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la séance se prolongeoit même quelquefois jusqu’à Noël, & encore par-delà. Voy. Parlement de Noel.

Parlement de Turin. Voyez Parlement de Piémont.

PARLEMENTAIRE, s. m. (Gram. & Hist.) c’est dans les troubles de l’état celui qui est attaché au parti du parlement, contre celui de la cour. Alors il s’agit des intérêts de la nation que le parlement & le roi veulent, mais qu’ils entendent mal l’un ou l’autre. Pour l’ordinaire, lorsqu’il y a deux factions, la faction des parlementaires & la faction des royalistes, les premiers pourroient prendre pour devise pour le roi, contre le roi.

PARLEMENTER, v. n. (Gram. & Art milit.) il se dit des assiégés qui demandent aux assiégeans à traiter des conditions auxquelles ils ouvroient leurs portes. C’est quelquefois de leur part un moyen de gagner du tems de ralentir les opérations, & de donner aux alliés le moyen de secourir.

PARLER, v. n. c’est manifester ses pensées au-dehors, par les sons articulés de la voix. Cependant quelquefois on parle par signes. Ce mot a un grand nombre d’acceptions différentes. On dit cet homme parle une langue barbare. Il y a des gens qui semblent parler du ventre. Les pantomimes anciens parloient de tous les points de leur visage & de toutes les parties de leur corps. Dieu a parlé par la bouche des prophêtes. Les rois parlent par la bouche de leurs chanceliers. Cette affaire transpire, on en parle. Les siecles parleront long-tems de cet homme. Cécile, vous avez été indiscrete ; vous avez parlé. Venez ici, parlez. A qui pensez-vous parler ? On parle peu quand on se respecte beaucoup. N’en parlez plus, oublions cette affaire. Je parlerai de vous au ministre. Il y a peu de gens qui parlent bien. La nature parle ; le sang ne sauroit mentir. Cela parle tout seul. Nous parlerons guerre, littérature, politique, philosophie, armées, belles-lettres. Les tuyaux de cet orgue parlent mal. Je veux que sa femme parle dans cet acte. Les murs ont des oreilles ; ils parlent aussi. Son silence me parloit. On apprend à parler à plusieurs oiseaux. On avoit appris à un chien à parler ; il prononçoit environ trente mots allemands. Voyez l’article Parole.

Parler aux chevaux, (Maréchal.) c’est faire du bruit avec la voix. Lorsqu’on approche les chevaux dans l’écurie sans leur parler, on risque souvent de se faire donner des coups de pié.

PARLEUR grand, (Lang. françoise.) cette expression grand parleur, renferme deux choses, selon le P. Bouhours, un défaut & une habitude. Qui dit grand parleur, dit un homme qui parle trop, qui parle souvent mal-à-propos, qui parle en l’air, qui parle pour parler : on ne dit pas d’un homme qui ne dit rien que de sensé, qui ne dit rien d’inutile, qu’il soit un grand parleur, quoiqu’il parle beaucoup ; on ne le diroit pas même d’un homme, qui dans une ou deux rencontres, auroit tenu de longs discours contre sa coutume, & se seroit trouvé en humeur de parler plus qu’à l’ordinaire. Grand parleur, marque une habitude ; & il ne faut pas s’en servir dans les endroits où il n’est question que d’un acte, comme on fait des célebres écrivains en traduisant, orantes nolite multum loqui ; ne soyez pas grands parleurs dans vos prieres, au lieu de dire, ne parlez pas beaucoup dans vos prieres : soyez courts dans vos prieres.

On dit bien c’est un grand parleur, ce sont de grands parleurs ; mais dans une occasion particuliere. On n’exhorte guere les gens à n’être pas grands parleurs ; on les exhorte à parler peu ; du moins on ne dit ordinairement grand parleur, que pour marquer un homme qui est sujet à parler beaucoup, &c.

L’auteur anonyme des réflexions sur l’usage présent de la langue françoise approuve la distinction du P. Bouhours ; mais il prétend que si en parlant en


général des prieres qu’on a coutume de faire tous les jours, je disois qu’il ne faut pas être grand parleur dans ses prieres, je m’expliquerois bien ; parce que c’est comme si je disois, qu’il ne faut pas se faire une habitude de parler beaucoup dans ses prieres, qui est une expression qu’on ne sauroit reprendre dans cette occasion, comme dans l’autre exemple ; parce qu’il s’agit ici de toutes les prieres généralement, & par conséquent d’un grand nombre d’actes, qui, étant réiterés, peuvent former une habitude. (D. J.)

PARLIERS, s. m. pl. (Jurisprud.) qui sont aussi quelquefois appellés emparliers, ou avant-parliers ; signifient quelquefois les avocats. Voyez les assises de Jerusalem, les coutumes de Beauvaisis, & le glossaire de la Thaumassiere, qui est ensuite.

Au style de Liége & ailleurs, ce sont les procureurs des parties litigantes. Voyez le Glossaire de Lauriere.

PARLOIR, s. m. dans les couvens de religieuses, c’est un petit espace ou cabinet où l’on parle aux religieux & religieuses à-travers une espece de fenêtre grillée. Ce mot vient du verbe parler.

Autrefois il y avoit aussi des parloirs dans les couvens de religieux, où les novices avoient coutume de converser ensemble dans les heures de recréation ; mais il y avoit au-dessus des endroits pour écouter, d’où les supérieurs pouvoient entendre tout ce qu’on disoit. On en voit encore de pareils dans l’abbaye de S. Germain des prés.

Dans l’ordre des Feuillans, le parloir est un petit réduit, ouvert de tous côtés, situé à chaque extrémité du dortoir, où les moines parlent ensemble ; car il ne leur est pas permis de parler dans le dortoir. Voyez Feuillans.

Parloir aux Bourgeois, (Jurisprud.) c’étoit l’ancienne maison commune de ville où les bourgeois de Paris s’assembloient pour parler de leurs affaires. Il y a eu deux maisons de ville appellées de ce nom.

La premiere étoit située dans la ville entre S. Leufroy & le grand Châtelet.

La seconde étoit au bout de l’université derriere les jacobins de la rue S. Jacques ; celle-ci étoit encore sur pié en 1504 ; elle fut cedée aux jacobins, & a été renfermée dans leur monastere. L’hôtel-de-ville fut ensuite transporté à la grève dans l’endroit où il est présentement. Voyez les antiquités de Sauval, tom. II. & III.

PARMA, (Hist. anc. arme défensive des anciens.) c’étoit un petit bouclier. Voyez Bouclier.

Polybe écrit que le parma étoit épais, rond, de trois piés de diametre, à l’usage des troupes armées à la légere & des cavaliers ; aussi Servius sur l’énéide, & Virgile lui-même en fait mention comme d’une piece d’armure légere, en comparaison de celui qu’on appelloit Clypeus, quoique plus grande que le pelta. Voyez Bouclier & Pelta.

PARME, le Duché de, (Géog. mod.) province d’Italie, bornée nord par le Pô, qui la sépare du Crémonese, nord-est par le Mantouan, est & sud-est par le duché de Modene, sud par la Toscane, ouest par le duché de Plaisance ; c’est un pays délicieux & fertile, dont jouit la maison d’Espagne. Parme en est la capitale. (D. J.)

Parme, (Géog. anc. & mod.) ville d’Italie, capitale du duché de même nom, avec une citadelle, un évêché suffragant de Bologne, & une université. Elle est sur la riviere de Parme, à 12 lieues S. E. de Crémone, 14 S. O. de Mantoue, 26 N. O. de Modene, 12 S. E. de Milan. Long. suivant Des Places & de la Hire, 28, 19. lat. 44d. 44′ 50″.

Cette ville est très-ancienne, & a eu l’avantage de conserver toujours le même nom sans aucun changement. Les Romains, avant & après Auguste, & les Italiens d’aujourd’hui, la nomment Parma. Elle est située dans une plaine, sur l’ancien chemin ro-