Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/100

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de cette idole, & l’étoile de ce dieu. Le mot Remphan, est égyptien ; quelques-uns croient qu’il désigne Saturne, Mercure ou Mars, mais c’est bien plutôt le Soleil. Voyez Moloch. (D. J.)

REMPLACEMENT, s. m. (Gram.) action de remplacer. Voyez Remplacer.

Remplacement, (Juris.) est l’action de mettre une chose à la place d’une autre, comme quand on fait un nouvel emploi de deniers dont on a reçu le remboursement, ou que l’on acquiert un immeuble pour tenir lieu d’un autre que l’on a aliéné. Voyez ci-après Remploi. (A)

REMPLACER, v. act. (Gram.) remettre une chose à la place d’une autre. J’ai employé mes fonds, je vais travailler à les remplacer. On remplace les qualités externes qui nous manquent, par celles de l’esprit & de l’ame.

REMPLAGE, s. m. (Juris.) suivant la charte de Louis XII. de Décembre 1511, mém. 9. fol. 1. ce qui manque de fonds des épices des comptes doit être employé dans les autres comptes qui peuvent le mieux supporter, c’est ce que l’on appelle remplage ; mais le roi ayant défendu de prendre des épices plus que le fond de ses états, à commencer de l’année 1666, il n’y a plus eu de fond destiné aux remplages. On ne laisse pas de commettre toujours au commencement de chaque semestre, un de messieurs pour le remplage. (A)

Remplage, s. m. (Archit.) c’est la maçonnerie des reins d’une voûte. On appelle en Charpenterie, chevroces, poteaux de remplage, fermes de remplage, & autres choses semblables, les poteaux ou fermes qui se mettent pour remplir les vuides ou intervalles qui sont entre les poteaux corniers, ou les maîtresses-fermes. Daviler. (D. J.)

Remplage, s. m. (Comm. de bois.) c’est ce qu’on donne quelquefois aux marchands pour les dédommager des vuides qui se sont trouvés dans leurs coupes. Richelet. (D. J.)

REMPLI, participe du verbe remplir, voyez Remplir.

Rempli, (Jurisprud.) se dit de celui qui est satisfait de ce qui lui est dû. Un héritier ou une veuve sont remplis de leurs droits lorsqu’ils ont des fonds ou des meubles, & deniers suffisans pour acquitter ce qui leur revenoit.

On dit aussi qu’un gradué est rempli, lorsqu’il a obtenu, en vertu de ses degrés, des bénéfices de la valeur de 400 livres de revenu, ou qu’il a 600 livres de revenu en bénéfice obtenus autrement qu’en vertu de ses degrés. Voyez ci-devant Gradué, & ci-après Replétion. (A)

Rempli, en termes de Blason, se dit d’une piece honorable de l’écu, dont le milieu dans toute sa longueur est d’un autre émail que la bande. Ainsi l’on dit que telle maison porte d’azur au chevron potencé & contre-potencé d’or rempli d’argent.

Montsort-Thaillant en Bourgogne, d’argent à trois rustres de sable remplis d’or.

REMPLIR, v. act. (Gram.) c’est emplir de nouveau.

Quand un vaisseau est vuide, on peut le remplir de nouveau.

On remplit un tonneau, un coffre, ses greniers, un puits, un fossé.

On remplit un blanc seing du nom qu’on veut.

On remplit un corps où il y a une place vacante.

Un gradué est rempli quand il a 600 liv. de revenu.

On remplit sa place quand on a les qualités qu’elle exige. Il y a bien des places occupées & non remplies.

Il est quelquefois difficile de remplir l’opinion que les autres ont fait concevoir de nous.

On remplit un dessein, un canevas, une toile de différens points qu’on exécute à l’aiguille.


Remplir, (terme d’Ouvrieres en points.) remplir, c’est travailler à faire du fond. Entre les velineuses, il y en a qui font de la trace, d’autres du fond, d’autres des dentelons & du réseau, d’autres de la broderie qu’elles nomment de la brode ; & celles qui travaillent en fond, s’appellent remplisseuses, parce qu’elles remplissent les feuilles & les fleurs qui ne sont que tracées Leur remplissage est de points à l’oiseau, de points a l’œillet, de points de Siam, &c. Le graveur a soin de marquer sur sa planche les différens points dont il entend que chaque feuille ou fleur soit remplie. (D. J.)

Remplir, au jeu de trictrac, se dit d’un joueur qui tâche d’avoir un certain nombre de dames couvertes dans une case du trictrac quelconque. Remplir son grand jan, par exemple, c’est couvrir douze dames dans la seconde table du trictrac.

REMPLISSAGE, s. m. (Gramm.) il se dit de l’action de remplir, & de la chose dont on remplit, Il a lieu dans plusieurs circonstances où l’on distingue le fond des détails. Ainsi un grand musicien jette sur le papier son idée, le motif de son chant, il le conduit ; il acheve une partie ; il donne le reste, qu’on appelle le remplissage à expédier à une espece de manœuvre. Un poëte dramatique dira, c’est la machine qui est difficile à trouver, le remplissage n’est rien en comparaison. Un orateur se servira aussi de la même expression. Les grandes masses de mon discours sont posées, il n’y a plus que quelques endroits de remplissage à faire.

Remplissage, (Maçonnerie.) c’est la maçonnerie qui est entre les carreaux & les boutisses d’un gros mur. Il y en a de moilon, de brique, &c. Il y en a aussi de cailloux, ou de blocage employé à sec, qui sert derriere les murs de terrasse pour les conserver contre l’humidité, comme il a été pratiqué à l’orangerie de Versailles. (D. J.)

Remplissage, ou Remplage, (Commerce de liqueurs.) ce qu’il faut de liqueurs pour remplir un tonneau où il y a quelque déchet, soit par la fermentation & la coulure, soit par quelque autre accident.

REMPLISSEUSE de dentelles (terme de Lingerie.) ouvriere qui raccommode & remplit toutes sortes de points & de dentelles. Ses outils sont ses doigts, des ciseaux, une aiguille, un dés du fil & un oreiller. (D. J.)

REMPLOI, s. m. (Jurispr.) est le remplacement d’une chose qui a été aliénée ou dénaturée, comme le remploi d’une somme mobiliaire que l’on a reçu, le remploi d’un immeuble que l’on a aliéné, d’un bois de futaie que l’on a abattu & consumé.

Le remploi se fait de deux manieres, savoir réellement en subrogeant un bien au-lieu d’un autre, avec déclaration que ce bien est pour tenir lieu de remploi de celui qui a été aliéné ou dénaturé ; ou bien il se fait fictivement, en payant la valeur du bien aliéné à celui auquel le remploi en étoit dû.

Dans les contrats de mariage qui se passent en pays de droit écrit, on stipule le remploi de la dot de la femme, en cas d’aliénation.

En pays coutumier on stipule ordinairement dans le contrat de mariage, le remploi des propres qui pourront être aliénés, soit du mari ou de la femme.

Anciennement ce remploi des propres n’étoit dû qu’autant qu’il étoit stipulé ; c’est pourquoi quand il ne l’étoit pas, on disoit communément que le mari ne pouvoit se lever trop matin pour vendre les propres de sa femme.

Mais suivant l’art. 232. de la coutume de Paris, qui a été ajouté lors de la derniere réformation, ce remploi est de droit, quand même il ne seroit pas stipulé ; & cela a paru si juste, que la même disposition a été adoptée dans les coutumes qui ont été réformées depuis celle de Paris, & que la jurisprudence