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descend un peu plus bas que les genoux dans une autre pierre gravée, dont Béger nous a donné le dessein. Une admirable cornaline gravée par Dioscoride, qui y a mis son nom, représente Mercure de face & debout, avec un manteau semblable à celui que porte Jupiter sur l’agate du cabinet du roi. Thélesphore, fils d’Esculape & particulierement honoré à Pergame, est représenté sur quelques pierres gravées & sur quelques médailles du tems d’Hadrien, de Lucius Verus & d’Eliogabale, avec un manteau qui descend jusqu’à mi-jambe : il a d’ailleurs cette singularité, qu’il paroît tenir à une espece de capuchon qui lui couvre une partie de la tête, & forme assez exactement le bardocucullus de nos moines. On trouve sur une médaille consulaire de la famille Mamilia, l’histoire d’Ulysse qui arrive chez lui & qui y est reconnu par son chien ; ce héros y est représenté avec un manteau tout pareil à ceux dont nous venons de parler. Voyez Buonarotti, Planche VI. & les Familles romaines de Charles Patin. (D. J.)

Manteau d’honneur, (Hist. de la Chevalerie.) manteau long & traînant, enveloppant toute la personne, & qui étoit particuliérement réservé au chevalier, comme la plus auguste & la plus noble décoration qu’il pût avoir, lorsqu’il n’étoit point paré de ses armes. La couleur militaire de l’écarlate que les guerriers avoient eu chez les Romains, fut pareillement affectée à ce noble manteau, qui étoit doublé d’hermine, ou d’autre fourrure précieuse. Nos rois le distribuoient aux nouveaux chevaliers qu’ils avoient faits. Les pieces de velours ou d’autres étoffes qui se donnent encore à présent à des magistrats, en sont la représentation ; tel est encore l’ancien droit d’avoir le manteau d’hermine, & figuré dans les armoiries des ducs & présidens à mortier, qui l’ont eux-mêmes emprunte de l’usage des tapis & pavillons armoiriés, sous lesquels les chevaliers se mettoient à couvert avant que le tournois fût commencé. Voyez Monstrelet sur l’origine des manteaux, le Laboureur & M. de Sainte-Palaye. (D. J.)

Manteau d’armes, (Art milit.) est une espece de manteau de toile de coutil, fait en cône, dont on couvre les faisceaux d’armes, pour garantir les fusils de la pluie. Voyez Faisceaux d’armes.

Manteau, en terme de Fauconnerie, (Vénerie.) c’est la couleur des plumes des oiseaux de proie, on dit, cet oiseau a un beau manteau, son manteau est bien bigarré.

Manteau de cheminée, (Architect.) c’est la partie inférieure de la cheminée, composée des jambages & de la plate-bande, soutenue par le manteau de fer posé sur les deux jambages.

Manteau de fer, c’est la barre de fer, qui sert à soutenir la plate-bande de la fermeture d’une cheminée.

MANTECU, terme de relation, sorte de beurre cuit dont les Turcs se servent dans leurs voyages en caravanne ; c’est du beurre fondu, salé, & mis dans des vaisseaux de cuir épais, cerclés de bois, semblables à ceux qui contiennent leur baume de la Meque. Pocock, Descript. d’Egypte. (D. J.)

MANTELÉ, adj. terme de Blason, il se dit du lion & des autres animaux qui ont un mantelet, aussi-bien que de l’écu ouvert en chape, comme celui des henriques, que les Espagnols nomment tierce en mantel. Cujas, d’azur à la tour couverte d’argent, mantelée ou chapée de même.

MANTELETS, en terme de guerre, (Art milit.) sont des especes de parapets mobiles faits de planches ou madriers, d’environ trois pouces d’épaisseur, qui sont cloués les uns sur les autres jusqu’à la hauteur d’environ six piés, & qui sont ordinairement serrés avec du fer-blanc, & mis sur de petites roues ; de façon que, dans les sieges, ils peuvent


se placer devant les premiers, & leur servir de blinde pour les couvrir de la mousqueterie. Voyez Blindes.

Il y a une autre sorte de mantelets couverts par le haut, dont les mineurs font usage pour approcher des murailles d’une place ou d’un château. Voyez Galerie.

Il paroît dans Vegece que les anciens s’en servoient aussi sous le nom de vincæ : mais ils étoient construits plus légérement, & cependant plus grands que les nôtres, hauts de 8 à 9 piés, larges d’autant, & longs de 16, couverts à doubles étages ; l’un de planches, & l’autre de claies, avec les côtés d’osier, & revêtus par dehors de cuirs trempés dans de l’eau de peur du feu. Chambers.

Les mantelets servoient autrefois aux sapeurs pour se couvrir du feu de la place ; mais ils se servent actuellement pour le même usage du gabion farci. Voyez Gabion.

M. le maréchal de Vauban s’en servoit dans les attaques ; voici ce qu’il prescrit pour leur construction dans son traité de l’attaque des places.

« Pour faire les mantelets, on cherche des roulettes de charrue à la campagne ; on leur met un essieu de 4 à 5 pouces de diametre, sur 4 à 5 piés de long entre les moyeux, au moyen desquelles on assemble une queue fourchue de 7 à 8 piés de long, à tenons & mortoises, passant les bouts de la fourche entaillée dans l’essieu : on les arrête ferme par des chevilles ou des clous, les deux bouts traversés sur l’essieu passant au-travers du mantele, qui est un assemblage de madriers de 2 piés 8 pouces de haut sur 4 de large, penchant un peu sur l’essieu du côté de la queue, pour l’empêcher de culbuter en avant. Les madriers qui composent les mantelets, sont goujonnés l’un à l’autre, & tenus ensemble par deux traverses de 4 pouces de large & 2 d’épais, auxquelles ils sont cloués & chevillés. Tout le corps du mantelet s’appuie sur une ou deux contrefiches assemblées dans les traverses du mantelet par un bout d’une part, & sur la queue du même de l’autre, auquel elles sont fortement chevillées ». Voyez Planche XIII. de Fortification, le plan, profil & élévation de ce mantelet.

On en avoit autrefois d’une autre façon. Ils étoient formés de deux côtés qui faisoient un angle saillant, & ils étoient mûs par trois roulettes. Cette machine s’appelloit pluteus chez les Romains. Voyez l’attaque & la défense des places des anciens, par le chevalier de Folard. Voyez aussi cet ancien mantelet dans la Planche qu’on vient de citer.

Mantelet ou Contresabords, (Marine.) ce sont des especes de portes qui ferment les sabords, ils sont attachés par le haut, & battent sur le feuillet du bas ; ils doivent être faits de fortes planches, bien doublés & cloués fort serré en losange. La doublure en doit être un peu plus mince que le dessus ; on les peint ordinairement de rouge en-dedans. Voyez Marine, Planche VI. fig. 77. le dessein d’un mantelet de sabord & sa doublure.

Mantelet, (Marchand de modes.) c’est un ajustement de femme qu’elles portent sur leurs épaules, qui est fait de satin, taffetas, droguet, ou autre étoffe de soie ; elles attachent cet ajustement sous leur menton avec un ruban, & cela leur sert pour couvrir leur gorge & leurs épaules ; il descend par derriere en forme de coquille environ jusqu’au coude, & elles l’arrêtent par-devant avec une épingle, il est garni tout autour d’une dentelle de la même couleur qui forme des festons ; on en garnit aussi en hermine, en petit-gris, en cigne, &c. on en falbalate avec de la même étoffe découpée.

L’on en a fait avec le velours, de la chenille, de