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garde trente hommes avec un tambour, commandés par un officier, & le tambour doit appeller quand il passe devant le corps-de-garde.

Les maréchaux de camp ont en campagne neuf cens livres d’appointemens par mois de campagne ou de 45 jours.

Le grade de maréchal de camp est aujourd’hui une charge dont l’officier est pourvu par brevet du roi.

Maréchal de France, (Art milit.) c’est le premier officier des troupes de France. Sa fonction principale est de commander les armées en chef. Voyez Général.

Le P. Daniel prétend que c’est du tems de Philippe Auguste qu’on voit pour la premiere fois le commandement des armées joint à la dignité de maréchal. Avant ce prince l’office de maréchal étoit une intendance sur les chevaux du prince, aussi-bien que celui de connétable, mais subordonné & inférieur à celui-ci.

Le premier maréchal de France qu’on trouve avoir quelque commandement dans les armées, est Henri Clement, qui étoit à la tête de l’avant-garde dans la conquête que Philippe Auguste fit de l’Anjou & du Poitou, ainsi que Guillaume le Breton, historien de ce prince le rapporte. On voit dans le même historien que ce maréchal commandoit l’armée par sa dignité de maréchal.

Jure marescalli cunctis pralatus agebat.

La dignité de maréchal de France n’étoit point à vie dans ces premiers tems : celui qui en étoit revêtu la quittoit lorsqu’il étoit nommé à quelqu’autre emploi qu’on jugeoit incompatible avec les fonctions de maréchal. Il y en a plusieurs exemples dans l’histoire, entr’autres celui du seigneur de Morcul, qui étant maréchal de France sous Philippe de Valois, quitta cette charge pour être gouverneur de son fils Jean, qui fut son successeur sur le trône, mais il y fut rétabli dans la suite.

Il n’y eut d’abord qu’un maréchal de France lorsque le commandement des armées fut attaché à cette dignité ; mais il y en avoit deux sous le regne de S. Louis : car quand ce prince alla à son expédition d’Afrique, l’an 1270, il avoit dans son armée avec cette qualité Raoul de Sores, seigneur d’Estrées, & Lancelot de Saint Maard. François I. en ajouta un troisieme, Henri II. un quatrieme ; ses successeurs en ajouterent encore plusieurs autres : mais il fut ordonné aux états de Blois, tenus sous le regne de Henri III. que le nombre des maréchaux seroit fixé à quatre. Henri IV. fut néanmoins contraint de se dispenser de cette loi, & d’en faire un plus grand nombre, qui a encore augmenté par Louis XIII. & par Louis XIV. Il s’en est trouvé jusqu’à vingt sous le regne de ce prince, après la promotion de 1703.

La dignité de maréchal de France est du nombre de celles qu’on appelle charges de la couronne, & il y a déja long-tems : on le voit par un acte rapporté par le P. Anselme, où il est dit : En l’arrêt du duc d’Orléans, du 25 Janvier 1361, est narré que les offices de maréchaux de France appartiennent à la couronne, & l’exercice auxdits maréchaux, qui en font au roi foi & hommage.

Les maréchaux ont un tribunal où ils jugent les querelles sur le point d’honneur, & de diverses autres choses qui ont rapport à la guerre & à la noblesse. Ils ont des subdélégués & lieutenans dans les provinces pour en connoître en premiere instance, avec leur jurisdiction au palais à Paris, sous le titre de connétablie & maréchaussée de France. Ils ont des officiers qui exercent la justice en leur nom.

Le revenu de leur charge n’étoit autrefois que de 500 livres, encore ils n’en jouissoient que pendant qu’ils en faisoient les fonctions ; à-présent leurs ap-

pointemens sont de 12000 livres même en tems de

paix. Quand ils commandent l’armée, ils en ont de beaucoup plus forts, savoir 8000 livres par mois de 45 jours : outre cela, le roi leur entretient un secrétaire, un aumônier, un chirurgien, un capitaine des gardes, leurs gardes, & plusieurs aides de camp.

Les maréchaux de France, en quelque ville qu’ils le trouvent, quand même ils n’y seroient point de service, ont toujours une garde de 50 hommes, compris deux sergens & un tambour, commandés par un capitaine, un lieutenant, avec l’enseigne & son drapeau.

Lorsqu’ils entrent dans une ville, on fait border les murs d’une double haie d’infanterie, depuis la porte par où ils entrent jusqu’à leur logis : les troupes présentent les armes, les officiers saluent, & les tambours battent aux champs. S’il y a du canon dans la place, on le salue de plusieurs volées de canon.

La dignité de maréchal de France ne s’obtenoit autrefois que par le service sur terre, mais Louis XIV. l’a aussi accordée au service de mer. Jean d’Etrées, pere du dernier maréchal de ce nom, est le premier qui l’ait obtenu : il y en a eu depuis plusieurs autres, comme MM. de Tourville, de Château-Renaud, &c.

Les maréchaux de France portent pour marque de leur dignité, deux bâtons d’azur semés de fleurs-de-lis d’or, passés en sautoir derriere l’écu de leurs armes. Hist. de la milice françoise.

Maréchal général des camps et armées du Roi, (Art. milit.) c’est une charge militaire qui se donne à-présent à un maréchal de France auquel le roi veut accorder une distinction particuliere. Dans son origine elle étoit donnée à un maréchal de camp, & c’étoit alors le premier officier de ce grade. Le baron de Biron en étoit pourvu avant que d’être élevé au grade de maréchal de France ; il en donna sa démission lorsque le roi le fit maréchal de France le 2 Octobre 1583. Voyez sur ce sujet la chronologie militaire par M. Pinard, tome I. p. 320, & le commencement du tome II. du même ouvrage.

La charge de maréchal général des camps & armées du roi fut ensuite donnée à des maréchaux de France. On trouve dans l’histoire des grands officiers de la couronne, trois maréchaux de France qui en ont été revêtus, le maréchal de Biron, second du nom, le maréchal de Lesdiguieres, depuis connétable de France, & M. le vicomte de Turenne. On trouve dans le code militaire de M. de Briquet, les provisions de cette charge pour M. de Turenne : elles ne portent point qu’il aura le commandement sur les autres maréchaux de France ou qu’ils lui seront subordonnés ; c’est la raison sans doute pour laquelle le feu roi ordonna en 1672 qu’ils fussent sous ses ordres, sans tirer à conséquence.

Depuis M. de Turenne, M. le maréchal de Villars à obtenu cette même charge en 1733, & M. le maréchal de Saxe en 1746.

Maréchal général des logis de la cavalerie, (Art milit.) c’est en France un officier qui a à-peu-près les mêmes fonctions & les mêmes détails dans la cavalerie que le major général dans l’infanterie. Voyez Major général. Cet officier va au campement ; il distribue le terrein pour camper la cavalerie sous les ordres du maréchal de camp de jour, dont il prend l’ordre pour le donner aux majors de brigades ; il a chez lui à l’armée un cavalier d’ordonnance pour chaque brigade, afin d’y porter les ordres qu’il peut avoir à donner. Cette charge, selon M. le comte de Bussy, ne paroît point avant le regne de Charles IX.

Il y a, outre la charge de maréchal général des logis de la cavalerie, deux autres officiers qui ont le titre de maréchal des logis de la cavalerie, dont la création est de Louis XIV, ils font dans les armées, lorsque