Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/469

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le saint sacrifice de l’Eucharistie deux fois le jour, le matin & le soir.

AQUARII SERVI. On nommoit ainsi chez les Romains les porteurs d’eau.

AQUARIUS. s. m. autrement Verseau. Aquarius. Terme d’Astronomie. Signe du Zodiaque, qui est l’onzième, à compter depuis Aries. Le soleil le parcourt au mois de Janvier, & ce signe est de la nature de Saturne. On le marque ainsi ♒, & il a 33 étoiles. Ce nom lui a été donné, parce que, lorsqu’il paroît sur l’horizon, il vient des pluies. Quelques Poëtes feignent que c’est Ganymède fils de Troïle & de Callirhoé, & qu’il s’appelle Aquarius, Verseau, parce que c’est lui qui verse de l’eau aux Dieux. Jupiter, qui l’aimoit, le fit enlever par son aigle du mont Ida où il étoit, & le plaça parmi les astres.

AQUA-STYGIA. s. f. C’est l’Eau-régale, qui est extrêmement corrosive, & c’est pour cela qu’on lui a donné le nom d’un prétendu fleuve des enfers. Ce nom est latin.

AQUATACCIO. Aqua d’Acio, Rio d’Appio. Rivière de la Campagne de Rome. Aquatacium, Almo. Elle tombe dans le Tibre près de Rome.

AQUATULCO. Ville de l’Audience du Méxique, dans l’Amérique septentrionnale. Aquatulcum. Elle est dans la province de Guaxaca, où elle a un port sur la mer du Sud.

AQUATILE. adj. Aquatilis. Qui naît, & qui se nourrit dans l’eau. Animaux Aquatiles. Il a la même signification qu’aquatique qui est plus en usage.

☞ AQUATIQUE. adj. de t. g. (prononcez acouatique) terme qui vient du latin aqua, & qui signifie plein d’eau, marécageux. Terres Aquatiques. Lieux aquatiques. Aquosus, paludosus. Les lieux aquatiques sont mal-sains. On dit d’une maison bâtie dans un terrain marécageux, qu’elle est aquatique. Cette épithète s’applique aussi à ce qui croît & se nourrit dans l’eau. Aquatilis, aquaticus. Plantes aquatiques. Animaux aquatiques. Le Saule, l’Aune, les Roseaux, le Nénuphar, &c. sont des plantes aquatiques. Les grenouilles, les rats d’eau, &c. sont des animaux aquatiques.

Et qui ne s’ennuieroit d’une salle aquatique,
Où vingt crapeaux privés me donnent la musique.

Sanlec.

Et pourtant
Grenouilles devroient se taire,
Et ne murmurer pas tant ;
Car si le soleil se pique,
Il le leur fera sentir :
La République aquatique
Pourroit bien s’en repentir. La Font.

AQUÉDUC, prononcez AKÈDUC. m. Aquæductus. Construction de pierre faite dans un terrain inégal pour conserver le niveau de l’eau, & la conduire par un canal d’un lieu à un autre. Il y a des aquéducs sous terre, & d’autres qui sont portés par des arcades, & qu’on appelle Aquéducs élevés ; parce qu’ils sont construits sur des corps de maçonnerie percés d’arcades. Aquéduc double ou triple, est un aquéduc qui a son canal porté sur deux ou trois arcades. Les Romains étoient magnifiques dans leurs aquéducs, qui s’étendoient quelquefois à cent mille.

Aquéduc, en termes d’Anatomie, est un conduit partie membraneux, & partie cartilagineux, qui va de l’oreille dans le palais. Il est ainsi appelé, non-seulement à cause de sa forme de canal, mais encore parce qu’il peut donner quelquefois passage aux humeurs étrangères, qui se ramassent assez souvent dans une des cavités de l’oreille, qui se nomme la caisse, n’ayant aucune valvuve qui puisse en empêcher la sortie.

☞ On a donné ce nom à plusieurs conduits du corps humain, à cause du rapport qu’ils ont avec les aquéducs qui servent pour conduire de l’eau d’un lieu dans un autre.

AQUELIN. s. m. Nom d’homme. Aquilinus. Saint Aquilin, que le vulgaire nomme Saint Aquélin, naquit à Bayeux vers l’an 620 de parens nobles & riches. S. Aquélin fut élevé sur le siége d’Evreux après la mort de Saint Etéon, qui arriva vers l’an 653. Il assista l’an 688. au concile de Rouen, & mourut en 695. Baillet, au 19 d’Octobre.

AQUEL MARIC. C’est le nom qu’on donne à la langue des Africains naturels, & qui signifie Langue noble. On l’appelle autrement, Langue d’Abimalik. L’Aquel Maric, ou la Langue d’Abimalik, est mêlée de beaucoup d’arabe, depuis que les Arabes se sont rendus maîtres de l’Afrique.

AQUÉRIR. Voyez ACQUÉRIR.

AQUETTE. s. f. Liqueur qui se fait en Italie, sur-tout au royaume de Naples, & qui est composée de vin, d’un tiers d’eau, & de plusieurs sortes d’aromates. Aquetta. Ce débauché est mort pour avoir trop bu d’aquette.

Ce mot est italien, diminutif d’aqua, de l’eau, comme qui diroit, petite eau.

AQUEUX, EUSE. adj. Qui est de la nature de l’eau, qui en est tout rempli. Aquosus. Le lait a une partie aqueuse, l’autre butyreuse. Les Chimistes séparent la partie aqueuse de tous les corps par la distillation. On appelle un fruit aqueux, celui qui n’a point de goût, qui ne sent que l’eau. On appelle aussi Humeur aqueuse, la première des trois humeurs qui sont enfermées dans l’œil, & qui est située sur la partie antérieure. Elle est liquide & transparente comme l’eau.

☞ AQUI, AKI, ET AQUITA. Ville du Japon. Elle est dans l’île de Niphon, vers la côte méridionale. Elle est capitale de l’Etat ou Principauté de ce nom, entre les royaumes de Bingo au levant, & Suvo au couchant, & entre les villes de Themo & d’Amanguchi.

AQUIESCER. Voyez ACQUIESCER.

AQUIGIRE. s. m. & f. Nom de peuple. Aquigira. Les Aquigires sont un peuple du Brésil, près du gouvernement de Spiritu-Sancto.

☞ AQUIGNI ou ACQUIGNI. Bourg de France, en Normandie, sur l’Eure, avec titre de Baronnie, à une lieue de Louviers, à quatre d’Evreux.

AQUILA-ALBA. s. m. Terme de Chimie. C’est une matière blanche qui imite, par sa sublimation, le vol de l’aigle. Quoique ce mot puisse convenir à tous les sublimés blancs, il se dit particulièrement du mercure sublimé doux.

AQUILA. s. m. Nom d’homme. Aquila. La version d’Aquila. Aquila étoit du Pont. S. Epiphane & la Chronique paschale disent qu’il étoit beau pere de l’empereur Adrien : c’est une fable. On ne peut pas dire la même chose de ce qu’ajoute Saint Epiphane, qu’étant à Jérusalem, Adrien qui vouloir rétablir cette ville, lui donna l’intendance de cet ouvrage. Il y vit les Chrétiens & les admira ; il embrassa leur religion, & fut baptisé ; mais ayant continué de s’adonner à l’Astrologie judiciaire qu’il avoit apprise, il en fut repris comme il méritoit, & ne se corrigeant point, il fut chassé de l’Eglise. Le dépit qu’il eut de l’affront qu’il recevoit par-là, lui fit abjurer le Christianisme, & embrasser la religion des Juifs. Il s’appliqua fortement à l’étude de la langue hébraïque, & entreprit une nouvelle version de l’Ecriture, pour l’opposer à celle des Septante, dont les Chrétiens se servoient alors très-utilement contre les Juifs. Mais n’étant pas tout à fait content de sa version, il la retoucha ensuite, & en fit une seconde plus à la lettre que la première. C’est ce qui fait que l’on trouve quelquefois la version d’Aquila citée de différente manière sur un même passage. Les fragmens qui nous en restent, prouvent évidemment que cet Interprète s’étoit principalement appliqué à traduire mot pour mot le texte hébreu de la Bible, & à faire plutôt un Dictionnaire des mots hébreux, qu’une version. Aussi Saint Epiphane la méprise, & la regarde comme un ouvrage assez inutile ; & Saint Jérôme le traite quelquefois de ridicule &