Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/387

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ser les vents. On en met dans les médecines, & c’est un des correctifs du séné.

Anis, est aussi une dragée dans laquelle on enferme un grain d’anis. Anisum saccaro conditum. L’anis de Verdun est le plus estimé.

Anis de la Chine ou de Sibérie. s. m. C’est une semence qui a la figure & la grosseur de celle de la coloquinte, la couleur tannée & luisante, l’odeur & le goût semblable à celui de l’anis, mais plus fort. Elle naît dans une capsule épaisse & dure, qui a la forme d’une étoile à sept rayons, chacun desquels contient une semence. On appelle cette capsule, Fructus stellatus. Elle est attachée à un arbre qui croît à la Chine : on en apporte quelquefois en France, mais elle y est rare. Les Orientaux & les Hollandois en mêlent dans leur sorbet & dans leur thé, pour les rendre plus agréables. On apporte aussi de son bois en Europe, en grosses buches grisâtres, ayant l’odeur de l’anis, pour quoi on l’appelle bois d’anis. Ses propriétés approchent de celles de la semence, mais il n’est employé que par les Ebénistes & les Tabletiers. Lémeri.

Anis aigre. s. m. C’est une sorte de graine que l’on appelle aussi Cumin.

Anis. Montagne du Vélay, dans les Cévennes. Anicius. Dans l’usage on ne dit point ce nom seul, on dit, le Mont Anis, comme le Mont Cénis, le Mont d’Or, &c. Le Puy est sur le Mont Anis, comme autrefois l’ancien Ruissium.

Pomme d’Anis. Espèce de poirier, & de pomme, dite autrement, le Fenouillet. Voyez Fenouillet.

☞ ANISER. v. a. Mettre de l’anis, une couche d’anis sur quelque chose. Gâteau anisé. Acad. Fr.

☞ ANISÉ, ÉE. part. Eau anisée. C’est-à-dire, eau dans laquelle il entre de l’anis.

☞ ANISETTE. s. f. Terme vulgaire, qui signifie de l’eau, dans la composition de laquelle il entre de l’anis. C’est la même chose qu’eau d’anis.

ANK.

ANKER. s. m. Mesure des liquides, dont on se sert à Amsterdam. L’anker est la quatrième partie de l’aëm, & contient deux stekans. Chaque stekan fait seize mingles ou mingelles ; chaque mingle est de deux pintes de Paris : ensorte que l’anker contient soixante-quatre pintes de cette dernière mesure.

☞ ANKING. Ville de la Chine, dans la province de Nankin. On la nomme aussi Chichen, & Anhing. Elle n’est éloignée de Tonglou que de six lieues.

ANKYLOGLOSSE. (L’Académie écrit Ankiloglosse). s. m. Ankyloglossum. Vice du filet ou ligament de la langue, qui est trop court de naissance, ou endurci par quelque cicatrice : il cause une grande difficulté de parler. Ce mot est composé du grec, ἀγϰύλος, resserré, contracté, & de γλῶσσα, langue. P. Eginéte appelle aussi ce mal Ancylion, ἀγϰύλιον.

ANKYLOSE. s. f. ☞ L’Académie écrit Ankilose. Privation de mouvement dans les articulations. Ankylosis. L’ankylose est lorsque la liqueur glaireuse, qui sert à faciliter les mouvemens de la jointure, venant à s’épaissir par son abondance, colle les têtes des os avec leurs cavités, & cette union s’appelle Ankylose, qui est une maladie des os très-difficile à guérir dans les anciennes luxations. Dionis. Ce mot est grec, ἀγϰύλωσις, qui vient d’ἀγϰύλη, qui signifie une dureté, ou calus dans la jointure. Au reste, c’est mal écrire, que d’écrire anchylose, avec M. Dionis, comme si l’on disoit en grec ἀγχύλωσις, & non pas ἀγϰύλωσις. Dans ces occasions il faut se servir du K.

ANN.

ANNA. s. f. Anna. Terme de Mythologie. Déesse qui présidoit aux années, & qui avoit pris de-là son nom. Quelques-uns prétendent que c’est la sœur de Didon, dont il est parlé dans le IVe Liv. de l’Enéide. On dit qu’après la mort de sa sœur, Hiarbas, Roi des Gétules, s’étant rendu maître de Carthage, elle quitta l’Afrique, & se retira chez Battus, qui regnoit dans l’île de Malte ; que Pygmalion étant survenu quelque temps après avec une flotte, Battus la pria de se retirer ; qu’elle passa en Italie, où Énée la reçut très-bien, mais que la jalousie de Lavinia, femme d’Énée, l’obligea de s’échapper, & de se jeter dans le fleuve Numicius, aujourd’hui Nemi, & que dans la suite on la déifia. Voyez Ovide. Fast. Liv. III, v. 653 & suiv. D’autres disent que la Déesse Anne est la lune, parce qu’elle fait l’année par ses révolutions. D’autres, que c’est Thémis, d’autres Io, d’autres celle des Atlantides, qui avoit alaité Jupiter. Voyez Ovide, à l’endroit cité.

Anna. Ville située sur l’Euphrate, aux confins de l’Arabie heureuse & de l’Arabie déserte ; de-là vient que quelques-uns la placent dans celle-ci, & d’autres dans celle-là. Elle est partie du côté de la Mésopotamie, & partie du côté de l’Arabie.

Anna. s. m. Petite bête du Pérou, dont il sort une odeur qui infecte les lieux où elle passe les nuits.

ANNA PERENNA. s. f. Terme de Mythologie. Déesse des Romains. Anna Perenna. C’étoit une bonne vieille qui demeuroit sur le mont Aventin, & qui dans la retraite que fit le peuple Romain sur cette montagne, lui fournit des vivres. En reconnoissance de ce service, elle fut divinisée.

ANNABASSES. s. f. pl. Espèce de couvertures, ou de pagnes qui se font à Rouen, & en Hollande.

ANNABERG. Bourg de la haute Saxe. Annaberga. Il est dans la Misnie, près de la rivière de Schop, aux confins de la Bohème, assez près de Mariemberg, & au midi de la ville de Meisson, sur la montagne de Schéneberg. Des mines qui sont dans son voisinage, & celles de Mariemberg, rendent Annaberg considérable.

ANNACIOUS. (les) s. m. & f. Peuple de l’Amérique méridionale. Annaciugus, a. Les Annacious habitent près du gouvernement de Porto Séguro, dans le Brésil.

ANNAL, ALE. adj. Qui ne dure qu’un an, qui n’est valable que pendant un an. Annuus, annalis. C’est une commission annale. On le dit aussi de tout ce qui revient tous les ans. Une fête annale. Les Lettres de Chancellerie sont annales, ne valent rien après un an, comme Committimus, relief d’appel, & autres : il faut obtenir des lettres de surannation après l’an. Les arrêts pour les tailles sont la plûpart réputés annaux

Loi Annale. Lex annalis. Les Romains donnoient ce nom à la loi qui marquoit l’âge qu’il falloit avoir pour entrer en Magistrature. Il falloit 18 ans pour être Chevalier Romain, & 25 pour obtenir le Consulat.

ANNALES. s. f. pl. Histoire qui décrit les événemens année par année. Annales. Les annales ecclésiastiques de Baronius. Les annales de France. Les annales de Corneille Tacite.

On rapporte plusieurs différences entre les annales & l’histoire. Aulugelle, Liv. V, ch. 18, dit, que quelques-uns prétendent que l’histoire est proprement le récit des choses auxquelles l’écrivain a assisté, qu’il a vues. Il ajoute, que Verrius Flaccus doutoit que cette opinion fût vraie, quoiqu’il avouât qu’elle étoit fondée sur l’étymologie & l’origine du nom histoire. Car, disoit-il, histoire en grec signifie la connoissance des choses présentes ; & en effet, ἱστορεῖν, en grec signifie, voir. Servius, sur le v. 377 du premier Liv. de l’Enéide, rapporte cette différence, & appuie sur cette étymologie. Au contraire les annales, dit-il, sont ce que l’on n’a point vû de nos temps : ainsi, poursuit-il, l’ouvrage de Tite-Live est partie histoire, partie annales. Il semble que Tacite ait aussi été de ce sentiment ; car il intitule la première partie de son ouvrage annales. C’est qu’il y parle des temps qui l’avoient précédé. Et la seconde partie, où il décrit les affaires de son siècle, il l’appelle Histoire. Aulugelle est d’un autre sentiment. Il prétend que histoire & annales, ne différent que comme le genre & l’espèce. L’histoire est le genre, & c’est la narration, ou l’exposition des choses passées. Annales est l’espèce, & c’est la même chose, mais rédigée par ordre des années, de même que Journal, est la même chose digérée selon l’ordre des jours. Le même Auteur rapporte une autre diffé-