Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/489

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Arbre de Pressoir, en termes de Mécanique, est de deux sortes, selon deux différentes espèces de pressoir. Dans la première, c’est un tronc d’arbre équarri, qui a plus de la longueur de la mai du pressoir, & qui déborde par les deux bouts : il est engagé entre deux montans ou jambages de chaque côté, qui l’assujettissent, pour qu’il ne puisse s’écarter ni à droite ni à gauche. Dans son milieu il est percé d’un trou qui reçoit une vis, qui le hausse & le baisse par le moyen d’un écrou. Quand l’arbre est haussé, on dispose dessous & au milieu de la mai le raisin, que l’on entasse en masse carrée que l’on appelle marc. On met sur ce marc des planches épaisses, & l’on en couvre tout, ensorte qu’elles débordent même plus que le marc, sur lequel on a mis deux ou trois grands bâtons de la grosseur du bras pour soutenir ces planches débordantes ; on charge ces planches de solives équarries mises alternativement en carré les unes sur les autres, & l’on en met ainsi jusqu’à ce qu’elles touchent l’arbre du pressoir élevé, comme nous avons dit ; alors, à l’aide d’une roue, au milieu de laquelle est l’écrou, on abaisse l’arbre qui en pressant le raisin sur la mai, exprime tout le jus qu’il contient.

L’autre espèce d’arbre de pressoir est un grand & gros tronc d’arbre équarri en poutre, qui par son gros bout porte sur la mai du pressoir, & de chaque côté de la mai est enclavé entre deux montans qui l’assujettissent. A l’autre bout il porte un écrou, & par le moyen de la vis il se hausse & se baisse ; quand il est haussé, l’autre bout s’abaisse entre les deux montans, qui le tiennent, & alors on met dessus ce bout abaissé des pièces de bois, qui l’empêchent de s’élever, puis par le secours de la vis on abaisse l’autre bout ; l’arbre, en s’abaissant, presse le marc & en exprime le vin.

☞ Il y a quantité d’autres machines pour les différens métiers où cette pièce se rencontre sous le nom d’arbre ; mais comme elle a par-tout la même fonction, les sortes d’arbres dont on vient de parler, suffiront pour faire connoître cette fonction.

Arbre, se dit figurément en Logique de l’ordre & de la suite naturelle des genres, des espèces & des individus. On l’appelle l’arbre de Porphyre, du nom du Philosophe Porphyre, qui en est l’inventeur. Dans l’arbre de Porphyre on descend ainsi du premier genre jusqu’aux individus : être, substance, corps, vivant, animal, homme, pierre. Cette suite se met sur le tronc d’une figure d’arbre ; & sur les branches de l’arbre en ligne collatérale se trouvent les divisions de chacun de ces genres ou espèces. C’est ce qui fait qu’on l’appelle arbre. ☞ On l’appelle autrement, échelle des prédicamens. Scala prædicamentalis.

D’autres Philosophes forment cet arbre différemment. Pourchot, par exemple, met d’abord l’être, puis la substance ; ensuite il descend ainsi : la substance est esprit ou corps ; l’esprit est incréé ou créé, l’esprit créé, est destiné au corps, ou ne l’est pas ; le corps est animé ou inanimé, le corps animé a la force de marcher, ou ne l’a pas ; s’il a la force de marcher, il est ou raisonnable ou irraisonnable. Cela est un peu défectueux. Qui nous a dit qu’il n’y a pas des animaux irraisonnables, qui avec une ame sensitive, n’ont pas la force de marcher ? Les huîtres & autres coquillages attachés à des rochers marchent-ils ?

Arbre, se dit aussi figurément d’une figure tracée en forme d’arbre, d’où l’on voit sortir, comme d’un tronc, diverses branches de consanguinité, de parenté. Arbre généalogique. On a dressé l’arbre généalogique de la maison de France. Graduum cognationis schema ; Arbor consanguinitatis ; Cognationum stemmata.

On a appellé en poësie arbre fourchu, un lai, un virelai, à cause des petits vers intercalaires qui étoient au milieu des grands, qui faisoient une espèce de fourche.

Arbre, en termes de Blason, s’appelle fusté, quand son tronc est d’un autre émail que ses branches. On doit aussi spécifier en blasonnant quand il est sec, ou avec ses feuilles.

On dit figurément & proverbialement, qu’il se faut tenir au gros de l’arbre ; pour dire, au parti juste & solide, & qui est le plus fort. Quand il s’agit de la foi, cela veut dire, qu’il faut s’en tenir aux décisions de l’Eglise, qui sont les règles de notre foi.

ARBRISSEAU. s. m. Frutex. Plante ligneuse, de moindre taille que l’arbre, laquelle, outre la principale tige & les branches, produit très-souvent de la même racine plusieurs pieds considérables, tels sont le troène, la filaria, &c. Les arbres & les arbrisseaux poussent en automne des boutons dans les aisselles des feuilles. Ces boutons sont comme autant de petits œufs qui se développant dans le printems, s’épanouissent en feuilles & en fleurs. Cette différence, jointe à la grandeur, fait qu’on distingue aisément les arbrisseaux des sous-arbrisseaux.

ARBRISSEL. s. m. Voyez Albresec.

ARBROATH. Bourg du nord de l’Ecosse. Arbroathum. Il est sur la côte de la province d’Angus, au midi de la ville de Montrose.

ARBROIE. s. f. Vieux mot. Boccage. Poés. du Roi de Nav.

ARBROT. s. m. Terme d’Oiseleur. On dit, prendre les oiseaux à l’arbrot, c’est-à-dire, à une espèce de petit arbre garni de gluaux.

ARBUSTE, ou SOUS-ARBRISSEAU. s. m. Suffrutex. On donne ce nom aux plantes ligneuses, ou petits buissons moindres que les arbrisseaux. On met des arbustes dans un parterre.

ARC.

ARC. s. m. Arme courbée en demi-cercle, servant à tirer des flèches. Arme faite d’un morceau de bois, de corne, ou d’autre matière qui fait ressort, lequel étant courbé fortement par le moyen d’une corde attachée à ses bouts, fait partir une flèche avec grand effort en se remettant en son état naturel, ou du moins en se redressant avec violence. Arcus. Le mot d’arc est dit ab arcendo, quòd arceat hostes, parce qu’il écarte les ennemis. Les cornes d’un arc, sont ses extrémités où la corde est attachée pour le bander. Cornua. L’arc est la première & la plus générale de toutes les armes : car on a trouvé que les peuples les plus barbares, les plus éloignés, & qui avoient le moins de communication avec les autres hommes, s’en servoient. On s’en sert encore dans plusieurs endroits de l’Asie, de l’Afrique & de l’Amérique. Bander, débander un arc. Tirer de l’arc. Les anciens attribuoient l’invention de l’arc & de la flèche à Appollon.

Chez les Mogols, l’arc est le symbole de la royauté, & la flèche le symbole de l’ambassadeur, ou d’un Vice-Roi. D’Herb. C’est Louis XI qui commença, en 1481, à abolir en France l’usage de l’arc & de la flèche, pour introduire les armes des Suisses, c’est-à-dire, la hallebarde, la pique, & les larges épées.

On dit, un arc d’ivoire, d’ébène, &c. Arcus ebore, ebeno instructus ; pour dire, un arc garni d’ébène, d’ivoire ; car on ne fait point d’arc d’ivoire, d’ébène, ni de bois durs, à cause qu’ils ne font point de ressort.

L’arc a fourni plusieurs devises. Voici les mots : mi riposo no es flaqueza, mot espagnol, qui signifie, mon repos n’est point langueur. Stringendo mi scioglio, mot italien, qui veut dire, en serrant mes liens je me délie, je me mets en plus grande liberté. Piegato si lega, autre mot italien de Lucarini, il se lie quand il est plié. Et Per ferir altrui terse se stesso, pour frapper un autre il se courbe, il se gêne.

Arc-a-Jalet. Sorte de petite arbalète propre à jeter de petite balles. Arcus scapo instructus & emittendis globulis comparatus.

Arc, signifie en Géométrie, un trait de compas qui se meut sur un centre, & qui n’achève pas un demi cercle ; ou une partie de la circonférence d’un cercle, moindre que la moitié. La base ou la ligne qui en joint les deux extrémités s’appelle la corde, & la perpendiculaire élevée au milieu de cette ligne, s’appelle la flèche. Tous les angles sont mesurés par des arcs.