Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/395

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déclarer les événemens futurs. Prædicere, Prænunciare. Les Prophètes ont annoncé Jésus-Christ pendant plusieurs siècles. L’Ange vint annoncer à la sainte Vierge, qu’elle concevroit un fils.

Annoncer se dit encore de l’avis que vient donner un domestique, qu’il y a quelqu’un à la porte, ou dans l’anti-chambre, qui demande à entrer, à voir le maître ou la maîtresse, à leur parler. Nuntiare, monere, significare. Les domestiques annoncent à leurs maîtres les gens qui viennent les voir. Il faut être bien familier pour entrer sans se faire annoncer.

ANNONCÉ, ÉE. part.

ANNONCEUR. s. m. Qui annonce quelque chose. Ce mot ne se dit guère que du Comédien qui fait les annonces des pièces. Hola hô, M. l’Annonceur, un petit mot, s’il vous plaît. Regnard.

Cotgrave, qui a mis ce mot dans son Dictionnaire, lui donne une signification plus étendue, & l’entend généralement de toute personne qui annonce quelque chose. ☞ Si on peut l’entendre ainsi, au moins il n’est pas en usage.

ANNONCHALIR, S’ANNONCHALIR. Vieux mot. Perdre courage, tomber dans une manière d’indolence, de langueur. ☞ Il est absolument hors d’usage.

ANNONCIADE. s. f. Ordre Religieux institué en 1232, par sept marchands Florentins, auxquels se joignit peu après Saint Philippe Béniti ou Bénizi, qui passe pour le Fondateur. Ordo virorum religiosus, ab annunciata Virgini Incarnatione dictus. On le nomme aussi l’Ordre des Servites, Servitarum Ordo, ou des Serviteurs de la Sainte Vierge, Servorum B. Virginis.

Annonciade, est aussi un Ordre de Chevalerie, institué en 1355. Miræus, Orig. Ord. Equest. L. II, ch. 4, dit en 1350, & Bernardo Justiniani, Hist. di tutti gl. Ord. Milit. ch. 58, dit en 1360, par Amédée VI, Comte de Savoie. Militaris Ordo salutatæ ab Angelo Virginis nomen consecutus. Il fut d’abord appelé l’Ordre du Lacs d’amour, à cause d’un bracelet de cheveux, tressé en lacs d’amour, qu’une femme présenta au Comte de Savoie. Le collier étoit composé de roses d’or, émaillées de rouge & de blanc, & jointes par des lacs d’amour, & portoit un S. Maurice, patron de la Savoie. Amédée VIII, Duc de Savoie, lequel fut élû Pape par le concile de Bâle, sous le nom de Félix V, changea, en 1494, l’Ordre du Lacs d’Amour en celui de l’Annonciade, & fit mettre l’image de la Sainte Vierge, en place de S. Maurice ; & au lieu de Lacs d’Amour, il fit mettre des cordelières. On y ajouta les paroles de la salutation Angélique. Voyez Joseph de Michiéli, Thesoro Militar. Andrea Mendo, De Ordin. Militarib. Soranzo, l’Idea del Cavaliere : Catamuel, Theol. Regolar. p. 9. Bernardo Justiniani, Hist. dell’ origine de Cavaleri, ch. 58. Foranzo, Menenio, Sansovino, &c.

Annonciade. Ordre de Religieuses, fondé à Bourges en 1448, par la bienheureuse Jeanne, Reine de France, fille de Louis XI, & femme de Louis XII, après qu’elle eut été répudiée de son consentement par ce Prince, avec la dispense d’Aléxandre VI. Le premier Couvent de l’Annonciade est à Bourges, & s’appelle aussi l’Annonciade, du nom de l’Ordre. Il fut achevé d’être bâti en 1503. Par contrat du 15 Novembre de la même année, la bienheureuse Jeanne donna des biens pour l’entretien des Mere Ancele et Religieuses ; & Louis XII confirma cette donation par Lettres du mois de Décembre suivant. Par Lettres du jour de la Présentation de N. Dame 1504, la fondatrice ratifia la première donation, & en fit d’autres ; & par son testament du 10 Janvier 1504, elle choisit sa sépulture dans le chœur des Religieuses de l’Annonciade de Bourges. Ce sacré dépôt y fut jusqu’en 1562, que trois soldats huguenots l’en tirèrent, & la brûlerent publiquement. Annonciades de Lombardie. Voyez Ambrosienne. Les Religieuses de l’Annonciade s’appellent aussi des dix Vertus, & non pas des douze Vertus, comme a écrit depuis peu un de nos Auteurs ; il semble par le testament de la bienheureuse fondatrice, que ce soit à cause des dix Vertus, qui éclatent principalement dans les dix mystères de la sainte Vierge, que l’Eglise célèbre dans ses dix fêtes. Voyez la Thaumasière, Hist. de Berri, Liv. II. ch. 39. Voyez aussi le P. Hélyot, T. VII. p. 339 & suiv. Le Pape Aléxandre VI confirma la règle de ces Annonciades l’an 1501. Leur habillement consiste en une robe grise, un scapulaire d’écarlate, une simarre bleue, & un manteau blanc. Id. Les Religieuses de l’Annonciade sont habillées de gris, ont un scapulaire rouge, & portent une croix d’or ou d’argent doré pendue au cou, & un anneau d’or au doigt. Leur règle, fondée sur l’imitation des vertus de la Sainte Vierge, a été approuvée par Jules II & Léon X.

Annonciade. Autre Ordre Religieux de filles, appelées aussi les Célestes, Cœlestes, Cœlestinæ, fondé à Gènes en 1600 ou 1604, selon Spond, par une Dame Génoise, veuve, nommée Marie-Victoire Fornari, qui mourut en 1617. Le P. Bernardin Zénon, Jésuite, son confesseur, fit les constitutions de cet Ordre en 1602. Clément VIII l’approuva sous la règle de S. Augustin, & avec le titre d’Annonciade. Clément VIII approuva aussi les constitutions ; Grégoire XV, Clément VIII, en 1631, & Paul V, les confirmerent. Leur habillement consiste en une robe blanche, un scapulaire, une ceinture & un manteau bleu, qui leur a fait donner le surnom de Célestes. Voyez sur ces deux Ordres la vie de la B. Jeanne, édition d’Attichius, & Henschenius, Act. Sanct. Féb. T. I. p. 575, 576 & Mirœus, Lib. de Ordine Annunciatarum.

Il y a encore une Confrérie de l’Annonciade fondée à Rome en 1468, par le Cardinal de Turrecremata, pour marier de pauvres filles. Elle a été érigée depuis en Archiconfrérie, & est devenue si riche, que tous les ans le jour de l’Annonciation elle donne des dots de 60 ecus romains chacune à plus de 400 filles, avec un habit de serge blanche, & un florin pour des pantoufles.

On ne dit jamais Annonciade sans article, mais toujours l’Annonciade avec l’article, & l’on prononce comme si l’on écrivoit la Nonciade.

ANNONCIATEUR. s. m. Annunciator. C’est le nom d’un Officier de l’Eglise de Constantinople. C’étoit à l’Annonciateur à avertir le peuple des fêtes qu’il falloit observer. Voyez l’Eucologe sur les Officiers de l’Eglise de Constantinople.

ANNONCIATION. s. f. Nouvelle que l’Ange Gabriel apporta à la sainte Vierge du Mystère de l’Incarnation. Annunciatio futuræ Incarnationis Verbi, ou divino satu prægnationis. On le dit aussi de la fête où on célébre ce mystère, qui est le vingt cinquième de Mars. Salutatæ ab Angelo Virginis anniversarius dies. Marguerite d’Autriche, Reine d’Espagne, femme de Philippe III, servoit à table neuf pauvres femmes tous les ans le jour de l’Annonciation. La fête de l’Annonciation est très-ancienne dans l’Eglise Romaine. Le Sacramentaire du Pape Gélase I, montre qu’elle étoit établie à Rome au temps de ce souverain Pontife, qui succéda au Pape Félix en 492, & mourut en 496. Parmi les Sermons de S. Augustin, qui mourut en 430, il y en a deux sur l’Annonciation, le 17 & le 18, de Sanctis. Dans l’Eglise grecque nous en trouvons des preuves encore plutôt. Non-seulement S. Basile de Séleucie, mort en 455. Proclus P. C. mort en 446, mais encore S. Jean Chrysostôme, mort en 407, S. Grégoire Thaumaturge, Evêque de Néocésarée, mort en 295, à qui Vossius, outre deux Homélies sur la fête de l’Annonciation, qui sont dans ses ouvrages, en attribue encore une, que d’autres donnent à S. Jean Crysostôme : tous ces Peres, dis-je, ont des discours sur l’Annonciation. Les Grecs appellent cette fête Εὐαγγελισμὸς, bonne Annonciation, & χαιρετισμὸς, Salutation. Personne ne doute que dans l’Eglise grecque, depuis le concile de Constantinople, in Trullo, l’Annonciation ne fût une fête. Voyez le Canon 52 de ce Concile, Zonaras, sur ce Canon ; & dans l’Eglise latine depuis le milieu du septième siècle, puisque le dixième Concile de Tolède tenu en 659 en parle. Mais un Auteur moderne prétend qu’avant le Concile in Trullo, tenu selon lui en l’an 692, on ne trouve point dans l’Eglise grecque de mention de la fête de l’An-