Page:Dictionnaire de la langue française du seizième siècle-Huguet-Tome1.djvu/285

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AMITIÉ
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sortnit cette bene ordonnance de ne donner traite aucune à marchandises foraines en leur pays, en— semble que les enfans ne se presentassent devant la face de leurs peres ou meres, avant. qu’ils eus— sent atteint le quatorziesme an de leur a.age, sinon pour os ter toute occasion et. aux grands de s’anéantir par curiositez estranges, et aux petits de s’amignarder dedans le sein de leurs meres ? E. RtsQuiER, Recherches, 1, 1.

Amignardir. Rendre gracieux, orner. — Ce poeme tel que je le veux, encor qu’il ne soit tant arnignardi de curieuses figures que les autres… ne devra point estre COrkternrié. DES AUTELS, _Re— plique à Meigret, p. 65.

Amignardiser. Traiter d’une manière dout :.o, caressante. — Craignez vous pas qu’enfin ami—gnardisa.nt si douillement vos enfants, vous les froissiez et ruiniez. P. BOSQUTER (G., Compl.).

Amignoter. Traiter doucement, tendremen[ : caresser, flatter. — Considerez que par nous ai— laiclez Avez esté en vostre adolescence, Torchez, lavez, bercez, emmallotez, Arnignotez, tant que de pouvretez Estes gectez en grant convalescence. Ane.Poés. franç.., X, 234. — Ting Singe avoit deux petits jeunes Singes Dont l’ung a.moit d’une amour sole et folle… Tousjours le baise, ami— gnote et acolle. CORROZET7 Fableg d’EsopE, 98. — Sus, Dieu chasse-soucy, sus, Dieu aux pieds de laine, Cesse d’a.mignoter ce puissant capitaine. J. DE CILAMP-REPUST Ulysse, 1, p. 19.

Rendre doux, caressant. — mielleux — mielleux ou amiellé, mignot ou arnignoté, M, DE LA PORTE, Epithetes, 52 ro. — [Vénus] En cent fa— çrons friza ses tresses blondes, Amig. nota de ses yeux les regars, Regars, je faux, oins homicides dars. RONSA, RD, Franciade, III, var. (premières éditions).

Amignotter est cité par H. Estienne. — Quand bien ils a.uroyent trouvé quelqme moyen d’expri— mer Mignard, Illignardelet, Mignardise, encores auro-yent ils peu faict. Car Le plus fa.scheux leur resteroit, d’en trouver qui exprimassent Mignar— de., Mignardiser, Mignotter et Ainignotter. Pre— cellence, p. 104. Amignoteur. Flatteur, séducteur. — Bouffon. Plaisant, flateur….. patelin, amignoteur. M. DE LA. PoirrE, Epithetes, 54 vo. — Maquereau… Caute— leux, affrontenr… arnignoteur. ID., ib., 253 v0. — Detz. Hazardeux, carrez, chanceux… arnigno— teurs, lre., ib., 146 vo. Servant à la parure. — Oignernent ou anguerei. Espais, salutaire, liquide, a.mignoteur. ID., ib., 287 vo.

Aministrateur, y. Administrateur.

Amiot. (Poire (11). — La Poire du Printemps, d’Angoisse, d’Arniot, de Molard, de Nostre-Dame, de Tahou, de Coulis, de Parmain, de Saint-Rigle, de. Verdelet, de Rozete, de Renoult, de Hardi, de Pucelle. O. DE SERREi3e Théâtre d’Agric., VI, 26.

Amirable, v. Admirable.

Amiral (Poire dl. — La poire… d’Amiral, de Messire-Jan, d’Angoubert, de Lombardie, de Bel— œil. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., VI, 26.

Amirant. Amiral. — L’amirant d’Arragon fut envoyé vers l’empereur, AUB1GNÉr Hist. Unj XIV, 28. — C’estoit les préparatifs d’une armée entre les mains de l’amirant. ID., ib., XIV, 28. — François de Mandosse, qui estoit pour lors amy— rant d’Arragort,.. fit passer la Meuse par divers endroits et riallier devers le Brabant ses troupes, qui faisoyent trente mille hommes, tant de cheval


que de pied. ID., ib., XV, 19. — L’amyrant via— boit toute la neutralité, tant par la Westphalie, en la ville d’Alpen, comme aux terres et "a la maison rnesrne de la comtesse de Meurs. ID., if — Entre les prisonniers furent notables, premièrement ilamirant, lieutenant général de l’armée (espa— gnole], In„

Amiras, v. Admirai.

Amirateur. Admirateur.— Belleau, mon natu— rel, dés ma plus tendre enfance, M’a fait amira— teur des poetes de France. RIVAUD EALr, Epiare à. Remy Belleau (p. 223).

Amiration. Amirer, 17. Admiration, Admirer.

Amiste. Répandue (admixia).— Quesse beau ! — té ? — Aline decrient, Vivante grace et fa— veur grandement Avecq couleur par les membres amiste. MICHEL D’AMBOISE, les Cent Epigrammes, +38 vo.

Amistion. Mélange. — Du mauvais sang faict par admixtion des autres humeurs procedent troys differences de phlegmon non vray. TAGAuLT Instit chir., p. 55 (G.). — Il y a dix sept especes d’or, c’est. a savoir huict de l’arnistion d’argent aveG or, et huict de l’admistion de cuyvrci avec or. G. DE TOURNI_FS, Potte. de l’art. (0.).

Amitié. Affection. —D’elle je m’asseure si fort Que jusqu’à l’autel de sa mort S’estend l’amitié fraternelle. JODELLE., Eugene, V, 1. —La Iuy donnant, Prenez, dit-cil’, mon fils, Ce beau pre— sent que de mes mains je fis Pour gage seur d’ami— tié maternelle. RONSARD, Franetade, I 11l, 5). — meu d’amitié paternelle… dit : « Messieurs, je vous supplie ne tourmenter plus mon fils, et le delivrer. » LARIVEY1 trad. des Face— eues Nuits de STRAPA_ROLE, X, 5. — Ignatius Pere et fils, proscripts par les Triumvirs à Home, se resolurent à ce genereux office de rendre leurs vies entre les mains l’un de l’autre… ils se cou— rurent. sus l’espée au poing : elle [la Fortune] en dressa les pointes, et en fit deux coups esgale— ment mortels et donna à l’honneur d’une si belle amitié qus eussent justement la force de retirer encore des playes leurs bras sanglants et armés, pour s’entrembrasser. MONTAIGNE, 1, 33 (I, 281). — ressayeroy… de nourrir en mes en— fans une vive amitié et bien-vueilla.nce non feinte en mon endroict. In., ri, 8 (II, 85). — Les His— toires estant pleines d’exemples de cette amitié commune des peres envers les enfans. 1 », , 1118 (II, 97).— Le filz s’oppose au plomb, foudroye pour le pere, Donne Pane pour l’aine, et ce traiet d’amitié Des brutaux impiteux est mocqué sans pitié. AutlicriÉ, Tragiffues, V (IV, 209). Amour. — Mais qui a. meu du monde la. plus belle A me laisser ? Est ce amytié nouvelle ? MA— ROT, Elegies 8. — Ainsi leur grande arnytié con— duysoient, Et en plaisir secret se deduysoient. Leander ci Hero. — Daine où le Ciel logea mon amitié, Et dont la main toute ma vie enserre. RoNSAR.D, Amours de Cassandre (1, 26). — Quoy ? est-ce cy la recompense belle De l’amitié d’un amant trop fidelle ? BAÏF7 Amour de Francine, L, I (I, 113). — N’as tu pas encoressceu qu’il a esté si ingrat envers moy que de m’avoir laisse° là, et. qu’il a rangé du tout son amitié à la fille de ce Picard nostre voisin ? JEAN DE LA TAILLE, tee Cor— rivai, 1, 1. — Ce gentilhomme a resolu, Apres avoir sceu d’Antoinette Et de moy— l’amitié secret— te… De luy faire grand advantage Si je la prens en mariage. BELLEAU,. la Reconnue, V, 5. — Elle aimera d’une amitié ridelle L’amant épris de sa beauté nouvelle. MI. JAMYN7 (Euv. poet., L. V,