Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/378

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gne, d’où il passa en Angleterre, à laquelle il donna son nom. Il se divisa ensuite en Angles orientaux, East Angles, & occidentaux, Westangles.

ANGLÉ. adj. Terme de Blason, qui se dit d’une croix, ou sautoir, quand il y a des figures mouvantes qui sortent de ses angles : comme la Croix de Malte des François est anglée de quatre fleurs-de-lis. Crux cujus ex angulis lilia prodeunt.

ANGLEN. Contrée du duché de Sleswick, dans la basse Allemagne. Anglia. Il est entre la ville de Sleswick, celle de Fleusbourg, & la mer Baltique. Ce sont les habitans de ce pays qui conquirent au Ve siècle la partie méridionale de l’île Britannique, & lui donnèrent leur nom.

☞ ANGLER. v. a. En termes d’Orfévre en tabatières. C’est former exactement les moulures dans les plus petits angles du contour, à l’aide du marteau & d’un ciselet gravé en creux de la même manière que la moulure en relief, ou gravé en relief de la même manière que la moulure en creux. Cet ouvrier angle bien une tabatière.

☞ ANGLÉ, ÉE, part.

ANGLESEY. Île de la mer d’Irlande. Mona. L’île d’Anglesey est sur la côte du comté de Caërnarvan, dans la principauté de Galles, & n’en est séparée que par un petit détroit, qu’on appelle le Détroit de Menay. Les anciens Bretons appeloient cette île Mon ; les Anglo-Saxons s’en étant rendus maîtres, lui donnèrent le nom d’Anglesey.

ANGLET. s. m. Terme d’Architecture. Petite cavité feuillée en angle droit, comme sont celles qui séparent les bossages, ou pierres de refend.

ANGLETERRE. s. f. Anglia. Nom de la partie méridionale de l’île de la grande Bretagne, depuis les côtes de la Manche jusqu’au mont Chériot, & aux rivières de Solwai & de Twede qui la séparent de l’Ecosse. Les Anglois la nomment Engleland, qui est la même chose qu’en François Angleterre ; c’est-à-dire, terre des Anglois. Elle a pris ce nom des Saxons-Anglois, qui la conquirent au Ve siècle. Avant cela on avoit appelé Angleterre, Engleland, Anglia, le pays que possédoient ces Anglois, le Holstein & le Jutland ; & quelques Auteurs prétendent qu’il fut ainsi nommé du mot allemand, ou teutonique, Eng, qui signifie Angulus, angle, coin, ou Angustiæ, lieu étroit ou serré, & de land, terre, parce que ce pays étoit très-étroit. Ils veulent encore que l’Angleterre ait été appelée du même nom à cause du peu de largeur de l’île ; mais cela ne paroît pas vraisemblable ; car les Saxons durent s’y trouver fort au large, en comparaison de cette Angleterre, dont les Danois les avoient chassés : ainsi il est plus probable qu’on appela la Bretagne Angleterre, parce qu’elle étoit devenue la terre des Anglois. Ce fut Egbert, premier Roi Saxon, qui monta sur le trône en 801, qui lui donna le nom d’Angleterre. Il le préféra, dit-on, à celui de Saxe, à cause de l’allusion que S. Grégoire a faite du nom d’Anglois à celui d’Ange, en disant, Anglos esse Angelicos. Car en Saxon Engel signifie Ange, & Engelsck, Angélique. Quelques Auteurs ont cependant appelé l’Angleterre, la Saxe d’outremer, ou Saxonia ultramarina ; la nouvelle Saxe, Saxonia nova. Elle avoit été nommée d’abord Albion, & puis Bretagne, pour les raisons que nous avons rapportées en leur place. La capitale est Londres. Depuis la réunion que la Reine Anne a faite de l’Angleterre & de l’Ecosse en un seul royaume, on ne distingue plus dans ces royaumes Angleterre, ni Ecosse, on dit simplement, Grande-Bretagne. Mais les lois du Parlement n’ont point changé notre usage en France, & nous parlons encore comme auparavant. L’Angleterre a la forme d’un triangle dont la base est au midi & la pointe au nord. Elle est baignée au midi par la mer Britannique, ou la Manche ; à l’orient, par la mer d’Allemagne ; & à l’occident par celle d’Irlande ; au nord, par celle d’Ecosse. L’Angleterre est un pays fertile, commode, & dont l’air est extrêmement tempéré. Les laines d’Angleterre sont fines & précieuses. Les chevaux & les dogues d’Angleterre sont estimés. On n’y voit point d’ânes, de mulets, ni de loups, soit qu’on les ait exterminés par la chasse, ou en faisant grâce à tous les coupables condamnés à l’exil, s’ils rapportoient une certaine quantité de têtes de loups. L’Angleterre a des mines d’étain, de plomb, & de fer. Les Sciences & les Arts y fleurissent. Cambden croit que l’Angleterre fut autrefois jointe à la France ; sa raison est que la mer est fort basse entre Calais & Douvres. L’Angleterre est une Monarchie, à laquelle les femmes succedent au défaut des mâles. Sur un passage de Corneille Tacite, qui dans la vie d’Agricola son beau-pere, parle de Voadica, femme du Sang royal, on prétend que les Anglois n’ont jamais mis de différence entre les hommes & les femmes, pour ce qui regarde l’Empire. On dit même que 800 ans avant cette Voadica, qui vivoit sous l’Empereur Claude, la Reine Cordeille avoit glorieusement rempli le trône. Larr. Tout cela sent bien la fable. Tacite ne dit pas même que Voadica régnât ; mais qu’elle se mit à la tête de ceux qui se révolterent contre les Romains. Quoiqu’il en soit de ces premiers siècles, depuis long-temps les lois d’Angleterre appellent les femmes à la succession du royaume au défaut des mâles.

L’Angleterre a été soumise à cinq peuples différens. D’abord les Bretons, nation Gauloise, y passerent, & s’y établirent ; on ne sait pas en quel temps. Il y a sur cela, & sur le nombre des Rois Bretons, mille contes dans les histoires anciennes d’Angleterre. Il est étonnant que le nouvel Historien (Larrey) ait adopté toutes ces fables. Jules-César soumit les Bretons aux Romains, dont ils furent tributaires jusques vers l’an 446. Pour se délivrer de ces maîtres, ils appellerent les Pictes d’Ecosse, qui après avoir chassé les Romains, dominerent dans la Bretagne. Pour chasser les Pictes, on appela les Saxons, qui au VIIIe siècle se rendirent maîtres de la Bretagne. Aux Saxons succéderent les Danois, que Guillaume le Conquérant subjugua à son tour, l’an 1066. Sa postérité règne encore en Angleterre, qui malgré la conquête des Normands, a toujours conservé jusqu’ici le nom que les Saxons lui avoient donné.

Les principaux Historiens d’Angleterre sont Béde, Guillaume de Malmesbury, Roger Hoveden, Henri Huistington, Ethelvard, Indulphe, Jean Asser, Matthieu Paris, Thomas Walsinghan, Thomas Morus, Matthieu de Westminster, Ranulphe de Chester, Froissard, Polydore Virgile, Cambden, Speed & Hume. Pour bien connoître ceux qui ont écrit de l’Angleterre, il faut voir l’excellent ouvrage de M. Nicolson, Evêque de Carlisle, intitulé, The English Historical Library ; c’est-à-dire, Bibliothèque historique d’Angleterre, en deux volumes, dans lesquels il fait le dénombrement & la critique de tous les Auteurs qui ont écrit sur l’Angleterre. Nous avons en notre langue une Histoire d’Angleterre, d’Ecosse & d’Irlande par Du Chesne, & une par Du Verdier. Les Révolutions d’Angleterre, par le P. d’Orléans, ouvrage estimé, même des Protestans, & une Histoire générale d’Angleterre, par Larrey, en quatre volumes in-folio ; mais il y a tant de fables, tant de passion, non-seulement dans les matières de religion, mais en tout, & principalement contre la France, qu’elle n’est pas supportable. L’histoire des derniers règnes n’est qu’une compilation des Gazettes & des Satyres écrites en Hollande.

Nouvelle Angleterre. Anglia nova. C’est une contrée de l’Amérique méridionale. Elle est bornée au nord & au couchant par la nouvelle France ; au midi, par la nouvelle Yorck, ou les nouveaux Pays-bas ; & au levant, par la mer du Nord, ou l’Océan. Les habitans naturels de la Nouvelle Angleterre, sont les Almouchiquois. La capitale est Baston.

☞ ANGLEUX, EUSE. adj. Il ne se dit guère que des noix dont la substance est tellement enfermée dans de petits angles ou coins, qu’il est difficile de l’en tirer. Nux lignosa, angulosa. Angleux vient d’angle, & signifie, qui a beaucoup d’angles, de coins & de recoins.

ANGLICAN, ANE. adj. D’Angleterre, qui appartient à l’Angleterre. Il ne se dit que de la Religion & de l’Eglise. En d’autres matières il faut dire Anglois, An-