Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/8

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


égard à leur différente maniere d’agir, savoir :

1°. La pompe commune, appellée aussi pompe aspirante, qui agit par le moyen de la pression de l’air, & dans laquelle l’eau est élevée de bas en-haut, jusqu’à la hauteur de trente-deux piés, & jamais au-delà. En voici la structure & l’action.

I. On prend un cylindre creux ABCD (Planche hydrost. fig. 27.), fait de quelque matiere solide, ordinairement de bois, & on le place perpendiculairement dans l’eau ; après avoir adapté à la base inférieure une valvule ou soupape I, qui s’ouvre de bas en-haut.

II. On fait entrer dans ce cylindre un piston EK, qu’on appelle aspirant, & qui est aussi garni d’une valvule L, qui s’ouvre de bas en-haut ; & afin que ce piston puisse se mouvoir librement dans l’intérieur du cylindre, on y adapte un levier ou manche G H. Voyez Piston, Valvule, Soupape.

Le piston EL étant tiré de I vers L, laissera l’espace LI vuide d’air, au moins en grande partie : par conséquent la pression de l’air extérieur sur la surface de l’eau stagnante, obligera l’eau qui répond à l’ouverture inférieure du cylindre, de monter dans l’intérieur de la pompe en ouvrant la valvule I. Voyez Air & Syphon.

Maintenant, si on vient à baisser le piston, la valvule inférieure sera nécessairement fermée par le poids de l’eau qui sera montée au-dessus ; & cette eau par conséquent étant ainsi foulée ouvrira la valvule supérieure, & montera au-dessus du piston, pour aller se décharger ensuite par la gouttiere N.

Le piston s’éleve donc & se baisse ainsi alternativement. Voyez la théorie des pompes expliquée plus exactement à l’article Seringue.

2°. La pompe foulante. En voici la structure.

I. On prend un cylindre creux AB (fig. 28.), que l’on divise en deux parties par un diaphragme, ou piece de traverse CD ; on y adapte une valvule E qui s’ouvre de haut en-bas, & on met ce cylindre dans l’eau.

II. On place dans ce cylindre un piston garni d’une valvule G ; on ajuste à ce piston une verge de fer, qui peut se mouvoir sur des especes de gonds, & par le moyen de laquelle une main appliquée en K éleve & abaisse le piston autant qu’il est nécessaire.

En abaissant le piston F, l’eau ouvrira la valvule G & montera dans la cavité du cylindre BC ; mais si on leve ensuite le piston, la valvule G se ferme, desorte qu’elle ne permet plus à l’eau de descendre : l’eau ouvre donc la valvule E & monte de nouveau, &, par cette manœuvre répétée, elle vient enfin se décharger par la gouttiere M.

Cette pompe est fort difficile à rectifier quand elle se dérange, attendu que le principal siege de son action est sous la surface de l’eau. C’est pour cela qu’on n’a point recours à cette pompe, quand on peut s’en passer.

La pompe de Ctesebes, qui est la premiere & la plus belle de toutes, est à-la-fois foulante & aspirante : voici sa structure & la maniere dont elle agit. 1°. On place dans l’eau un cylindre creux de cuivre ABCD, garni d’une valvule en L. 2°. Dans l’intérieur de ce cylindre, on fait entrer un piston fait de bois verd, parce que ce bois ne s’enfle point dans l’eau, & on ajuste ce piston à l’ouverture du cylindre avec un couvercle de cuivre, mais sans valvule. En H est adapté un autre tube NH, avec une valvule en I, qui s’ouvre de bas en-haut.

Le piston EK étant levé, l’eau ouvre la valvule L, & monte dans la cavité du cylindre ; & quand on baisse le piston, la valvule I s’ouvre, & l’eau passe dans le tuyau NH. Chambers. (O)

Pompes, (Hydr.) La regle qui établit la hauteur de l’aspiration des pompes, est que le poids de l’atmo-


sphere qui nous environne est égal à une colonne d’eau de base égale & de trente-deux piés de haut, ou à une colonne de mercure de vingt-huit pouces de haut & de même base, ce que l’on connoît par le barometre.

Cette expérience a réglé la hauteur de l’aspiration des pompes, qui ne peut s’élever plus haut que trente-deux piés, pourvû que l’air extérieur comprime la surface de l’eau du puits ou de la riviere dans laquelle trempe le tuyau de l’aspiration, alors la colonne d’eau fait équilibre avec la colonne d’air.

On peut élever l’eau par différentes machines : 1°. par la force des pompes à bras & à cheval ; 2°. en se servant des trois élémens, de l’air, de l’eau, & du feu.

Les pompes à bras qui sont mues à force de bras d’homme sont les moindres de toutes les machines ; le peu d’eau qu’elles fournissent, & la fatigue d’un homme qui sans cesse leve les bras pour faire marcher le balancier, les rendent peu propres aux eaux jaillissantes ; on ne s’en sert ordinairement que pour avoir de l’eau pour arroser ou pour remplir des auges de cuisine ou d’écurie. Les pompes à cheval au contraire, c’est-à-dire, celles qui sont menées par un ou plusieurs chevaux, sont d’une grande utilité, & fournissent souvent plus d’eau en une heure qu’une source ordinaire n’en amene en quatre jours.

La seconde maniere d’élever les eaux est d’employer la force des élémens, & c’est la meilleure de toutes. Les moulins que fait tourner l’eau ont l’avantage d’en fournir abondamment & pour ainsi dire jour & nuit ; la proximité de la riviere, ou la chûte de quelque ruisseau, détermine à se servir de ces sortes de moulins qui, par l’extérieur, ressemblent aux moulins à blé & ne different que dans la composition du dedans ; il y a même de ces moulins qui moulent du blé & montent de l’eau quand on veut en décrochant la manivelle. Ils vont par le moyen de la chûte d’un ruisseau sur la roue, ou quand ils sont dans le fil d’une riviere par la force du courant, tels sont la machine de Marli, la pompe Notre-Dame, la Samaritaine, les moulins de Saint Maur, de Maisons, Conflans, Clichy, Chantilli près Senlis, Liancourt, Colorue dans le Parmesan, Nimphynbourg dans la Baviere, &c.

Dans les endroits éloignés des rivieres & ruisseaux, tel que peut être un lieu élevé sur quelque côteau dont la situation est très-exposée aux vents, les moulins à vent y conviennent parfaitement ainsi que dans une plaine qui n’est point masquée par quelque bois qui arrêteroit le vent. Ces moulins ressemblent à des moulins à vent ordinaires ; ils ont cependant une plus grande commodité, qui est de se mettre d’eux-mêmes au vent par le moyen d’une queue en forme de gouvernail, portant sur un pivot qui se tourne de tout sens. On en a exécuté de pareils à Versailles, Marli, Meudon, Chatillon, Argenville, Bercy, Porcherons.

La machine à feu des anglois dont on a construit deux modeles aux environs de Paris, est une invention des plus heureuses ; on en voit une dans une grande tour à Londres sur le bord de la Tamise. Il sera parlé plus amplement de toutes ces machines au mot machines. Voyez Machines hydrauliques au mot Hydraulique. Voyez aussi Feu.

« On distingue de deux sortes de pompes, la foulante & l’aspirante, la premiere porte l’eau d’une riviere sur le haut d’une montagne sans aucune reprise, ce que l’aspirante ne peut faire que dans la longueur de la tringle de fer qui passe dans son tuyau ; cette derniere même égale dans toutes ses parties à la foulante, amene toujours moins d’eau qu’elle.

» Dans l’aspirante, le piston étant levé par la trin-