Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, XIX.djvu/233

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Tout l’univers fit son devoir,
Au moment où vous êtes née.
Le soleil s’arrêta pour vous mieux recevoir,
Et toute la terre étonnée
A trouvé que les jours les plus longs de l’année
Sont encor trop courts pour vous voir.


En voilà dont la délicatesse demande grâce pour les précédents, et mérite de l’obtenir. Moi, je suis bon ; je pardonnerais en leur faveur même aux quatre qui suivent. Ils ont été faits et envoyés sur une carte à une femme qui avait engagé M. de Choiseul à écrire une satire contre lui :


Pour me déchirer quelque femme,
Choiseul, t’a payé sûrement ;
Et je gagerais sur mon âme
Qu’elle t’a payé largement.


Mme Le Gendre prétend que vous n’entendrez pas ceux-là. Bonsoir, mon amie. Dites-moi donc que vous m’aimez comme vous me l’avez dit la dernière fois ; cela me fait si aise ! La chère sœur est toujours malade. C’est bien sûrement la coqueluche qu’elle a prise de son fils.


CIII


Paris, le 20 février 1766.


Vous aimeriez mieux qu’il n’y eût ni France ni enfants ? Eh bien ! c’est tout juste ce que je leur avais laissé la liberté d’ôter ; quoique le plus jeune, caché entre les genoux de la France, pût un jour devenir une prophétie.

Mon amie, quand on compose ou quand on juge un monument religieux, il faut se prêter au système. Si vous étiez un peu conséquente, le premier, où l’on voit une Religion qui arrête la Tendresse conjugale en lui montrant le ciel, perdrait aussi son intérêt et son pathétique. Les anciens, qui savaient