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villes. Etienne compte jusqu’à douze aphrodisiades. La ville de Carie qu’on nomme aujourd’hui par corruption, Apodisia, ou, selon d’autres, Abodisia, se nommoit autrefois Aphrodisias. Elle est au 58e d. 40 m. de longitude, & au 38e. d. 10 m. de latitude, & a eu un Evêque.

APHRODISIE. Aphrodisia. Île de la mer persique.

Aphrodisie. Aphrodisium. Ville d’Afrique, proche d’Adrumète ; & d’une autre de Chypre au nord, à neuf milles de Salamine ; & d’une ville d’Espagne, qui donnoit aussi son nom au promontoire sur lequel elle étoit située.

APHRODISIES. s. f. pl. Fêtes de Venus établies dans la plupart des villes grecques. Ἀφροδίσια. Aphrodisia. Les plus célébres se faisoient dans l’île de Chypre. Le Scholiaste de Pindare (Pyth. Od. 2) dit qu’elles y avoient été instituées par Cinyras, dans la famille duquel on choisissoit les prêtres de la Déesse qui en portoit le nom de Κινυραδαι. C’étoit durant cette fête, que l’on pouvoit se faire initier aux mystères de Vénus. Ceux que l’on y admettoit, offroient une pièce de monnoie à Vénus Courtisane, qui pour les récompenser, leur rendait une mesure de sel, & une figure impudique, appelée Phalle. S. Clément d’Alexandrie, in Protreptico. Arnobe, l. 5.

A Amathonte, ville de Chypre, on faisoit à Vénus des sacrifices solemnels, que, selon Hésychius, on appeloit Καρπώσεις, du mot Καρπός, fruit, peut-être à cause que cette Déesse présidoit à la génération.

Selon Strabon, l. 14, ces fêtes étoient célébrées par les habitans de l’ancienne & de la nouvelle Paphos, qui étoient éloignées de soixante stades.

Athénée, liv. 13, nous apprend qu’à Corinthe les honnêtes femmes & les Courtisanes célébroient séparement les aphrodisies. Erasme dans ses Adages, remarque que Corinthe abondoit en filles de joie, & que le verbe Κορινθιάζειν, signifioit proverbialement, se livrer à la débauche. Le Scholiaste d’Aristophane, ad Plutum, parle, de six fameuses courtisanes de cette ville : Laïs, Cyrènen, Leœna, Sinope, Pyrrhine & Sicyone. Vénus y avoit un temple magnifique, où l’on venoit de tous côtés apporter des offrandes.

APHRODITE. s. f. Aphrodite, Venus. Nom de Vénus. Il est pur grec, & vient de ἀφρός, écume ; parce que les Poëtes, & entre autres Hésiode, dans sa Théogonie, v. 19 & 198, feignent qu’elle naquit du sang qui découla de la plaie que Jupiter fît à Saturne, mêlé avec l’écume de la mer. Ce mot ne se dit guère dans les autres langues, & point du tout en françois.

C’étoit aussi le nom d’une danse chez les Anciens, dans laquelle on représentoit Vénus.

APHRODITE. Aphrodites. Ville d’Afrique vers l’Ethiopie.

APHRODITIE. Aphroditia. Petite région de la Laconie.

☞ APHRON. Espèce de pavot sauvage, dont Pline fait mention.

APHRONILLE. s. f. Plante. Elle pousse des feuilles dès sa racine ; elles sont plus longues, & plus étroites que celles du poireau. Ses racines sont piquantes & amères : quand on les prend en breuvage, elles provoquent l’urine.

APHRONITRE. s. m. Aphronitrum. Ecume de nitre, c’est-à-dire, ce que le nitre a de plus subtil, & de plus léger. L’aphronitre n’entroit point dans la Médecine du temps de Galien. Il étoit seulement à l’usage des baigneurs, qui l’employoient à frotter le corps des personnes qui prenoient le bain. Selon Pline, il s’apportoit d’Asie à Rome, & il se formoit dans des cavernes ; une partie se ramassoit encore attachée aux parois, & l’autre déjà tombée en bas.

Gauthier Christophe Schelhammer, dans un Traité qu’il a fait du nitre, parle de l’aphronitre au c. III, & taxe d’une grande ignorance ceux qui ne distinguent point ἀφρόνιτρον, l’aphronitre, ou le nitre écumeux, de l’ἀφρὸς νίτρου, l’écume de nitre. Ignorance néanmoins qui leur est commune avec les Médecins Arabes, avec Pline & Martial ; mais Dioscoride, Sallien, Ætius, Eginète les distinguent.

APHTHARTOCITE. s. m. & f. Aphthartocita. Nom d’hérétiques. Les Aphthartocites, ennemis jurés du Concile de Chalcédoine, sortis des Eutychiens, parurent vers l’an 535. Ce nom vient du grec ἄφθαρτος incorruptible, & δοϰέω, je juge, il me paroît ; & il leur fut donné parce qu’il leur paroissoit que le corps de Jésus-Christ étoit incorruptible & impassible, & qu’ils ne concevoient pas qu’il eût pu mourir, Voyez Sandérus, hér. 109, & Baronius à l’an 535. Les Jésuites d’Anvers, Act. Sanct. April. Tom. I, p. 559, prétendent que c’est une faute de dire aphthardocite, & qu’il faut dire aphtartodocite. Et en effet, Eustathius, Auteur de la vie de S. Eutychius P. C. là même p. 558, B. dit aphtartodocitas ; & l’on reprend Lipoman & Surius d’avoir imprimé aphthardocitas.

APHTE. s. m. Aphta, Lactucimen. Terme de Médecine. Les aphtes sont certains ulcères qui naissent dans la surface intérieure de la bouche, & qui ont quelque chose de chaud. Les aphtes ne sont pas des ulcères profonds : ils se forment en quelque partie que ce soit de la bouche, dans le palais, aux gencives, aux côtés, à la racine de la langue. Les enfans, sur-tout ceux qui sont à la mammelle, sont fort sujets aux aphtes, lorsque le lait de la nourrice est corrompu, ou que l’estomac de l’enfant ne le peut digérer ; alors les vapeurs âcres du lait aigri & corrompu, qui s’élevent, exulcèrent facilement les parties molles & délicates. Quand les aphtes viennent dans un âge parfait, ils sont causés par des humeurs tenues, féreuses, & âcres, qui regorgent dans tout le corps, & qui sont portées à la bouche. Il y a des apthes blancs ; il y en a aussi de rouges, de livides & de noirâtres : les blancs & les rouges sont les moins dangéreux & les plus faciles à guérir ; les livides & les noirâtres sont souvent mortels. Un liniment de miel rosat, & d’huile de vitriol mêlés ensemble, est un bon remède pour les aphtes. Voyez Jéel, sect. 7, l. 2. Lazare Rivière, observ. Jean Hartmanus, Forestus, Degori.

☞ APHYE. s. f. Aphya. C’est le nom que les anciens donnoient à un petit poisson blanc, fort commun. C’est pour cela que Cicéron pour exprimer la populace, le menu peuple, se sert du mot aphya populi.

API.

API. Sorte de pomme. Malum apiolum. Elle est petite, & colorée d’un rouge assez vif. On la conserve long-temps. Elle commence d’être bonne du moment qu’elle n’a plus rien de verd, ni auprès de la queue, ni auprès de l’œil, ce qui arrive assez souvent dès le mois de Décembre. ☞ On la mange avec sa peau qui est très-fine. Sa chair est délicate & parfumée : elle vient sur un arbre qui charge beaucoup & donne son fruit par bouquets. Il faut à ce pommier une terre grasse sans humidité.

On dit d’un homme qui a les joues rouges, que c’est un visage de pomme d’Api.

Api est aussi une espèce d’ache que l’on fait blanchir Apium.

☞ A PIC. Être à pic, mettre à pic : c’est lorsque le cable de l’ancre d’un vaisseau est bien roidi, & que le navire se trouve presque perpendiculairement sur son ancre, au moment qu’on la leve. On dit aussi apiquer, pour être à pic. Voyez ce mot.

APICE. Petite ville du royaume de Naples, Apicium. Elle est dans la principauté ultérieure au nord de Bénévent, sur la rivière calore.

APIÉTRIR. v. n. & récip. Decrescere, vilescere. Terme de Marchands, qui disent que leur marchandise apiétrit, ou s’apiétrit, lorsqu’elle se gâte & se corrompt, parce que la mode s’en passe, ou parce qu’elle perd de sa qualité. Ce mot vient de piétre, qui signifie, de mauvaise condition, méprisable.

☞ APIÉTRI, IE. part.

APINEL. s. m. C’est une racine qui naît dans quelques îles de l’Amérique. Les sauvages la nomment Yaba-