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PRÉFACE


Monluc, Comment., L. Il (I, 309). — De la les citez s’etablirent De là les Princes ils élirent. Baïf, Passetems. Au grand Prieur.

D’anciennes formes du participe passé : pers pour perdu : Comme est un homme à chercher fort soigneux son pers thresor, qu’il cuidoit bien avoir. Vasquin Philieul, trad. de Pétrarque, L. I, S. 141 ; — tins pour tenu : Je n’ay bougé de la place où je suis, Où le sommeil m’a tins jusqu’à cette heure. Baïf, Eglogue 1O ; — mors pour mordu : Elle fut d’un Serpent qui vers elle accourut, Morse dans le talon, dont la pauvre mourut. Ronsard, IV, 83, Elegies, l'Orphee.

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En syntaxe aussi, beaucoup d’indications ne m’ont pas semblé déplacées dans un dictionnaire.

Par exemple, le genre des mots, quand il se trouvait différent de ce qu’il est aujourd’hui, comme quand on voit masculins les mots ardeur, erreur, horreur, humeur, odeur, ancre, armoire, asperge, base, colere, comete, dette, dent, dot, ebene, encre, enigme, epigramme, epitaphe, epithete, estude, horloge, huile, hydre, idole, image, infortune, limite, Loire, offre, ombre planete, populace, preface, rencontre, tiare, tige, vipere, etc. ; ou quand on voit féminins les mots honneur, labeur, appendice, arbre, art, bronze, caresme, cloaque, comté, duché, evesché, diocese, doute, espace, Evangile, exemple, frisson, guide, interrogatoire, intervalle, masque, mensonge, meslange, modele, navire, negoce, ongle, orage, ordre, oultrage, ouvrage, Peloponnese, Paris, poison, presche, reproche, reste, risque, silence, souspeçon, sort, triomphe, vestige, etc. ;

la construction de certains adjectifs : capable, different, desireux, digne, indigne construits avec la préposition à ; fertile, ingrat, inhabile, pareil construits avec la préposition de : Je lui planteray et enteray ses Arbres, pour les rendre capables à porter abondance de bons et precieux fruits. O. de Serres, Th. d’Agric., Préface. — Ingrate de ce serviteur, elle ne peut plus ouïr seulement proferer son nom. Aubigné, Divorce satyrique ;

l’emploi de celuy, celle comme adjectif, de ceste comme pronom : Le grand pere d’Antonius fut celuy fameux orateur que Marius feit occire. Amyot, Antoine, 1. — Je ne treuve point plus grande raison que ceste cy. Du Bellay, Deffence, I, 2.

Pour les verbes, il était nécessaire de noter des intransitifs comme apaiser pour s’apaiser, appauvrir, attendrir, accroistre, adoucir, alfoiblir, amaigrir, amender, deplacer, eclipser, enrichir, escouler, espanouir, espouser (= se marier), equiver, esteindre, esvanouir, exhaler, flestrir, fourvoyer, etc. ;

des emplois transitifs comme ceux des verbes aspirer pour aspirer à, accoustumer pour s'accoustumer à, bruire, crier [qqn], croistre, debattre [qqch = se le disputer], deborder (= faire déborder), decroistre, demordre [une proie, une opinion], deperir (= faire dépérir), douter = douter de), esclater (= faire éclater), eschaper, esclore (= faire éclore), escrier [qqch], escrier [qqn], evader, fier (= confier), etc. ;

des emplois pronominaux comme ceux des verbes s’apparoistre, se blesmir, se combattre à, se condescendre, se consentir, se consister, se craindre de ou que, se deborder, se descendre, se dedaigner, etc. ;

des constructions comme celles des verbes apprendre, s’allier, s’associer, encourager, s’entendre, se fier, penser, renoncer avec la préposition de au lieu de la préposition à :