Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 11.djvu/823

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veines & d’arteres assez grosses. On le nomme ongle variqueux & panniculus ; c’est le sebel des Arabes. (Y)

PANOMA, (Hist. nat. Bot.) arbre des Indes orientales qui vient de la grandeur d’un coignassier. Sa feuille est semblable à celle de la mauve, & son fruit à une aveline. Son bois est très-purgatif, il est un excellent antidote contre toutes sortes de poisons. On le vante aussi pour les fievres, les coliques, la gravelle & l’hydropisie, &c. Sa dose est depuis un grain jusqu’à un demi-scrupule, que l’on prend dans du bouillon ; les Indiens qui cultivent cet arbre le cachent soigneusement aux Européens.

PANOMPHÉE, adj. m. & f. (Ant. grecq.) Πανομφαῖος, surnom que les Grecs donnoient à Jupiter, non pas seulement parce qu’il étoit adoré de toutes les nations, ou, pour m’exprimer avec Eustache, parce que les voix de tous les peuples se tournoient vers lui ; mais sur-tout parce qu’il étoit l’auteur de toutes les divinations, ayant entre les mains les livres du destin, dont il reveloit plus ou moins selon son plaisir, aux prophetes qui parloient par sa voix. Voyez Potter, t. I. p. 263.

PANONCEAU, s. f. (Arch.) c’est ainsi qu’on nomme une girouette qui a des armes peintes ou évuidées à jour ; c’étoit autrefois une marque de noblesse. (D. J.)

Panonceaux, s. m. pl. (Jurisprud.) que l’on appelloit aussi par corruption pénonceaux ou pénoncels, vient du latin pannum, qui signifie un drapeau, un pan, morceau ou lambeau de drap ou de lange qui sert de marque pour désigner quelque chose.

L’usage des panonceaux paroît tirer son origine des brandons ou marques que les Grecs & les Romains mettoient sur les héritages pour anonncer qu’ils étoient hypothéqués.

En France on n’use pas de brandons ni de panonceaux pour marquer qu’un héritage est hypothéqué ; on met des brandons pour marque de saisie.

Les panonceaux royaux sont des placards, affiches ou tableaux, sur lesquels sont représentées les armes du roi.

On appose ces panonceaux sur la porte ou entrée d’une maison ou autre héritage pour marquer que ce lieu est sous la sauvegarde ou protection du roi, ou bien pour signifier que l’héritage est sous la main de la justice, c’est-à-dire qu’il est saisi réellement.

Les panonceaux royaux sont aussi appellés bâtons royaux, parce que les bâtons royaux sont passés en sautoir derriere l’écu, ou parce qu’on se contente de représenter dans le tableau les bâtons royaux.

Dans plusieurs lettres de sauvegarde les armes du roi étoient peintes.

On mettoit de ces panonceaux sur les lieux qui étoient en la sauve-garde du roi dans les pays de droit écrit.

On en mettoit aussi quelquefois, & en cas de péril imminent, sur les maisons de ceux qui étoient en la sauve-garde du roi, quoiqu’elles ne fussent pas situées dans le pays de droit écrit ; il y a plusieurs exemples de sauve-gardes pareilles, dont les lettres sont rapportées dans le quatrieme volume des ordonnances de la troisieme race.

Présentement l’on ne fait plus à cet égard aucune distinction entre les pays coutumiers & les pays de droit écrit.

Suivant une ordonnance de Louis X. du 17 Mai 1315, & une de Philippe le Long, du mois de Juin 1319, les panonceaux royaux ne doivent être apposés dans les lieux de jurisdiction seigneuriale que dans les cas qui sont réservés au roi, & avec connoissance de cause.

Bacquet dans son traité des droits de justice, ch. 26. n. 11. dit qu’en matiere de saisie-réelle & de criées ; les sergens royaux sont les seuls qui puissent apposer


les panonceaux. Voyez le glossaire de M. de Lauriere, au mot panonceaux.

PANOPE, s. f. (Mythol.) fille de Nérée & de Doris, étoit une des divinités marines, que les matelots invoquoient le plus fréquemment pendant la tempête, avec Glaucus & Mélicerte ; son nom signifie celle qui donne toutes sortes de secours. (D. J.)

Panope, (Géog. anc.) ville de la Phocide, à laquelle Homere dans son Odyssée, A, v. 580, donne le surnom d’agréable pour ses danses.

PANOPLIE, s. f. (Hist. ecclesiast.) exposition de toutes les hérésies, avec leur réfutation tirée des peres. Euthimius Zigabene, moine, fut l’auteur de la panoplie. Ce fut l’empereur Alexis qui lui ordonna cet ouvrage. Panoplie armure complette de doctrine.

PANOPOLIS, (Géog. anc.) ville d’Egypte dans la Thébaïde, remarquable par la naissance du poëte grec Nonnus, qui florissoit dans le cinquieme siecle ; on a de lui un poëme intitulé Dionysia.

Horus-Apollon étoit aussi natif de Panopolis. Il enseigna la grammaire à Alexandrie, & ensuite à Constantinople sous l’empire de Théodose. La meilleure édition de ses hiéroglyphes, est celle d’Utrecht, en 1727, in-4°. en grec & en latin, avec des notes par Jean Corneille de Pauw. (D. J.)

PANORMIE, s. f. (Hist. mod.) recueil de toutes les loix, de παν, tout, & de νομος, loi. C’est le titre d’un decret attribué à Yves de Chartres, mais qui n’est pas de lui. Sigebert prétend que Hugues de Châlon en est auteur.

PANORMUS, (Géog. anc.) nom commun à plusieurs lieux ; 1°. ville de Sicile, sur la côte septentrionale de l’île, dont les Phéniciens passent pour être les fondateurs. De l’aveu de tout le monde, elle est la même que celle que nous nommons aujourd’hui Palerme.

2°. Panormus, ville de l’île de Crete, sur la côte septentrionale, selon Ptolomée, l. III. c. xvij.

3°. Ville de la Macédoine, dans la Chalcidie, selon le même Ptolomée, l. III. c. xiij.

4°. Port & ville de l’Achaïe propre, selon Pausanias, l. VII. c. xxij. Thucydide, l. II. Pline, l. IV. c. xj. Polybe, l. V. p. 102.

5°. Port de l’Attique, près du promontoire Sunium.

6°. Port d’Afrique, dans la Marmarique.

7°. Port de la ville Oricum, sur la mer Ionienne, selon Strabon, l. VII. p. 316, &c. (D. J.)

PANOS, (Géog. anc.) nom commun à plusieurs lieux ; 1°. à un promontoire de l’île de Rhodes ; 2°. à une ville d’Egypte nommée par Ptolomée, Panopolis ; 3°. à une montagne de l’Attique ; 4°. à un bois sacré, près de l’île de Méroé, & que les Gymnosophistes habitoient.

PANOSSAKES, s. m. pl. (Comm. d’Afriq.) ce sont des pagnes dont se servent les negres sur la plûpart des côtes d’Afrique : les Européens qui trafiquent sur la riviere de Cambie, en tirent beaucoup du royaume de Cantor, où se font les meilleures ; elles sont rayées de couleur de feu.

PANOU, (Hist. nat.) oiseau du Brésil, qui est de la grosseur d’un merle, & dont le plumage est noir ; à l’exception de celui qui couvre son estomac, qui est d’un rouge foncé ou sang de bœuf.

PANQUE, s. f. (Botan. exot.) plante qui croît au Chily, grande contrée de l’Amérique dans la mer du Sud : on se sert de sa tige bouillie, avec le maki & le gonthion, autres arbrisseaux du pays, pour teindre en noir, & sa teinture ne brûle point les étoffes, comme le noir de l’Europe : cette plante ne se trouve que dans les lieux marécageux ; sa feuille est ronde, tissue, comme celle de l’achante, & n’a guere moins de deux ou trois piés de diametre :