Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/381

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dent cet arbre comme le symbole de la royauté, à cause que ses fleurs sont attachées à ses branches en forme de diadème. Le suc qu’on tire de sa racine par expression, tue les vers, purge les humeurs flegmatiques & bilieuses, & évacue l’eau des personnes qui sont attaquées de l’hydropisie. On prétend que sa racine réduite en poudre, est bonne contre la morsure des serpens & autres bêtes venimeuses.

ANGON. s. m. Jaculum, Spiculum. Espèce de javelot dont se servoient les anciens François. L’angon se dardoit de loin : le fer de ce javelot ressembloit à une fleur de lis. Le Gendre. Une opinion sur les armes de nos Rois, est que ce ne sont véritablement ni les lis de marais, ni de jardin, mais le fer de l’angon, ou javelot des anciens François. La pièce du milieu étoit droite, pointue & tranchante ; les deux autres qui l’accompagnoient étoient renversées en croissant : une clavette lioit ces pièces, ce qui faisoit ce qu’on dit, le pied de la fleur de lis. Id.

☞ ANGON. Ville allez considérable des Indes, dans le royaume de Camboye, assez près du pays de Laos.

☞ ANGOO, ou ANGOCHE, Royaume d’Afrique, situé près d’un bras du Cuama. Le Roi est Mahométan. Ses sujets font un grand commerce en or, en ivoire, en étoffes de soie & de coton, & en grains d’ambre.

ANGOTE. Province d’Abyssinie, qui a titre de royaume. Angota, Regnum Angotanum. Elle est entre les royaumes de Tigre, de Bagamédri, de Balaguenze, de Xoa, de Fatigar & de Dobas.

ANGOULÊME. Inculisma, Engolisma, Ecolesina, Æquolesina, Aquilimensis, Ratiastum. Ville épiscopale de France, capitale de l’Angoumois, avec le titre de duché. Les deux Historiens d’Angoulême, Corlieu & Maichin, l’écrivent toujours par un A. La ville d’Angoulême n’a pas toujours été appelée d’un même nom ; car il paroît par les monumens & titres anciens, & par les légendes des pièces de monnoie que faisoient battre les Comtes d’Angoulême, qu’elle a été quelquefois nommée Icolisma, Engolima, Angolia, Equalisma, & Engolessima ; d’autres fois Engolma, & Egolesma, et enfin Engolesma, Angoulême. Maichin, Corlieu. Ausone l’appelle Icnusa, Ep. 15. Mais Hélie Vinet, en son discours de la ville d’Angouleme, assure qu’il doit y avoir Icolisma, & qu’il l’a ainsi trouvé dans les vieux exemplaires d’Ausone écrits à la main. Id. S. Ausone est le premier Evêque d’Angoulème. Maichin prétend que ce Saint fut disciple de S. Martial, qui l’avoir été de Jésus-Christ, & qui ayant été envoyé par S. Pierre dans les Gaules, fut Evêque de Limoges. Corlieu, dans son Histoire d’Angoulême, ne place l’un & l’autre que sous l’Empereur Déce, suivant en cela le sentiment de Grégoire de Tours. Voyez Martial. Angoulême est une ville très-ancienne, située sur une montagne, dont la Charente baigne le pied, & qui forme une espèce de longue plaine entre cette rivière, & celle d’Anguienne. L’Evêque d’Angoulême est suffragant de l’archevêché de Bordeaux. L’Histoire d’Angoulême a été écrite par François de Corlieu : elle est intitulée, Recueil en forme d’Histoire de ce qui se trouve par écrit de la ville & des Comtes d’Angoulême. La seconde édition est augmentée par Gabriel de la Charlonie, in-4°, à Angoulême, 1629.

ANGOUMOIS. s. m. Engolismensis ager. Province de France : Angoulême en est la capitale, & lui a donné la dénomination. Maichin. Corlieu écrit Engoumois. La Charente a sa source dans l’Angoumois, & en baigne une partie. Armand Maichin a écrit l’Histoire de Saintonge, Poitou, Aunis, & Angoumois, imprimée in-fol. à saint Jean d’Angeli, 1671. Le pays royal d’Angoumois, contient, au rapport de Corlieu, 20 lieues de long, & environ 15 à 16 de large. Il est borné à l’orient par le Limousin, par la Saintonge à l’occident, au midi par le Périgord, & le Poitou au septentrion. Maichin. Durant le règne de Charlemagne, l’Angoumois fut uni à la maison de Poitou, par le délaissement qu’en fit ce Monarque en faveur d’Abbon ou Albon, premier Prince du sang, en 778. Id. Bien que l’Angoumois fût originairement une portion & une dépendance de l’Aquitaine, néanmoins il n’a jamais reconnu d’autre juridiction souveraine que celle du Parlement de Paris.

ANGOUMOISIN, INE. s. m. & f. & adj. Inculismensis. Qui est de l’Angoumois : Pline, au Liv. IV. de son Hist. nat. ch. 19, parle de certains peuples d’Aquitaine, nommés Agesinates, qui étoient proches voisins de ceux de Poitou. Ces peuples-là sont indubitablement les Angoumoisins, & non pas ceux du pays d’Agénois, qui sont fort éloignés de la province de Poitou. Maichin. Corlieu, dans son Histoire d’Angoulême, écrit Engoumoisin.

ANGOURE DE LIN, en latin Angina lini. C’est une espèce d’épithym, qui croît sur la plante dont on fait le lin. Les Epiciers-Droguistes l’appellent ordinairement Cuscute. Voyez ce mot.

ANGOURI Voyez Ancyre.

ANGOURIA. s. m. Espèce de melon d’eau, que les Grecs nomment ainsi. Les Turcs l’appellent Schamcaouni, le melon de Damas ; & les Arabes fegg’a Rhatihkh al hindi, le melon des Indes. D’Herb.

☞ ANGOY. Petit royaume d’Afrique, sur la côte de Congo, au nord de l’embouchure de Zayre qui le borne au midi & à l’orient. Il a l’Océan au couchant, & le royaume de Cacondo l’enferme au nord.

ANGRA. Ville de l’île Tercère, l’une des Açores. Angra. Elle est sur la côte méridionale de l’île, où elle a un bon port, une citadelle, & un évêché. Angra est la capitale de toutes les Açores.

☞ Le mot Angra, dans la langue Portugaise, signifie une espèce de petit golfe, dont l’entrée est plus étroite que le fond. Comme ce sont les Portugais qui ont découvert les côtes occidentales & méridionales de l’Afrique, ils ont donné les noms à quantité de lieux, que nous avons conservé sur nos cartes. Celui d’Angra est commun à plusieurs petits golfes dont nous ne parlerons pas ici.

☞ ANGROIS. s. m. Nom qu’on donne aux petits coins qui servent à serrer & à affermir le manche d’un marteau avec le marteau même, en les insérant dans le bout du manche, ou entre le manche & les parois de l’œil du marteau. Encyc.

ANGSANA. s. m. Arbre qui croît dans les Indes Orientales, La partie qu’on emploie dans la Médecine, est une liqueur qui en découle par une incision qu’on y fait, & qui forme, lorsqu’elle est condensée, une larme de couleur rouge, enveloppée dans une écorce déliée ; c’est dans cet état qu’on la vend dans les boutiques. On prétend que cette gomme est astringente, & qu’elle est un excellent remède pour les aphthes.

ANGUICHURE. s. f. Espèce de baudrier qui sert aux veneurs à porter un cor de chasse.

ANGUIEN, ou ENGUIEN. Angia, Anghia. Petite ville des Pays-Bas, entre Mons & Bruxelles. Les gens du pays écrivent Enguien. Anguien est la première baronnie du comté de Hainaut. La baronnie d’Anguien tomba dans la maison de Bourbon, par le mariage de Marie de Luxembourg, Comtesse de S. Paul, Dame d’Anguien, avec François de Bourbon, qui sous le nom de Comte d’Anguien, remporta la bataille de Cerisolle en 1544. La baronnie d’Anguien étant échue en partage à Antoine de Bourbon, Roi de Navarre, Louis de Bourbon, premier Prince de Condé, son frere, en fit transporter le nom à Nogent le Rotrou au Perche, qu’il fit nommer Anguien le François. Henri IV vendit à Charles de Ligne, Comte d’Aremberg, la ville d’Anguien en Hainaut. Henri de Bourbon, IIe du nom, Prince de Condé, ayant échangé Nogent Anguien avec le Duc de Sully, il fit donner le titre de duché d’Anguien à la baronnie d’Issoudun en Berri, & ensuite il a été transféré au duché de Montmorenci. Les fils aînés des Princes de Condé portent le nom de Duc d’Anguien. Le Grand Condé n’étoit encore que Duc d’Anguien, quand il gagna les batailles de Rocroi & de Nortlingue.

ANGUILLADE. s. f. Coup de fouet, & se dit particulièrement de ceux qu’on donne avec une peau