Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/67

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D engrene en même tems dans une seconde lanterne horisontale s, arrêtée à une manivelle à trois coudes f, correspondante par des tirans v aux bascules x qui font mouvoir une autre pompe à trois corps y : les roues C & D sont défendues par plusieurs pieces de bois z moisées en &, posées en travers sur les moises i des palées, & pour leur donner moins de force ou de vitesse, on descend plus ou moins par deux crics à moulinets en aa un tirant bb auquel sont attachées par en-bas des madriers dd pour retenir les eaux, ce qui fait à-peu-près l’effet des vannes.

Description d’une machine à remonter les bateaux. La machine dont il est ici question, Pl. XXXIX, XL & XLI, aussi simple qu’ingénieuse & utile, se trouve placée sur un bateau, situé à Paris sur la riviere de Seine, sous une des arches du pont-neuf ; elle seule remonte depuis le pont royal, tous les bateaux chargés de marchandises que l’on voit entre ces deux ponts, sans aucune autre force que celle qu’elle emprunte du courant de la riviere ; cette machine est mue par quatre volans ayant chacun six aîles, composées de bras A, d’aubes B & liens C, traversant l’extrémité de deux essieux D bien frettés par chaque bout, tournant sur plusieurs tasseaux E formant coussinets, posés sur des pieces de bois F joignant des planchers, composés de plate-formes G & de pieces de bois H, traversant les plats-bords I du bateau servant en même tems à défendre les roues ; ces planchers faits pour faciliter la manœuvre, communiquent de l’un à l’autre par-dessus la machine par un petit pont K ; chacun des essieux D porte autour de soi, d’un côté un assemblage de plusieurs pieces de bois L formant cylindre frettés solidement par chaque bout, autour duquel s’enveloppe un cordage M auquel on attache des bateaux chargés, soutenu à son extrémité par une poulie N montée entre deux supports O posés sur un sommier P, qui avec les liens Q va joindre les plat-bords I du bateau ; ce cordage M ayant fait six à sept tours autour des cylindres L, se développe en R par des hommes pour être replié ; tous les tours qu’il fait roulant sur des rouleaux horisontaux S retenus à des traverses T, sont entretenus & conduits par d’autres U plus courts posés perpendiculairement entre deux entretoises V faisant partie d’un assemblage de charpente, composé de quatre poteaux montans X retenus ensemble par en-haut, non-seulement par les traverses T & entretoises V des rouleaux, mais encore par deux autres Y surmontées de deux semblables Z boulonnées avec les précédentes, & par en-bas de liens & appuyés avec les montans X sur un chassis, composé de pieces de bois a & de traverses b ; l’autre côté des essieux D porte l’assemblage d’une grande roue c pour arrêter la machine, autour de laquelle frotte un cercle deh de bois élastique lui servant de frein, dont une de ses extrémités e est arrêtée à demeure sur une traverse f, tenant d’un côté à un des montans X, & de l’autre à un support g appuyé sur une des traverses b du chassis, & l’autre h à tenon entrant dans une mortaise pratiquée dans la traverse f va joindre une bascule k, par laquelle on donne plus ou moins de frottement au cercle d, qui donne à son tour plus ou moins de vitesse à la machine.

On peut regarder les vaisseaux, navires, bateaux, &c. comme des ponts mobiles qui transmettent un voyageur du bord d’une riviere à l’autre, du rivage d’une mer au rivage opposé. Nous allons donc faire rentrer ici des détails sur ces machines qui ont été omis à leur véritable place ; qu’on aimera mieux retrouver ici que de n’avoir point ; & que les éditeurs qui nous succéderont, pourront ranger plus convenablement à l’article Charpente.

Des vaisseaux, navires, bateaux, &c. Personne


n’ignore l’utilité des bâtimens qui voguent sur les eaux ; le fréquent usage que l’on en fait tous les jours, & le commerce immense dont ils sont la source, le font assez connoitre. Il en est de deux especes ; les uns sont faits pour voguer sur la mer, & les autres sur les rivieres. On trouvera à la suite de la marine des détails sur la construction des uns ; & nous allons voir ceux qui ont rapport à la construction des autres.

Des bateaux. Tous les bateaux qui navigent sur les rivieres sont tous construits à-peu-près de la même maniere, c’est-à-dire plats par dessous, raison pour laquelle on les appelle bateaux plats. Il en vient à Paris des provinces de Normandie, de Picardie, des environs de S. Dizier sur Marne, & de la Loire par le canal de Briare qui communique à la Seine.

Les bateaux qui nous viennent de Normandie sont de cinq especes. La premiere, sont les bateaux foncets, dits besogues ; la seconde, les écayers ; la troisieme, les flettes ; la quatrieme, les barquettes ; & la cinquieme, les cabotieres.

Les premiers, appellés bateaux foncets ou besogues, fig. 1, 2, 3, Pl. XLIII. sont les plus grands de tous, & ceux qui apportent le plus de marchandises : leur longueur est depuis 22 jusqu’à 30 toises, sur 22 à 27 piés de largeur, & environ 5 à 6 piés de hauteur de bordage ; & sont composés de lieures A, d’environ 8 à 9 pouces de grosseur, espacées tant plein que vuide, au dessous desquelles sont attachées les planches ou semelles B du fond du bateau, dont les joints garnis de mousse, sont recouverts des deux côtés de mairrain, subdivisées de trois en trois, de râbles[1] C, dont les extrémités concourent avec les clans D à soutenir les portelots E, les rubords F, deuxiemes bords G, troisiemes bords H, les soubarques I, & autres bords K, qui y sont attachés, formant les bordages du bateau, les clans C, assemblés par en-bas dans leurs lieures A, sont retenus ensemble par le haut de liernes L, qui vont d’un bout à l’autre du bateau. Sur les portelots E, sont appuyés les platbords M, & hersilieres N, formant les bordages du bateau, d’environ 12 à 15 pouces de largeur, sur 1 pié d’épaisseur, entretenus de distance en distance de mâtures O, & chantier P, soutenus sur leur longueur de supports Q, les hersilieres N retenues de seuils R, surmontés de petite bitte ou biton S, sont assemblées entr’elles par leurs extrémités ; celle du derriere du bateau a une forte piece de bois T, appellée quille, & celle du devant par une piece de fer U. Aux deux extrémités, de part & d’autre, sont des bittes V, d’environ 15 pouces de grosseur, servant à bitter[2], assemblées par en-bas dans un des rables C, & arrêtées par en-haut aux platbords M. Sur le devant du bateau est un plancher appellé levée, servant à la manœuvre, composé de plusieurs madriers ou plates-formes W, appuyées d’un côté sur une piece de bois X, appellée mâture feuillée, posée de part & d’autre sur des tasseaux Y, & de l’autre sur une des lieures du devant du bateau ; soutenues au milieu de plusieurs lambourdes ou espaures Z, appuyées sur des supports ou crouchants &. Sur le derriere du bateau est une autre levée appellée travure, couverte & close, formant 2 ou 3 petites chambres pour loger les mariniers.

Ce bateau est conduit par un gouvernail monté sur des gonds a & pentures b, attachées à la quille T, & est composé de maîtresses planches c, safrans d, & planches de remplage e retenues ensemble, de barres s, & de bajous g, surmontés de la casse h, d’une masse i, mû de part & d’autre horisontalement : k sont deux ou trois madriers exhaussés, où se place celui qui tient le gouvernail, & cela pour avoir plus

  1. Lieure & clou d’une seule piece.
  2. Bitter est faire faire quelques tours aux cordages autour des bittes.