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strument, sur une meule tournante. Quoique tous les Couteliers soient des remouleurs, il ne se dit guere que de ce qu’on appelle plus communément des gagne-petits. Trévoux. (D. J.)

REMOUS, s. m. (Phys.) mouvement particulier qu’on observe dans l’eau des fleuves.

Il y en a de deux especes ; le premier est produit par une force vive, telle qu’est celle de l’eau de la mer dans les marées, qui non-seulement s’oppose comme obstacle au mouvement de l’eau du fleuve, mais comme corps en mouvement, & en mouvement contraire & opposé à celui du courant du fleuve : ce remous fait un contre-courant d’autant plus sensible que la marée est plus forte. L’autre espece de remous n’a pour cause qu’une force morte, comme est celle d’un obstacle, d’une avance de terre ; d’une île dans la riviere, &c. Quoique ce remous n’occasionne pas ordinairement un contre-courant sensible, il l’est cependant assez pour être reconnu, & même pour fatiguer les conducteurs de bateaux sur les rivieres. Si cette espece de remous ne fait pas toujours un contre-courant, il produit nécessairement ce que les gens de riviere appellent une morte, c’est-à-dire des eaux mortes, qui ne coulent pas comme le reste de la riviere, mais qui tournoient de façon que quand les bateaux y sont entraînés, il faut beaucoup de force pour les en faire sortir. Ces eaux mortes sont fort sensibles dans toutes les rivieres rapides au passage des ponts. La vitesse d’une riviere augmente au passage d’un pont, dans la raison inverse de la somme de la largeur des arches à la largeur totale de la riviere.

L’augmentation de la vitesse de l’eau étant donc très-considérable en sortant de l’arche d’un pont, celle qui est à côté du courant est poussée latéralement & de côté contre les bords de la riviere, & par cette réaction il se forme un mouvement de tournoiement, quelquefois très-fort. Lorsque ce tournoiement causé par le mouvement du courant, & par le mouvement opposé du remous, est fort considérable, cela forme une espece de petit gouffre ; & l’on voit souvent dans les rivieres rapides à la chûte de l’eau au-delà des arrieres-becs des piles d’un pont, qu’il se forme de ces petits gouffres ou tournoiemens d’eau. Hist. nat. gen. & part. t. I.

REMPAQUEMENT, (Comm. de poisson.) ce mot se dit de l’obligation où sont les Pêcheurs étrangers qui apportent en France leur hareng en vrac, de le tirer des barrils pour le saler une seconde fois, & ensuite le paquer, c’est-à-dire l’arranger par lits dans les mêmes barrils. Savary. (D. J.)

REMPAQUETER, v. act. (Comm.) remettre une marchandise en paquet, en ballot, dans son enveloppe. Voyez Paquet, Ballot, Enveloppe. Dict. de Com. & de Trév.

REMPART, le (terme de Fortification.) est une levée de terre qui enferme la place de tous côtés. Sa largeur est ordinairement de 9 toises par le haut, & de 13 ou 14 toises par le bas. A l’égard de sa hauteur, elle est différente suivant la situation & le terrein de la place : en terrein uni & régulier, elle est d’environ 3 toises.

L’objet du rempart est de mettre les maisons de la ville à couvert de l’attaque de l’ennemi ; de lui fermer l’entrée de la place, & d’élever ceux qui la défendent de maniere qu’ils découvrent la campagne des environs, dans toute l’étendue de la portée du canon.

Le rempart a des parties plus avancées vers la campagne les unes que les autres. Ces parties se nomment bastions. Voyez Bastion.

Les soldats montent la garde sur le rempart, & l’on y place aussi toute l’artillerie nécessaire pour la défense de la ville. On forme sur le bord extérieur une


élévation de terre, d’environ 18 ou 20 piés d’épaisseur, & de 7 de hauteur ; cette élévation se nomme le parapet. Le parapet sert à couvrir des coups de l’ennemi les soldats qui sont sur le rempart. Voyez Parapet.

Pour que le soldat puisse découvrir la campagne par-dessus le parapet, on pratique au pié du côté intérieur, une espece de petit degré, de 3 ou 4 piés de large, & de 2 piés de hauteur ; c’est ce qui s’appelle la banquette.

Le rempart a une pente ou un talus vers le côté extérieur & l’intérieur. Cette pente est faite pour que les terres du rempart se soutiennent plus aisément. Celle du côté de la ville, qu’on nomme talus intérieur, a ordinairement environ une fois & demie la hauteur du rempart ; en sorte que si cette hauteur est de 18 piés, le talus extérieur est de 27 : ce qui s’observe principalement lorsque les terres sont sablonneuses. Le talus extérieur est toujours plus petit que l’intérieur, parce qu’autrement il donneroit à l’ennemi le moyen d’escalader facilement la place. Mais comme les terres ne peuvent se soutenir elles-mêmes sans un grand talus, on soutient le côté extérieur du rempart par un mur de 5 ou 6 piés d’épaisseur ; ce mur se nomme la chemise ou le revêtement du rempart. Voyez Revêtement, voyez aussi Talus.

Les dehors ont un rempart comme le corps de la place ; mais il a ordinairement moins de largeur.

Le revêtement du rempart n’est pas toujours de maçonnerie ; on se contente quelquefois de le revêtir de gazon, voyez Gazon. Ce sont des morceaux de terre de prés coupés en coin. Lorsque le rempart est ainsi revêtu, on pratique une berme, ou une espece de petit chemin de 12 piés de large, entre le fossé & la partie extérieure du rempart. Cette berme sert à empêcher que les terres du rempart ne s’éboulent dans le fossé. Elle partage aussi à-peu-près en deux parties égales la hauteur des terres du rempart, depuis le fonds du fossé, jusqu’à la partie supérieure du parapet, ce qui fait qu’on peut donner un peu plus d’escarpement, ou moins de talus à chacune de ces parties, que si l’escarpe formoit une seule pente depuis le parapet jusqu’au fond du fossé.

Lorsque le rempart est revêtu de gazon, il est ordinairement fraisé. Voyez Fraise.

Il y a une troisieme espece de revêtement, composée des deux dont on vient de parler. Voyez Demi-revêtement.

Lorsque le rempart est fort élevé, il a l’avantage de mieux couvrir la ville ; mais son entretien est bien plus considérable que quand il a moins de hauteur. Il est aussi plus exposé aux batteries de l’ennemi ; ses débris comblent aisément le fosse, & d’ailleurs les soldats sont obligés de se découvrir, & de tirer en plongeant pour défendre les parties voisines. Un rempart peu élevé n’a pas ces inconvéniens ; mais aussi il donne plus de facilité pour l’escalade & la désertion. Les remparts les plus avantageux sont ceux qui se trouvent entierement couverts par le glacis, en sorte que l’ennemi ne puisse le battre de la campagne. Pour la largeur du rempart, elle doit toujours être assez grande pour résister au canon, & pour donner tout l’espace nécessaire pour contenir les hommes & les machines nécessaires à la défense de la place. Au reste la hauteur & la largeur du rempart se proportionne à la quantité des terres que le fossé peut fournir. (Q)

REMPHAN, s. m. (Critique sacrée.) Ῥεμφάν ; nom d’idole. Vous avez porté le tabernacle de Moloch, & l’astre de votre dieu Remphan, Act. vij. 43. Ce discours que S. Etienne, dans les Actes, tient aux Juifs, est tiré du prophete Amos, qui reprochoit aux Hébreux de son tems, d’avoir porté durant leur voyage dans le desert, la tente de Moloch, l’image