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gueur de sept à huit pouces, sur deux pouces de diametre, dont une des extrémités qui se termine en talon ou tête de marteau, leur sert pour monter leurs balles, & à proprement parler, à clouer les cuirs sur les bois de balle. L’autre extrémité qui est comme une pince aiguë, courbée, & refendue, leur tient lieu de tenailles, lorsqu’il s’agit de détacher les clous & démonter les balles. Voyez Balles, Bois de balles, Cuirs.

Pié de la lettre, (Imprimerie.) est le bout ou extrémité opposée à l’œil ; on l’appelle pié, parce que c’est cette extrémité qui sert de point d’appui à la superficie & au corps de la lettre, qui peut être considérée dans son tout, comme ayant trois parties distinctes, l’œil, le corps, & le pié.

Piês de mouche, (Caractere d’Imprimerie.) ainsi figuré ¶. Il à faire connoître les remarques qu’un auteur veut distinguer du corps de sa matiere, afin que l’on sache pour quelle raison on s’en sert dans un ouvrage ; l’auteur doit en avertir le lecteur dans sa préface. Voyez table des Caracteres, figure 5.

Pié, huit piés, ouvert, ou huit piés en résonnance, (jeu d’orgue.) ce jeu qui est d’étain joue l’octave au-dessus du bourdon, & de la montre de 16 piés, & l’unisson du bourdon de quatre piés bouché. Voyez la table du rapport & de l’étendue des jeux de l’orgue, & la fig. 33. Pl. d’orgue. Ce jeu est ouvert, & a quatre octaves.

Pié, dans les orgues : on appelle pié, la partie inférieure c d e, fig. 31. n°. 2. Pl. d’orgue, de forme conique d’un tuyau. Le pié est ordinairement de la même étoffe que le tuyau, & y est soudé après que le biseau qui sépare le tuyau du pié a été soudé avec ce dernier. La levre inférieure de la bouche est prise dans le corps même du pié que l’on applatit en-dedans pour les tuyaux qui ont la bouche en pointe ; pour ceux qui l’ont ovale, c’est une piece de la forme d’un segment de cercle que l’on retranche du pié. La fleche de ce secteur, a fig. 33. est le quart de sa corde ; la piece retranchée d’un tuyau sert pour un autre de moindre grosseur.

On observe de donner aux tuyaux des montres d’orgue, des longueurs & des grosseurs symmétriques, en sorte que les bouches des tuyaux suivent des deux côtés d’une tourelle ou dans des plates faces correspondantes, des lignes également inclinées à l’horison. Cet arrangement donne plus de grace au fust d’orgue, que si les bouches étoient toutes sur une même ligne, ou qu’elles fussent disposées irrégulierement.

Pié dans le cheval, (Maréchal.) c’est la partie de la jambe depuis la couronne jusqu’au bas de la corne. Voyez Couronne. Il est composé de la couronne, du sabot, de la sole, de la fourchette, & des deux talons. Les défauts du pié sont d’être gros, c’est-à-dire, trop considérables à proportion de la jambe ; gros, c’est-à-dire, que la corne en est trop mince ; comble plat, ou en écaille d’huitre, est celui qui n’a pas la hauteur suffisante, & dont la sole descend plus bas que les bords de la corne, & semble gonflé ; dérobé, ou mauvais pié, est celui dont la corne est si usée ou si cassante, qu’on ne sauroit y brocher des clous. Pié encastelé, voyez Encastelure, cerclé, voyez Cerclé. Pié du montoir, c’est le pié gauche de devant & de derriere ; pié hors du montoir, c’est le droit ; pié sec, est celui qui se resserre, s’encastele & se cercle naturellement. Le petit pié, est un os qui occupe le dedans du pié, & qui est emboîté par la corne du sabot. Pié neuf, se dit d’un cheval à qui la corne est revenue après que le sabot lui est tombé ; & il n’est plus propre dans ce cas que pour le labour. Parer le pié d’un cheval, c’est rendre les bords de la corne unis, pour poser ensuite le fer dessus. Galoper sur le bord ou sur le mauvais pié, voyez Galoper. On me-

sure les chevaux par pié & pouces ; le pié de la lance. Voyez Lance.

Pié de biche, (Menuiserie.) est un morceau de planche, au bout duquel il y a une entaille en forme de pié de biche ; il sert à tenir l’ouvrage sur l’établi. Voyez les fig. Planches de la Menuiserie.

Pié de biche, terme de Menuisier ; ils appellent pié de biche, une certaine façon de terminer les piés d’une table, d’une chaise, ou autre ouvrage en forme du pié d’une biche. (D. J.)

Pié de biche, (Orfévrerie.) ce sont les piés qui supportent les caffetieres d’argent ou d’autres ouvrages de cette nature, qu’on appelle ainsi, parce qu’ils ont la forme du pié d’une biche.

Pié. On dit un tableau, un dessein réduit au petit pié, quand pour en copier un grand on proportionne toutes les parties par quarrés, suivant ceux qu’on a marqués sur l’original. C’est ce qu’on nomme aussi craticuler, ou faire un chassis ou treillis.

Piés-droits, (Plomberie.) ce sont les plaques ou tables de plomb dont on couvre la charpente des lucarnes, pour empêcher que le bois ne pourrisse à la pluie. Les piés-droits se payent à tant le cent pesant mis en œuvre, plus ou moins, suivant le prix du plomb. Savary. (D. J.)

Pié de biche, terme de Serrurier, c’est une barre de fer qui sert à fermer les portes cocheres ; cette barre est attachée à la muraille, & se divise à l’autre bout en deux crampons qui entrent dans les ferrures de la porte. (D. J.)

Pié, (Soyerie.) partie du métier. Il y a les piés de devant ; ce sont des piliers de bois de 15 pouces d’équarrissage jusqu’à la banque, & au-dessus de 7 à 8 pouces.

Il y a les piés de derriere ; ce sont des pieces de bois de 7 à 8 pouces d’équarrissage hautes de 6 piés ou environ : ceux de devant sont de la même hauteur.

Pié, (Teinture.) c’est la premiere couleur qu’on donne à une étoffe avant que de la teindre dans une autre couleur, comme le bleu avant que de le teindre en noir ; ce qui s’appelle pié de pastel ou de guede. On dit de même pié de garance, pié de gaude, pié de racine, & ainsi des autres drogues dont est composée une teinture.

Une seule étoffe a autant de piés de couleur qu’elle est successivement teinte en différentes couleurs ; & les Teinturiers en France sont obligés d’y laisser autant de roses ou rosettes que de piés, pour faire voir qu’ils ont donné les piés de leur couleur. Savary. (D. J.)

Pié derriere, au jeu de quilles, se dit d’un joueur qui finissant sa partie est obligé de jouer un pié au but ou dans le cercle de sa boule, & l’autre derriere. Cela ne se fait qu’au dernier coup de la partie ; & il y a même bien des joueurs qui conviennent de ne le pas faire.

PIECE, s. f. (Littérat.) dans la poésie dramatique, est le nom qu’on donne à la fable d’une tragédie ou d’une comédie, ou à l’action qu’on y représente. Voyez Fable & Action.

M. Chambers ajoute que ce mot se prend plus particulierement pour signifier le nœud ou l’intrigue qui fait la difficulté & l’embarras d’un poëme dramatique. Cette acception du mot piece peut avoir lieu en Angleterre, mais elle n’est pas reçue parmi nous. Par piece, nous entendons le poëme dramatique tout entier, & nous comprenons les tragédies, les comédies, les opera, même les opera comiques, sous le nom générique de pieces de théâtre. Depuis Corneille & Racine, nous avons peu d’excellentes pieces.

On appelle aussi pieces de poésie certains ouvrages en vers d’une médiocre longueur, telles qu’une ode, une élégie, &c. Toutes les pieces de Rousseau ne sont