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AMENDER
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les, une herbe venant aux prez… laquelle a la tige jaune et la fleur a couleur de pourpre. In., ib, IX, 12.

Amen. Jusques à amen. Jusqu’à. la Fm. — Ne dites mot jusques à ce que vous oyez amen_ CHOMÈRES, 2e Ap. Disnee, p. 78. — Nivelet, entens-tu bien ce qu’ils disent ? — Oui dà, Monsieur ; mais attendez jusques à amen. TOURNEBLT. les Contens, I, 4.

(Prononc. amen rimant avec an, testament, incessamment) Cest à Ferrare, au huictiesme an De la tienne proscription ; Mais à la tienne intention Que ce soit le dernier. Amen.. LYON JANET, dans Marot, Epistres, 45. — Homme qui n’a denier ne maille Ni de quoy faire testament Bien fol il est ; si s’en travaille, Dire luy fault Jesus, amen. Anc. Poés. franç., IX, 205. — Pour quoy prions ce corps incessamment Que de ce mal il nous guerisse. Amen, Ib., IV, 205.

Amenage. Action d’amener, transport.. — Les frais de l’amena.ge du se/ sont. par trop grands. P, A, LISUEi Discours admirables, Du sel commun, p. 255.

Amenance, Les nopees furent fort. somptueuses et magnifiques, et bien fort a.ussy les amenances qui se firent à la Tour-Blanche et. à Fourdeille. BRANTôME, Vie de François de Bourdeille (X, 0). — Note de l’édition Lalmne Conduite crue l’on faisait aux nouveaux mariés quand l’épou.x amenait sa rem.me chez lui.

Amencie (Amentia). Démence, — De curieux cerveau forsenee amende Se croyant [= se fiant] abusé en sa necromancie. MAurucE ScÊvE, Microcosme, L. III, p. 84.

Amendable. Pouvant réparer. Prenez en vous discretion. Gens qui commettez tel forfait, En faisant restitution Amendable pour le meffait. Âne. Poés. franç., XII, 89.

Devant payer une amende. — Si quelcun oste de la main-burnie (c’est à dire Garde) du Roi un homme ou femme, il sera amendable de LX Sols. FAU cH vr, Origine des Dignitez, II, 5.

Amendaie. Lieu planté d’amandiers. — Es Oli-vetes, Amendaies et Coudraies, cinq ou six toises [d’intervalle] satisferont. O. DE SERRES> Thartre d’À gr ic, VI, 19.

Amende. Réparation. — Et si de cœur tu pleures, pour t’amende Ton eau sera tournée en vin nouveau. MARG. DE NAV., les Margueriees, Oraison de rame fidele (I, 126)..

Punition. — Puis crya de par l’Empereur… que quiconques d’iceuIx vouldroit la mort evader, arrachast publicquernent la Figue avecques les dens, puys la remist on propre heu… Aulcuns d’iceulx eurent honte et horreur de telle tant abhomin.able amende. RABELAIS, IV, 45.

Revenir en amende. Revenir à un état meilleur. La lieue [souffrance] nest se me semble si grande Quelle ne puisse revenir en amande. Micrin. D’AmtotsE, Complaincies de l’Esclave Fortuné, 41 v°.

Amendement. Passage à un état meilleur. En peu de temps et presqu’en un moment D’une bataille on voit l’amendement. SALEL, Iliade, Xi, 219.

Guérison. — Puis d’un tel rov (après l’amendement)’ru recevras les eraces rn% eritoires. MA ROT, Chants divers, 10— Cantique à la déesse Santé.ei

Faire amendement. Obliger, aider. — Je te-sup-lq doncques tres humblement, Noble prelat, me faire a.mandement De quelque eseu par donner ou par prest. MICIIEL D’AMBOISE, le Babilon 29 r°.

Amender (trans.). Ré.parer, expier. Les Rommains requirent les Carthaginois quilz leur feissent amender louItraige faict à leurs Citoyens. SEYSSEL, trad. d’App.[EN, Guerre Libyque, 2, — Si je pensois qu’on luy eust fait tort, je le vouldrois amender envers luy. LE LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayart, 21. — Quant à Clytus, la faute en fut amendée outre son poix, MQNTAEGNE, II, 36 (III, 192). — Nos Roys marris de ce que Theodat a_voi tué sa femme leur parente… le menacerent de luy faire la guerre> s’il ne leur amendoit ceste faute. FAUCIÉET, AniiqUiteZ, III, g.

Améliorer, amener à un meilleur état. — Cerés, changeant les glans de Chaonie En bons espics pour le vivre amander, Du hault du ciel vous puisse regarder. Ro NSAR1115 Sonnets ci diverses personnes (II, 32). — Oh ils me gasteront donc tout mon ogs. — Pensez qu’ils ne l’amenderont pas LARI.VEY les Esprits, II, 3. — Il advint que le More n’en amenda aucunement sa couleur basa-nec, mais qu’il en perdit entierement sa premiere santé. MoNTAEGNr, II, 37 (III, 218). — Et peuvent veritabiement employer la responce de Hip-perides aux Atheniens, se plaignans de liaspreté de son parler Messieurs, ne considerez pas si je suis libre, mais si je le suis sans rien prendre, et sans amander par là mes affaires. ID., III,

244). — Vous empirerez la condition de vostre mary plustost que de l’amender. MARG. DE VA-LOIS, MeinOireS, p. S4.

Rendre moins pénible. — La rnedecine qu’elle luy bailloit pour amander sa douleur la luy rendoit beaucoup plus forte. MARG. DE NAV." Hepta-

méron, 10.

Punir. — La Cour est resolue de ne plus supporter ces desordres, et d’amander si severernent ceux qui les commettront, qu’en lin elle exterminera hors de ceans par la rigueur des peines ceux que les loix et leur conscience ne peuvent contenir en leur devoir. Du VAIR, OUVeri. du Parlement de la St Remy, 1601.

Payer [une somme à titre d’amende]. — L’empereur Leoni.. l’a condamné d’amender dix livres d’or, et au bannissement pour dixans. CH DL [ÈRES, 4° Matinee, p. 139.

Receyoir [un profit, un avantage]. — Et pour autant que nay riens amande Par cy devant, pour navoir demandé, Doresnavant est besoing ma-mander Par requerir, prier, et demander. MICHEL D’AMBOISE, le Babilon, 29 ro. — Mais di moy, n’as-tu rien amandé de ton pere ? (Car il avoit du bien)._ Comme se peut-il faire Qu’il ayt eu tant de biens, ô pauvre pastoureau, Et qu’il ne t’ait laissé quelque petit troupeau ? BAÏF, Eglogue 1. III, 89). — Vous aviez amendé plus de trois miile escus de la succession de Phyllon vostre beau-pere. Du VAIR, Dernosth. pour Ciesiph,

S’amender. Venir à un meilleur état. — Cuydez vous doncq, si ces rnotz je iuy mande, Que die son mal et doulleur il samende ? MICHEL Complainctes de l’Esclave Fortuné, 39 vo, — Cf. l’exemple de Michel d’Amboise dans l’alinéa précédent.

Amendé. Venu à un meilleur état. — Or je vous voy, France, que Dieu vous_ gard ! Depuis le temps que je ne vous ay veue, Vous me semblez bien amendée et creue. MA ROT, EpiStreS, 50. — Elle… a esté et est de present fort malade : bien est vray que depuis rnidy en ça, elle est merveilleusement amendee. LE MAçoN, trad. de BoccAcE, Décamé-ron, X, 7. — Les medecins luy conseillerent d’user d’une grande abstinence. Ayant. jeuné deux jours,