Gange. Amuya, Amuyum. Cette ville est dans les cartes de Samson, près du bord occidental du lac de Chiamay, aux confins du royaume de Kauduana, partie du Mogolistan : mais dans celles de M. De Lisle, le lac est appelé Chaamay. Il n’est point dans le Mogolistan, mais aux confins de l’Yunan, province de la Chine, & l’on n’y trouve ni le royaume de Kauduana, ni la ville d’Amuy.

AMY.

AMYANTE. s. f. Pierre incombustible, laquelle étant bouillie dans une lescive faite avec de l’indigo, autrement de la guesde, perd les parties qui la rendent aride, & après avoir été battue sous le marteau, devient si souple, qu’on la peigne, on la file, on l’ourdit, & on en fait de la toile, qui se nettoie quand on la jette dans le feu. Amiantus. Voyez Amiante.

AMYCLÉE, ou AMYCLES. Une des cent villes des Lacédémoniens. Amyclæ. Elle fut bâtie par Amyclas, fils de Lacédémon, dit Etienne de Bysance ; ainsi c’étoit de lui qu’elle tiroit son nom. C’est que Tyndare tenoit sa cour, & que Castor & Pollux furent élevés. Servius l’appelle Amycla. Est-ce un neutre pluriel, ou un féminin singulier ? c’est ce qu’on ne peut décider par son texte. En grec, c’est un substantif féminin & pluriel.

Amyclée, ou Amycles, étoit aussi une ville ancienne d’Italie. Elle étoit entre Caïéte, aujourd’hui Gaëte, & Terracine, dans ce qu’on appelle aujourd’hui la Terre de Labour. Elle doit son nom au golfe sur lequel elle étoit située : c’est celui de Gaëte, qu’on appeloit le golfe d’Amyclée. Sinus Amyclæus. Elle fut bâtie par les compagnons de Castor & de Pollux, qui lui donnerent le nom d’Amyclée du Péloponèse. Il y avoit aussi en Crète un Amyclæum, ville & port, dit Etienne de Bysance.

AMYCLÉEN, ENNE. s. m. & f. Citoyen, habitant, originaire d’Amyclée. Amiclæus, a. Les Amycléens d’Italie furent la victime de la doctrine de Pythagore. Ils aimerent mieux ignorer les entreprises de leurs ennemis, & s’exposer à périr, comme ils firent, que de rompre le silence.

AMYGDALE. s. f. se dit des petites glandes, qui sont aux côtés de la gorge, & qui ont la figure d’une amande. Tonsillæ. Les Médecins les appellent en grec παρίσθμιον, à cause qu’elles sont auprès d’une partie de la gorge qu’on appelle isime. Elles servent à arroser perpétuellement de salive la gorge, la bouche & la langue. Les amygdales filtrent le sang qui leur est porté par les rameaux des carotides ; elles en séparent les sérosités, & les déchargent dans le fond de la bouche pour humecter le larynx, &c. Dionis.

AMYGDALOÏDE. s. f. Pierre figurée, qui ressemble à un noyau d’amande, ou à une amande.

☞ AMYMONE. L’une des cinquante Danaïdes, mariée à Encelade, qu’elle tua le premier jour de ses noces, selon l’ordre de son pere. Pressée des remords de son crime, elle s’enfuit dans les forêts, où voulant tirer une flèche sur une biche, elle blessa un satyre qui voulut ensuite la violer. Neptune qu’elle implora vint la délivrer du satyre, mais il lui fit la violence qu’elle avoit voulut éviter, & il eut d’elle Nauplius. Quelques-uns placent ses amours avec Neptune avant son mariage.

☞ AMYNTIQUE. adj. Qualification qu’on donne à un emplâtre fortifiant.

AN.

AN. Les noms latins terminés en anus se terminoient autrefois en françois en an. Nos peres disoient Tertullian, Cyprian, Oclavian, &c. M. Fléchier a encore dit Florian dans l’avertissement de la vie de Ximenès, p. 14. Florian Ocampo, Historiographe des Rois Catholiques. Aujourd’hui on écrit & on prononce Tertullien, Cyprien, Octavien, Florien, &c. du même son que bien, rien, tien, &c. La règle est que quand les noms propres latins terminés en anus, ont une voyelle devant anus, comme Marcianus, Jovianus, Tertullianus, &c. on les tourne en françois en en : Marcien, Jovien, Julien, Tertullien ; mais quand il y a une consonne avant anus, on les termine dans notre langue en an : Trajanus, Trajan ; Artabanus, Artaban ; Rabanus Maurus, Raban Maure ; Herculanus, Herculan ; & au contraire Herculianus, Herculien.

AN. s. m. ou ANNÉE s. f. Termes synonymes. Mesure du temps que le soleil, ou la lune emploie pour venir au même point du zodiaque. Annus. L’année solaire est de 365 jours, cinq heures, 49 minutes, &