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de roche, où il se trouve encore un peu de sable dans lequel le poisson plat se puisse enfouir.

On prend principalement avec ce filet, des poissons plats comme turbots, barbues, solles & des flets, que pour cette raison les Pêcheurs nomment des picots frans.

PICOTE, s. f. (Lainage.) ou gueuse, étoffe toute de laine d’un très-bas prix ; c’est une espece de petit camelot. Cette forte d’étoffe se fabrique à Lille en Flandres, où il s’en fait de plusieurs longueurs & qualités. Elle est à peu-près semblable aux lamparillas & polimites, mais non pas de si bonne qualité. Sa destination la plus ordinaire est pour l’Espagne, car pour en France il ne s’y en consomme presque pas. Il y a aussi des picotes qui sont mêlées de soie. Savary.

PICOTEMENT, s. m. (Médec.) est une propriété des corps angulaires & aigus par laquelle ils picotent & causent des vibrations & les inflexions des fibres des nerfs, & une grande dérivation du fluide nerveux dans les parties affectées.

Les picotemens produisent la douleur, la chaleur, la rougeur, &c. On peut les réduire aux dépilatoires violens & pénétrans, aux sinapismes modérés, aux vesicatoires & aux caustiques. Voyez Sinapisme, Vesicatoire, &c.

PICOTER, v. act. piquer des trous ; & PICOTÉ, adj. (Gramm.) taché de petits trous. Il se dit de ceux qui ont eu la petite-vérole. Il se dit aussi en Blason pour marqueté. Les pêcheurs & les naturalistes ont remarqué que la truite étoit picotée ; c’est ainsi qu’ils rendent le mot latin variegatus, qui signifie strictement couvert de taches de différentes couleurs.

PICOTEURS, s. m. pl. (Pêche.) petits bateaux servant au lamanage & à la pêche ; terme de pêche usité dans l’amirauté de Saint-Vallery en Somme.

PICOTIN, s. m. (Mesure de continence.) sorte de petite mesure à avoine qui contient quatre litrons, c’est-à-dire le quart d’un boisseau de Paris. Le picotin dont se servent les bourgeois pour la distribution de l’avoine à leurs chevaux est ordinairement d’osier ; mais celui dont se servent les regrattiers & maîtres grainiers doit être de bois.

Le picotin de bois n’est autre chose que le quart du boisseau de Paris ; il doit avoir quatre pouces neuf lignes de hauteur sur six pouces neuf lignes de diametre ou de large entre les deux fûts.

Le picotin, en anglois pectz, est encore une mesure pour les grains dont on se sert à Londres & dans le reste de l’Angleterre ; quatre picotins font un galon ou boisseau ; huit galons font le quarteau ou barique, & dix quarteaux un quart font le last. Savary. (D. J.)

Picotin, (Arpentage.) c’est une mesure qui sert à l’arpentage dans quelques lieux de la Guyenne. Il faut 12 escaits pour faire le picotin, chaque escait de 12 piés mesure d’Agen, qui est environ de trois lignes plus grande que le pié de roi. Savary.

PICPUS, PICPASSE, PIQUEPUSSE, s. m. (Hist. eccl.) religieux du tiers ordre de S. François, autrement dits pénitens, fondés en 1601 à Picpus, petit village qui touche au faubourg S. Antoine de Paris. C’est ce village qui a donné nom à la maison des religieux, & c’est cette maison qui n’est que la seconde de l’ordre, qui a donné nom à l’ordre entier. Lorsqu’un ambassadeur fait son entrée, les officiers du roi vont le prendre à Picpus. Ils dînent dans la maison. C’est de-là que la marche commence. Madame Jeanne de Sault, veuve de René de Rochechouart, comte de Mortemar, en fut reconnue pour fondatrice. Henri IV. accorda des lettres-patentes au nouvel établissement. Louis XIII. posa la premiere pierre de l’église, & prit dans les lettres-patentes qu’il accorda en 1624 au monastere, la qualité de fondateur.

PICQ ou PIC, s. m. (Mesure de longueur.) mesure

étendue dont on se sert en Turquie, ainsi que l’on fait de l’aune en France pour mesurer les corps des longueurs, comme étoffes, toiles, &c.

Le picq contient 2 piés 2 pouces 2 lignes, qui sont trois cinquiemes d’aune de Paris ; en sorte que cinq picqs font trois aunes, ou trois aunes font cinq picqs.

On appelle à Smyrne tapis de picq, la seconde sorte de tapis de Turquie ou de Perse qui s’y achetent par les nations qui sont le commerce du Levant. Ils sont ainsi nommés parce qu’ils ne se vendent pas à la piece, mais au picq quarré. Dict. du Comm.

PIQUINAIRE, s. m. (Art milit.) anciennement homme de guerre armé d’une pique.

PICRIS, (Botan.) nom donné par Linnæus au genre de plantes appellé par Vaillant helminthotheca ; en voici les caracteres. Le calice commun est double ; l’extérieur est composé de cinq feuilles faites en cœur ; l’intérieur est de forme ovale & tout ouvert. La fleur est d’un genre composé, elle est partie uniforme, & en partie faite en faitiere. Les petites fleurs qui la forment sont égales & nombreuses, chacune est composée d’un seul pétale partagé en cinq segmens ; les étamines sont cinq filets capillaires ; les bossettes des étamines sont cylindriques ; le germe du pistil est placé sous la fleur ; le stile est de la longueur des étamines ; les stigma au nombre de deux, sont recourbés ; les calices subsistent après la chute des fleurs, & servent de capsule aux semences qui sont ovoïdes, obtuses & à aigrettes ; le receptacle, ou l’enveloppe est nud ; les graines varient en figure.

PICTES, les, (Hist. Géog.) en latin Picti ; anciens peuples de la grande Bretagne, mais dont l’origine est fort obscure. Lorsque les Romains s’emparerent de la grande Bretagne, les Pictes occupoient la partie orientale de l’île, depuis la Tine jusqu’à l’extrémité septentrionale.

Sous les premiers empereurs romains il ne se passa rien de remarquable où les Pictes paroissent avoir eu part ; mais sous Valentinien I. les Romains les attaquerent, parce que ces peuples, de concert avec leurs voisins, avoient fait des irruptions dans la province romaine. Nectaridius, gardien des côtes, Buchobandes, Severe & Jovin entreprirent inutilement de les soumettre, car ils furent défaits tour-à-tour. Enfin Théodose l’ancien y ayant été envoyé, augmenta les terres des Romains d’un grand pays qui appartenoit aux Pictes. Dans la suite Stilicon, tuteur d’Honorius, envoya Victorinus pour réprimer fortement ces peuples, qui depuis la mort de Théodose, recommençoient à faire de nouvelles courses dans la province romaine. Victorinus agissant en maître, leur défendit de nommer un successeur à Hengist leur roi qui venoit de mourir. Cette action de hauteur irrita les Pictes, qui crurent qu’il vouloit les chasser de leur île, comme il en avoit chassé les Scots par leur secours. Dans cette crainte, ils rappellerent les Scots ; & Ferjus, prince du sang royal d’Ecosse, ravagea les terres des Romains, & se fit céder tout le pays au nord de l’Humber.

Vers l’an 511, les Pictes s’étant alliés des Saxons, assiégerent Aréclute, mais Arthur les battit, & ruina leur pays d’un bout à l’autre.

Depuis l’irruption des Anglois, la Bretagne avoit été partagée entre les Bretons ou Gallois, les Ecossois, les Pictes & les Anglo-Saxons. Les Pictes & les Ecossois habitoient la partie septentrionale de l’île. L’Esca & la Ewede ; & les montagnes qui sont entre ces deux rivieres, les séparoient des Anglo-Saxons. Les Pictes étoient à l’orient, les Ecossois à l’occident. Le mont Gratbain faisoit leur borne commune depuis l’embouchure de la Nysse jusqu’au lac Lomon. Alberneth étoit la capitale des Pictes, & Edimbourg étoit encore à eux. Ils ne se contenterent pas de ces terres, ils attaquerent en 670 Egfrid, roi de tout le