Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/462

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On dit proverbialement d’un ridicule, qu’il a apprêté à rire à toute la compagnie.

Apprêter des lettres. Terme de Fondeur de caractères d’Imprimerie. C’est enfermer entre les deux branches du justificateur autant de lettres nouvellement fondues qu’il y en peut tenir, pour voir si elles sont bien en ligne, & pour leur faire au pied cette petite cavité ou rainure, qui sert à en assurer la position dans les formes d’Imprimerie.

Apprêter. Terme de Chapelier. C’est mettre de l’apprêt à un chapeau, pour lui donner plus de force, & le rendre plus ferme.

Apprêter, est aussi un terme de Bonnetier, qui signifie, rendre la marchandise plus ferme & plus belle, en y mettant de l’apprêt.

APPRÊTÉ, ÉE. part. Paratus.

APPRÊTEUR. s. m. Ouvrier qui apprête les marchandises, qui leur donne de l’apprêt.

Apprêteur. Ouvrier qui peint sur le verre. Vitrorum Pictor.

APPRIVOISER. v. a. Adoucir le naturel sauvage par l’art & par l’industrie. rendre doux & traitable. Domare, mansuefacere, cicurare. Il n’y a guère d’animal si farouche qu’on ne puisse apprivoiser. On dit que le sanglier, le castor, la chauvesouris, l’hirondelle ne s’apprivoisent jamais. Les Carthaginois envoyerent en exil Hannon, pour avoir eu l’industrie d’apprivoiser un lion, appréhendant que celui qui apprivoisoit si bien les bêtes les plus farouches, ne captivât les inclinations du peuple.

Apprivoiser, se dit figurément des hommes dans les choses spirituelles & morales. Solon sut insensiblement apprivoiser avec les idées de justice, d’ordre & de loi, un peuple nourri dans la licence, & persuadé qu’il n’y avoit d’autres préservatifs contre l’oppression, que la force & la violence. Tourr. ☞ Il y a des gens peu sociables, qu’on a bien de la peine à apprivoiser.

Apprivoiser, avec le pronom personnel, signifie quelquefois, se rendre familier avec quelqu’un. Familiariter agere cum aliquo. Il est dangereux de se trop apprivoiser avec les Princes. Il se prend aussi pour s’accoutumer. Assuefieri. La coutume fait qu’on s’apprivoise jusqu’aux maux. Ablanc. Il n’y a point de monstre avec lequel on ne s’apprivoise peu à peu. Je tâche de m’apprivoiser avec la mort. J’admire ceux qui savent s’apprivoiser & se divertir avec tout le monde. Mont.

On s’en sert encore pour signifier, s’adoucir. Mitescere, mansuefieri. La perfidie s’apprivoise par les bienfaits. Vaug.

On dit par reproche à un homme qui prend quelques libertés, sur tout avec les femmes, vous vous apprivoisez bientôt.

APPRIVOISÉ, ÉE. part. Cicur, cicuratus, mansuefactus. Regnier a dit : jà tout apprivoisé, je mangeois sur le poing.

☞ Les animaux apprivoisés, le sont par l’art & l’industrie des hommes. Les animaux privés, le sont naturellement. Syn. Fr.

☞ Le chien, le cheval, &c. sont des animaux privés. L’ours, le lion, &c. sont quelquefois apprivoisés.

APPRIVOISEMENT. s. m. action par laquelle on apprivoise. Domitura, domitus. L’apprivoisement des bêtes les plus féroces s’est fait par l’industrie des hommes. Ce mot n’est pas reçu.

Ces mots viennent du latin, privatus.

APPROBAMUS. Terme de droit canonique. Il est purement latin ; mais les Canonistes l’ont introduit en françois, pour signifier le visa que donne l’Ordinaire à un mandat ou rescrit in forma dignum. Févret dit que l’Ordinaire à qui la commission est adressée pour le visa, ne doit pas prendre connoissance de la validité du titre, ni différer pour cela de donner son approbamus.

APPROBATEUR. s. m. Celui qui donne son approbation. Probator, approbator, comprobator. Il n’y a point de si bon livre qui n’ait ses censeurs, ni de si méchant qui n’ait ses approbateurs. Il y a tant de dupes dans le monde qu’on peut avoir des approbateurs sans avoir un véritable mérite. Bell. Le plus mauvais plaisant a ses approbateurs, Boil.

On appelle plus particulièrement, Approbateur, celui qui a donné son approbation publique à un ouvrage, à un livre. Les Approbateurs de son livre sont tels & tels Docteurs.

Dans ce mot, & dans les trois suivans, le premier p ne se fait sentir tout au plus que dans une prononciation soutenue & oratoire ; car dans la conversation, & le discours ordinaire, les personnes mêmes qui parlent le mieux ne le font point ou presque point sentir.

APPROBATIF, IVE. adj. Qui témoigne de l’approbation. Une douce inclination de tête est un geste approbatif. Sentence approbative.

☞ APPROBATION. s. f. Ce mot s’entend généralement de l’agrément, du consentement que l’on donne à quelque chose. Il se prend alors pour consentement. C’est une affaire faite, si le pere & la mere y donnent leur approbation. Il se prend plus particulièrement pour un jugement favorable & avantageux qu’on fait de quelqu’un ; un témoignage qu’on donne de l’estime qu’on fait d’une chose ou d’une personne. Probatio, approbatio. La vertu de ce Prélat a une approbation universelle. Il y a des gens qui prennent pour approbation la flatteuse complaisance, & le respect qu’on a pour eux. Flech. Mendier l’approbation de ses amis pour quelque ouvrage. Scar. Souvent, dit Pline, rien n’est plus généralement désaprouvé, que ce qui paroît se faire avec une approbation générale.

Approbation, en Librairie, est un acte par lequel le Censeur nommé pour l’examen d’un livre, déclare l’avoir lu, & n’y avoir rien trouvé qui puisse ou qui doive en empêcher l’impression. La permission d’imprimer est accordé sur l’approbation du Censeur.

☞ En matière Ecclésiastique, approbation se dit des pouvoirs qu’un Evêque donne à un Prêtre de prêcher & de confesser dans son diocèse.

APPROBATRICE. s. f. Celle qui approuve, qui donne son approbation. C’est assez que je vous aie pour mon approbatrice. Probatrix.

APPROCHANT, ANTE. part. adj. Qui approche de quelque lieu. Accedens, appropinquans. Ce mot n’est pas usité en ce sens.

Approchant. adj. Qui approche, qui a du rapport & de la ressemblance. Similitudine accedens, &c. Son style est fort approchant de celui des anciens. Il y a des mensonges fort approchans de la vérité. Falsa veris finitima. Cette couleur est fort approchante de celle-là. Vaug. La condition la plus approchante de la liberté.

Approchant, est aussi une sorte de préposition qui se construit avec la particule de quand un nom suit, & signifie, à-peu-près, environ. Ferè, penè, fermè. Je veux avoir approchant de mille écus de cette tapisserie. Il est approchant de huit heures, de midi. Il est familier.

Approchant, est aussi quelquefois adverbe, & signifie la même chose ; il se rend en latin par l’adjectif, simile, affine. Je ne lui ai point dit cela, ni rien d’approchant. Il y a dix mille hommes en cette armée, ou approchant. Circiter.

☞ APPROCHE. s. f. Mouvement par lequel une personne s’avance vers une autre. Appropinquatio, accessio. A l’approche de l’ennemi, les troupes se mirent sous les armes. L’approche des Princes est utile ou dangéreuse.

☞ On le dit aussi de ce qui avance, ou paroît s’avancer vers nous. Un vieillard craint les approches de la mort. Les hirondelles sentent l’approche de l’hiver. L’approche de la nuit lui fit doubler le pas.

Approches, se dit figurément en choses morales. Il y a apparence que l’accommodement réussira ; chacun fait des approches de son côté, & se relâche de ses prétentions. Il se dit aussi en termes de galanterie, d’amour & d’amitié. C’est par la complaisance que l’amour fait les approches d’un cœur. La Suze.

Approches, au pluriel, se dit en termes de guerre, de tous les travaux qui se font pour s’avancer vers une